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samedi 29 octobre 2011

Raekwon + R.E.Q. + Abstrakt Wormz - Le Molodoï, Strasbourg (28/10/2011)


Quand il y a quelques semaines les associations Pelpass & le festival Interférences nous annonçaient la venue prochaine de Raekwon dans la salle du Molodoï notre première réaction fut de se demander si il s’agissait bien là duRaekwon rappeur américain membre éminent du groupe Wu-Tang Clan ou alors d’un homonyme local officiant dans une sorte de rap musette ou hip hop fanfare (connaissant l’éclectisme des programmations Pelpass plus rien ne serait étonnant). C’est en découvrant les flyers que notre scepticisme s’envola ! Joli coup de la part de ces associations d’avoir réussi à faire venir cette figure du rap ricain et de le programmer au Molodoï alors que certains l’auraient plutôt vu déambulant sur des scènes plus "expertes" du côté de La Laiterie voisine. C’est un beau pari qu’ont relevé Pelpass et Interférences et il ne fallait pas se planter. Organiser une soirée hip-hop de cette ampleur nécessitait une organisation sérieuse à la fois pour son bon déroulement et pour la qualité des concerts proposés.
La mise en place d’une double entrée billetterie évitait à ceux ayant choisi de prendre leur billet à l’avance de devoir faire la queue avec les acheteurs du soir.Voilà qui a permis une fluidité et un accueil à l’entrée tout à fait impeccables.
Et il y avait du monde au Molodoï pour cette soirée avec un public très bon esprit, très bien encadré (avec discrétion et efficacité) dont on devinait l’impatience de côtoyer Monsieur Raekwon. Dès le début des festivités les spectateurs du Molodoï ont su se montrer attentifs et chaleureux avec les artistes qui ont assuré la mise en bouche.

C’est un jeune homme seul derrière ses platines, Abstrakt Wormz, qui assura le warm up (échauffement) de la salle. Pendant près d’une heure le garçon a enchainé des morceaux hip hop / rap connus et quelques nouveautés avec une certaine maestria il faut bien l’avouer. Je ne suis généralement pas fan de ce type d’exercices. Pourtant le choix des morceaux et leur agencement étaient fort bien réfléchis et menés. Un beau travail de prospection et de partage pour débuter la soirée.

Le trio R.E.Q. pouvait ensuite prendre place pour nous offrir un moment fort sympathique. Déjà le new-yorkais Mister E, de part sa fonction de MC et son charisme mène le groupe avec aisance et efficacité. Son petit côté maître d’école sévère qui nous incite à mettre plus d’ambiance n’est pas pour me déplaire. En tout cas on se tient à carreaux et le public n’a pas envie de décevoir le Maître américain qui vient d’arriver en coulisse. Avec Mister E on retrouve Dj Q etRhum One (d’où le nom R.E.Q.!) Le premier est un scratcheur hors pair (si j’en crois sa réputation, n’allez pas croire que je suis spécialiste en scratch, cut et battle etc.). Quant à Rhum One il officie du côté de la beatbox et de la MPC et nous a offert une petite pause human beatbox (il fait les sons avec sa bouche uniquement) assez rigolote. Le groupe proposa des morceaux énergiques vraiment appréciés par le nombreux public présent hier soir.

Pile poil à l’heure Raekwon arrive pour rejoindre avec ses membres l’un de ses compagnons déjà présent sur scène. Ahhhh c’est un sacré personnage ce membre du fameux Wu Tang Clan. Comme beaucoup de rappeurs américains il ne fait pas dans la dentelle. Si tu as 40 ans et que tu n’as pas la même montre que Raekwon au poignet c’est que tu as ... bon goût ! Plus sérieusement c’est vrai qu’il est toujours amusant de constater que certains clichés du rap perdurent avec les montres ultra-clinquantes, le bonnet un peu moche et le jogging peu seyant. En même temps le personnage dégage une sympathie et une sincérité qui ne semblent pas feintes. En tout cas, le plus nounours des rappeurs américains assure sur scène et sans artifices. Les morceaux dont l’inévitable "Ice Cream" se succèdent avec une efficacité redoutable. Le set offert est à la fois puissant, émouvant et d’une grande générosité. Nous étions chanceux de pouvoir profiter ainsi de la prestation exceptionnelle de ce maître du hip hop underground dans des conditions de concert tout aussi remarquables. Bravo et merci aux organisateurs.

dimanche 10 avril 2011

Chapelier Fou - Le Molodoï, Strasbourg (08/04/2011)


Quoiqu’en pensent certains (et c’est leur droit), je persiste en revendiquant haut et fort le fait que l’album 613 de Louis Warynski (alias Chapelier Fou) restera pour moi l’une des oeuvres les plus marquantes et remarquables de l’année 2010. Album magique d’où jaillissent toutes sortes de morceaux mêlant classique et musique expérimentale, chacun empreint d’une poésie musicale fort émouvante. Evidemment l’idéal fantasmé pour rencontrer une première fois ce jeune artiste en concert serait sans doute un lieu calme, feutré, intime... On se doutait bien en se rendant au Molodoï pour une soirée co-produite par les associations LARKIPASSet PELPASS que ce serait tout à fait un autre cadre. Qu’importe ! L’intérêt est de pouvoir enfin croiser Chapelier Fou et si il y a du monde (et il y en eut entre groupies et proches du messin) tant mieux. Alors il faut faire avec... et passer outre les bavardages d’un public bruyant, les délires alcoolisés de types tellement bourrés qu’ils ne différencieraient même pas un set de la Compagnie Créole de celui de Chapelier Fou et s’accommoder des relents de fritures (?!) qui envahissaient par moment le fond du Molodoï. Quand on sait à quel point l’artiste que l’on veut voir est génial, notre capacité à l’indulgence devient alors phénoménale. Le grand Louis monte sur scène arborant un tee-shirt d’Arnaud Michniak du meilleur effet (J’ai le même !!). Premier étonnement : je savais le garçon proche de Matt Elliott(vues leurs multiples collaborations) j’ignorais qu’il puisse être fan deMichniak. A moins qu’Ici d’Ailleurs ne possède encore quelques stocks de tee-shirt invendus qu’il refile à ses artistes. Bref on s’en fout. Chapelier Fou en vrai est un personnage aussi surréaliste que ses morceaux. Sur une scène presque trop grande pour lui, on observe un gaillard tout effilé, presque désarticulé. On croirait faire face à un pantin ou un automate. Dans son mètre carré d’instruments à la fois classiques (le violon) et électroniques, le garçon s’affaire sans relâche et nous offre quelques moments de pur bonheur comme cette version très réussie de "Darling darling darling". Pas l’ombre d’une déception de mon côté tant je saisis, malgré les conditions, la qualité du set proposé. C’est une magie sonore portée par la grâce et la fragilité presque adolescente de Chapelier Fou qui envahit un temps un Molodoï effervescent. Il y aura d’autres occasions, d’autres endroits pour apprécier encore mieux les réalisations de cet artiste talentueux.

dimanche 20 mars 2011

Binary Audio Misfits ! - Le Molodoï, Strasbourg (17/03/2011)


Près de 18 mois après les avoir vus au Glazart (Paris), c’est avec une impatience fébrile que j’attendais cette nouvelle rencontre avec les Binary Audio Misfits !Dans le cadre d’une soirée "Hip Hop" proposée par Pelpass & Solidarité Etudiante, la formation américano-toulousaine fut la deuxième à investir la scène du Molodoï. Premier concert d’une tournée printanière d’une dizaine de dates. Les BAM ! arrivent sur scène remontés à bloc avec une impatience perceptible de retrouver un public qui les a découverts ces derniers mois via un premier album fort convaincant BAM ! et l’envie de conquérir de nouveaux auditeurs. Quel plaisir de retrouver Patrice Cartier derrière sa batterie (Il me semble qu’au Glazart il avait utilisé une rythmique moins classique.), d’échanger rapidement quelques mots avec Francisco Estevez (visiblement ravi de repartir en tournée avec cette formation qui lui tient tant à coeur) et de retrouver Michel Cloup (dont les errances capillaires ne cessent de m’étonner mais qu’importe !) ! Quand à cela s’ajoute l’arrivée sur scène tonitruante de deux membres emblématiques de The Word Association (dont j’ai oublié les noms), nous comprenons de suite que le set proposé sera à la hauteur de la motivation et la curiosité qui nous a conduit jusque-là. C’est qu’ils sont de plus en plus à l’aise nos franco-américains. Depuis toujours il nous semble portés et transcendés par une osmose quasi naturelle. Les BAM ! enchaînent avec brio les morceaux où se mêlent les flows vindicatifs des rappeurs texans et les propos tout aussi engagés mais scandés avec plus de douceur par Michel Cloup. "Get Loud or Get Dyin’", "Brain Drain Generation" ou encore "Lâchez les chiens" sont d’une efficacité redoutable parvenant à conquérir immédiatement l’ensemble du public. L’auditoire se retrouve ainsi partie prenante de la fusion musicale qui se joue sur scène. Voilà qui est fort plaisant à constater : le groupe a su garder son authenticité et l’alchimie atteint en live des niveaux inespérés lorsque l’on découvrait le projet ambitieux sur papier ou sur cd. Ce concert rassure quant à la crédibilité et la viabilité de mélanges rock-hip hop. Pas forcément évident d’échapper à la caricature ou de combler deux types de publics différents. Tout ce que l’on peut espérer dorénavant dans la continuité de cette nouvelle salve de concerts, serait la réalisation prochaine d’un second album !
En vidéo souvenir :

mardi 26 octobre 2010

Hermetic Delight+Des Ark+Movie Star Junkies+Les Trucs - Le Molodoï, Strasbourg (25/10/2010)


C’est une très belle programmation, pour ce premier lundi des vacances scolaires, que nous proposaient trois associations strasbourgeoises :Assonance, Pelpass ainsi que les Les Enfants de la Pluie. Quatre groupes du genre plutôt expressifs étaient au programme en provenance de France, des Etats-Unis, d’Italie, et d’Allemagne. Le public avait répondu présent, malgré une soirée en début de semaine, remplissant aisément un Molodoï aux ambiances fort chaleureuses. Chose absolument extraordinaire, dont on ne peut que se réjouir, les horaires de programmation ont été tenues au quart d’heure près malgré quelques soucis techniques et une réorganisation des ordres de passage des différents groupes.

Hermetic Delight ouvre la soirée. Il s’agit d’une formation récente strasbourgeoise, cosmopolite qui offre des morceaux rock où l’on reconnaît parfois quelques influences new-wave notamment dans le jeu de guitare, de basse et quelques mélodies rappelant The Cure. La chanteuse Zey K est assez impressionnante dans ses interprétations. Elle possède une présence scénique indéniable qui apporte beaucoup à l’identité du groupe.

C’est ensuite au trio américain Des Ark d’investir le Molodoï. Là encore honneur aux femmes et quelle femme ! Aimée Argote n’est pas du genre à passer inaperçue et sait plutôt mener son set magistralement. C’est une petite bonne femme qui fait quasiment corps avec sa guitare. Elle n’hésite pas à se fondre dans le public guitare en avant telle une Joe Haege (31 knots) au féminin. N’allez pas croire qu’elle se la joue camionneuse, Aimée sait aussi interpréter les morceaux de son groupe avec une douceur toute énergique.

Lorsque les Movie Star Junkies prennent place, on ne se doute pas qu’il s’agit là de la formation la plus époustouflante de la soirée. La scène indépendante italienne est vraiment bien étonnante après la découverte In Zaïre il y a quelques semaines, voilà des turinois qui n’hésitent pas à s’aventurer depuis le rock garage jusqu’aux contrées folk-blues. C’est un peu un méli-mélo presque indigeste que nous proposent les italiens : on se croirait parfois entendre des intonations des Pogues qu’on aurait croisées avec les riffs sombres d’un Gun Club. Imaginez donc un mélange Shane Mc Gowan etJeffrey Lee Pierce sur un même morceau : bizarre en effet. C’est en tout cas l’impression que l’on ressent au détour de certains morceaux. Le groupe offre une belle présence scénique et un enthousiasme communicatif.

Pour terminer, c’est un duo allemand qui s’installe au beau milieu de la salle. Les Trucs c’est un groupe à accessoires. Y en a partout des choses et des machins, c’est un peu comme chez moi : un gros bordel. Eux-mêmes sont affublés d’accessoires bizarres et déambulent autour de leurs appareils au son d’une dance floor punk rigolote et jouissive. Autant être honnête des paroles en allemand et des sonorités électroniques farfelues au cœur de la nuit c’est amusant quelques instants mais ça fatigue vite une quasi quadra ! Le jeune public du Molodoï aura très certainement adoré.

vendredi 18 juin 2010

Dead Duck - Le Molodoï, Strasbourg (15/06/2010)


Soirée très Jeunesse et Rock & Roll mardi dernier au Molodoï. Lieu décidément passionnant qui s’imprègne à chaque fois d’une atmosphère et d’une faune différentes selon les organisateurs de soirée. [C’est décidé : dès la rentrée prochaine je me plonge dans une étude sociologique du public du Molodoï au travers des concerts qui s’y déroulent.] Pour le coup c’est l’association Lemon Sounds qui a investi l’endroit et l’ambiance y est toute rafraîchissante. Autant être honnête : j’ai plus l’âge de chaperonner la soirée qu’être dans le public mais il faut bien que vieillesse se passe. Les Dead Duck est le groupe de milieu de soirée : avant la tête d’affiche Rush’n Attack et juste après la prestation plus qu’honorable du groupe Stereotryp. Les voilà qui prennent place sur scène, les bien énergiques canards morts. Ils semblent jeunes, le sont très certainement avec leur minois adolescents. On s’arme alors d’une indulgence toute maternelle pour la prestation qu’ils vont nous offrir. Inutile ! A l’image de Marlon, le chanteur guitariste, le groupe assure dès le premier titre et impose sa présence par une aisance scénique assez impressionnante. On ne leur demande pas d’être des virtuoses dans leur interprétation musicale mais de s’imposer dans la puissance et l’efficacité d’un concert rock réussi. Le groupe possède un répertoire de très bons titres, le chant (qui m’avait quelque peu surprise à l’écoute du myspace) passe pour le coup très bien en live. Autour de Marlonchanteur gueulard longiligne, semblant tout droit sorti d’un manga, que ce soitSeb’ à la basse, Rémy à la batterie, Kev’ l’adorable autre guitariste ou encore leur camarade à l’harmonica, chacun des membres semble prendre un plaisir intense à jouer sur scène leur rock crade et surpuissant. Les maladresses de quasi-débutants sont bien vite effacées par la sincérité et l’envie d’offrir au public une prestation enthousiasmante ! Il y a chez ces jeunes hommes un potentiel indéniable et terriblement bluffant. A suivre, forcément.

mercredi 5 mai 2010

Les Lutins Patates de l’Espace - Le Molodoï, Strasbourg (04/05/2010)


Après avoir fait l’étonnante découverte du surprenant album Kill Me When I’m Dead des non moins étonnants Lutins Patates de l’Espace, la chance nous était offerte de venir apprécier le tout jeune duo grenoblois sur scène. Dans un Molodoï bien frisquet (non pas pour l’accueil toujours impeccable de cette salle mais à cause du refroidissement brutal qui sévissait dans les rues strasbourgeoises), les deux jeunes garçons ont débuté un concert d’environ une heure devant un grand drap sur lequel étaient projetés différents extraits vidéos.
Avec en fond visuel des images aux ambiances variées (d’une autre époque, de la campagne, un jeune enfant...) et pourtant douces et reposantes, Les Lutins Patates de l’Espace délivrent en contre-point un set hargneux. Sans temps mort, les morceaux s’enchainent et la batterie se déchaine. Pour compléter cette nervosité rythmique, s’ajoutent jeux de guitares, sons émis par quelques cordes frottées à l’archet et samples.
Même si la qualité sonore n’est pas l’une des meilleures entendues récemment, le public se laisse rapidement emporter par les montées en puissance efficaces que le duo nous offre. Énergiques avec une réelle présence et des morceaux accrocheurs voilà ce qu’on peut retenir de cette prestation réussie. Petit regret personnel, la curiosité d’entendre sur scène le morceau "Paulson" qui n’a pas été joué. En même temps, cela aurait été un exercice un peu casse-gueule et pas forcément un choix judicieux de morceau à proposer en concert. Du coup voilà une motivation supplémentaire pour retourner voir le groupe en concert : peut-être qu’une autre fois, ils la joueront !

Meursault - Le Molodoï, Strasbourg (04/05/2010)


Toujours dans le même Molodoï un peu moins frisquet car réchauffé par les ardeurs des Lutins Patates de l’Espace, Meursaut et trois de ses musiciens (parfois il peut tourner à 7 personnes) prennent place. Grosse impatience pour ce concert. L’écoute récente et incessante de la dernière réalisation de l’artiste écossais : l’excellent album All Creatures Will Make Merry n’a fait qu’attiser l’empressement de le découvrir en live.
Et nous ne sommes pas déçus : le percutant "Crank Resolutions", l’ un des meilleurs extraits de l’album à venir, démarre le set de manière hautement efficace. Beaucoup de morceaux du dernier album seront présentés durant un concert qui nous semblera trop court tant ce moment est délicieux. Ce qui impressionne surtout c’est cette voix : si belle et tellement puissante. Que ce soit sur des titres très énergiques ou avec des morceaux tout en douceur comme le superbe "One Day This’ll All Be Fields," qu’il présente accompagné d’une sorte de ukulélé, Meursault vit son interprétation un peu à la manière d’un Matt Elliott dont on a toujours l’impression que les veines du cou sont prêtes à exploser tellement le chant semble tendu. Il y avait une belle richesse dans ce que nous a proposé Meursault et son groupe : des morceaux pop rock terriblement accrocheurs et des moments poignants. Avec ce timbre qui véhicule une si belle mélancolie, on se laisse facilement submerger par des émotions diverses. Quelques membres du groupe se recueillent presque en écoutant religieusement Meursault qui se lance des interprétations vocales bouleversantes et viennent même accompagner l’artiste d’un chant choral tout aussi émouvant.
Voilà typiquement le genre de concerts qui une fois terminé nous laisse cette idée fixe : avoir très vite la possibilité de croiser de de nouveau le groupe lors d’une prochaine prestation .

dimanche 8 février 2009

Sam Amidon - Le Molodoï, Strasbourg (08/02/2009)



Les surprises les plus belles sont certainement celles auxquelles on s’attend le moins. Après un concert parisien fin 2008 auquel je n’avais pas pu assister, Sam Amidon est de retour en ce début février pour quelques dates en France. Tout à fait par hasard, profitant d’un trou dans la programmation de la tournée de l’américain, L’association Komakino a eu l’ingénieuse idée de convier Sam Amidon ce dimanche soir au Molodoï strasbourgeois.

Dans une ambiance festive et ludique (la journée et soirée étant placées sous le signe des jeux en tout genre) Sam Amidon prend place sur la mini scène préparée à l’arrache au milieu des aires de jeux.

Mais pourquoi diable, malgré un week-end plus que chargé, des enfants à faire garder, passer voir un jeune américain nous interpréter en acoustique d’anciennes chansons du folklore des Appalaches ?

Parce que déjà l’album nous avait beaucoup émus.

Parce que Sam Amidon, en plus d’être un talentueux et attachant interprète, est aussi un personnage complètement loufoque. Devant nous c’est un gentil garçon sage comme une image qui s’installe. Puis au milieu des interprétations se révèle un petit être espiègle : il stoppe net les morceaux, nous narre ses rêves étranges avec une maman devenue naine et hilare, nous fait partager ses découvertes traumatisantes via wikipedia concernant une peste strasbourgeoise. Puis il va poser sa guitare, s’allonger à nos pieds pour réaliser une trentaine de pompes à bout de phalanges.

Il est bien surprenant ce jeune homme. Tout comme dans ses interprétations : il ne chante pas ces histoires qu’il a mises en musique, il les raconte nous plongeant dans un bain de mélancolie et d’infinie tristesse. Sam Amidon mêle la douceur du chant à la malice de son regard et de son sourire. Il nous offre là une parenthèse toute en magie avec des morceaux qui ne perdent rien de leur essence lors du passage seul à l’acoustique.

La beauté, l’espoir et l’envie ont dépassé les époques et les continents. Elles subsistent parce qu’il existe de jeunes poètes capables de nous conter avec talent ces émouvantes histoires.

jeudi 30 juin 2005

Matt Elliott - Le Molodoï, Strasbourg (23/06/2005)


Soirée très spéciale au Molodoï en cette journée caniculaire : Yann Tambour présentant son projet Thee Stranded Horses, suivi de Matt Elliott (pour lequel j’étais surtout venue) avant le groupe phare de la soirée Children Of Fall (post hardcore Suédois).
Dans l’intimité de la toute petite salle du Molodoï, Yann Tambour a débuté la soirée : seul, assis au milieu de la vingtaine de spectateurs (les fans de hardcore préférant prendre l’air au dehors, tant pis pour eux !).
Il joue uniquement de sa guitare et/ou de sa harpe africaine, de belles mélodies accompagnées parfois par un chant un peu surprenant pour qui connaît Encre : il ne s’agit plus de textes sussurrés, mais de chants anglais façon folk avec une voix grave quelque peu nasillarde.
Après une courte pause, Matt Elliott prend place au milieu du petit comité. Impressionnant le bonhomme, surtout quand on se trouve à 1 mètre de lui. Sa guitare en bandoulière, son ordi branché, ses pédales réglées, il démarre : premiers riffs, premiers chants, puis s’ensuivent des juxtapositions de samples, où les voix se superposent, la musique devient hypnotique, on se laisse porter dans une transe intérieure. Les morceaux n’en finissent plus et on aimerait qu’ils ne s’arrêtent jamais. On rêve d’une éternelle boucle musicale, spirale électronique où voix et cordes se mêlent, se distordent indéfiniment ...
Autant dire que j’ai halluciné du début à la fin, moi qui n’avais jamais vu une telle chose, plutôt habituée aux groupes avec plein de musicos et d’instruments.
Ce grand gaillard a la capacité de subjuguer à lui seul tout un auditoire pas forcément conquis au départ, à tel point que lorsqu’il a débranché sa pédale et est parti, nous étions tous sans exception frustrés que ce soit déjà terminé.
Alors que les "hardeux" regagnaient la salle pour Children Of Fall, ignorant le moment magique qu’ils avaient manqué, je préférais partir.
Il y a des instants comme ceux-ci qu’on préfère garder intact toute une nuit.

samedi 25 juin 2005

Thee, Stranded Horse - Le Molodoï, Strasbourg (23/06/2005)


Il est de ces artistes dont on est fier de se dire qu’ils sont français, Yann Tambour est de ceux-là, cet homme aux talents multiples sait nous proposer des projets originaux et toujours de grande qualité. C’est dans l’intimité de la toute petite salle du Molodoï, que Yann Tambour a débuté cette soirée de juin 2005 présentant ici son projet solo Thee, Stranded Horse en première partie de Matt Eliott. C’est un charmant jeune homme chétif et barbu qui est venu prendre place sur une chaise au milieu d’un public restreint d’une quinzaine de personnes. Seul, il a su nous envoûter en jouant de sa kora (harpe malienne) et d’autres instruments à cordes de sa fabrication. Les arpèges égrainés, les mélodies et le son particulier de cette harpe africaine créent une atmosphère particulière : mélange de pureté, de grâce et de dépaysement. Le chant pourrait dérouter les fans de Encre car il ne s’agit plus là d’une voix susurrée mais d’un chant folk anglais presque nasillard. Honnêtement j’ai eu un peu de mal au début et puis emportée par les si jolies mélodies et l’interprétation de Y. Tambour on se dit qu’il ne pourrait pas en être autrement, que cette interprétation sied à merveille à la musique proposée. J’étais venue sans jamais avoir entendu un morceau de Thee, Stranded Horse, j’ai vraiment beaucoup apprécié ce moment, depuis je réécoute le EP avec toujours autant de plaisir en attendant la sortie éventuelle d’un album et surtout en espérant un nouveau concert de ce monsieur de grand talent.