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dimanche 7 juillet 2019

Un jour aux Eurockéennes 2019 (Belfort, 06/07/2019)

Crédit Jade B.
Ce samedi, troisième jour des Eurockéennes, avait débuté sous le signe d'alertes météo à répétition : orages dangereux. Finalement il n'y aura eu que quelques gouttes éparses durant le set de Weezer. Ce sont les festivaliers les plus tardifs et les campeurs qui auront eu droit à des bourrasques et de la grêle au milieu de la nuit.

Beaucoup de monde pour entrer sur le site dès l'ouverture des portes : une importante présence policière et militaire avec, cette année, des équipes cynophiles. Notre arrivée est ainsi agrémentée de chiens qui gambadent entre nos jambes nous reniflant des pieds jusqu'aux fesses afin de découvrir d'éventuelles substances illicites.


Deux manières de débuter cette journée : assister au show du comique Le comte de Bouderbala ou attendre le premier gros concert de la journée.

Ce sont les membres du groupe de métal français Mass Hysteria qui ont l'honneur de démarrer sur la Grande Scène. Plus de 25 ans de carrière pour un groupe qui a su garder toute sa hargne. Malgré des paroles en français auxquelles sont moins sensibles les jeunes générations, le groupe sait faire bouger les foules avec un set puissant et efficace.


On ne restera pas tout le concert pour ne rien rater du set d'Angèle. Direction la scène Green Room (couverte depuis l'an dernier) pour ce qui restera le moment le plus pénible de la journée.
Lorsque le festival a programmé Angèle, elle était alors considérée comme la nouvelle folie musicale du moment, finalement c'était bel et bien une tête d'affiche qui se produisait hier. Gros soucis à la fois de lieu et de manque de  "concurrence" musicale au même moment. Tout le monde (fans et curieux) s'est précipité jusqu'à la scène mais bien trop petite en terme de capacité pour accueillir tout ce monde.
Le concert n'avait pas encore commencé que la Green Room était déjà bondée. Se faufiler n'avait guère d'intérêt car on se retrouvait entasser comme des sardines au milieu de jeunes gens survoltés sans aucune visibilité. Les écrans intérieurs étant bien trop bas, il fallait alors tenter de s'extirper pour contourner complètement la foule qui menait jusqu'au fin fond des stands et tentait d'apercevoir un écran extérieur un peu mieux situé. Pour en savoir plus, lire l'article de l'Est Républicain ICI

Pas le temps de se morfondre, autant retourner à la Grande Scène pour voir Weezer qui sera le set le plus fort de la soirée tant émotionnellement que par la communion d'un public porté par une belle allégresse.
Pour les personnes de ma génération, Weezer nous accompagne depuis les premières années de nos vies adultes, les plus jeunes ont quant à eux été biberonnés avec les morceaux du Blue Album.
Autant dire qu'avec une set list reprenant tous les hits du groupe ainsi que certaines de leurs reprises les plus réussies comme "Take on Me" ou"Africa", le succès était assuré. Rivers Cuomo peut toujours avoir, à presque 50 ans, un look de nerd sans friser le ridicule, il sait rajeunir les foules.

Crédit Jade B.
C'est ensuite à la Green Room (nettement moins bondée que pour Angèle) que l'on pouvait profiter d'un concert époustouflant! Parkway Drive, un groupe de metalcore australien, qui assure niveau prestation scénique. Puissant et mélodieux, le groupe propose des morceaux extrêmement efficaces. Pour certains, des musiciennes à cordes accompagnent avec délicatesse les chants gutturaux de Winston McCall. Le final du concert est grandiose à base de déferlement de flammes accompagnant des rythmes entêtants. Une expérience hors du commun.

Les Psychotic Monks nous ont ensuite offert un set musclé et efficace sur la scène de la loggia. Pour clore notre soirée c'est le toujours frétillant Frank Carter et ses Rattlesnakes qui a réussi à retenir bon nombre de festivaliers pendant que Jain se produisait sur la grande scène. Ses morceaux bien moins punk haineux et plus rock énervé n'ont rien perdu en efficacité et c'est un Franck Carter plus consensuel qui se produisait là, bien loin de la tête brûlée découverte à Rock en Seine il y a quelques années.

Ce fut une bien belle journée, sans pluie, baignée par cette poussière rouge qui fait que l'on emporte avec nous un peu de la presqu'île du Malsaucy en souvenir de cette édition 2019 des Eurockéennes.

Crédit Jade B.















lundi 10 juillet 2017

Dernier jour des Eurockéennes 2017 (Belfort, 09/07/2017)


Beau succès pour cette seconde édition des Eurockéennes sur 4 jours. Un record, avec la venue de 130 000 spectateurs, sans doute le fruit d'une programmation éclectique savamment répartie sur les 4 journées du festival et d'une promotion finement menée par les groupes médias du président du festival Matthieu Pigasse.

La météo n'a guère été clémente pour cette ultime journée. Les averses tant redoutées s'imposent dès le premier concert de l'après-midi. Qu'importe, Rocky, porté  par sa charismatique chanteuse Inès Kokou, a su illuminer la première heure du festival et enthousiasmer le public déjà présent avec un set convaincant de morceaux pop-disco-soul. Ambiance "chenilles" fort chaleureuse au sein du public.


 Curiosité de la journée : découvrir sur scène la formation Group Doueh & Cheveu. La scène plage avait été idéalement choisie pour cette formation originale comprenant  les musiciens sahraouis de Baamar Selmou et le trio français Cheveu. Pas de bol : la scène dégouline de toute part et il faut tenter de préserver au maximum le matériel. Le concert débutera avec un peu de retard pour offrir des morceaux follement dépaysants faisant vite oublier la galère des ponchos trempés avec notamment l'entrainant "Azaouane".


Premiers artistes de la journée à se produire sur la grande scène, le groupe Royal Blood est à l'origine d'un miracle météorologique : la seule accalmie de la soirée aura duré la totalité de leur set. Le duo rock britannique n'a vraiment plus rien à prouver. Déjà connu pour sa puissance scénique, le groupe peut également s'appuyer sur les excellents titres de son dernier album How Did We Get So Dark?. Le public est assez unanime parmi les fidèles du groupe et ceux qui le découvrent sur la presqu'Ile du Malsaucy pour reconnaitre la puissance rock et la prestation impeccable qui nous sont proposées.

 En passant ensuite par la scène Greenroom, on pouvait profiter du concert de Solange. Si on n'aime ni le R'n'B ni la musique soul, on risque d'être assez hermétique au set proposé par l'artiste américaine. Détail amusant, une personne m'accompagnant trouvera qu'elle imite trop Beyoncé sans se douter qu'il s'agit de sa soeur ainée.
 Deuxième grosse pointure à jouer sur la grande scène : les versaillais de Phoenix. Groupe étonnant tant il peut être clivant sur album et rassembleur lors de leurs concerts. Je fais partie de celles et ceux que le groupe agace et qu'il m'est difficile d'écouter sur disque en continu. Pourtant le plaisir procuré par le set proposé aux Eurockéennes est bien réel. Porté par une scénographie impressionnante avec un sol lumineux, coloré ou mis en images et filmé de haut, le concert prend une dimension hors du commun (pourtant les intempéries semblent  avoir empêché le groupe de disposer de tous les éléments scéniques prévus pour la soirée). Les morceaux, qu'ils soient issus du tout récent Ti Amo ou de l'album à succès  Wolfgang Amadeus Phoenix, s'avèrent d'une redoutable efficacité auprès du public présent complètement subjugué. En guise de clôture, Thomas Mars effectuera une avancée au dessus de la foule, progressant au beau milieu du public jusqu'à plusieurs dizaines de mètres de la scène se retrouvant ainsi surplombant des spectateurs exaltés par le set imposant qui venait d'être délivré.

 Est-ce la fatigue ou la pluie incessante, le concert de Savages proposé à la Greenroom m'a paru moyennement convaincant voire décevant. Pourtant Jehnny Beth ne ménageait pas sa peine pour interpréter avec hargne ses morceaux punk-rock. La puissance était là mais il manquait peut être une forme d'intimité pour permettre une meilleure communion avec les ambiances sombres et prenantes de la formation franco-britannique.


Ce sont les canadiens d'Arcade Fire qui ont conclu en toute beauté cette 29ème édition des Eurockéennes. Rodés aux prestations grandioses de festival, leur set s'est tout naturellement achevé par le traditionnel  feu d'artifice de fin de festival. Belle cuvée rien que pour cette 4ème journée.


La direction du festival réfléchit d'ores et déjà à une édition 2018 des 30 ans qui promet d'être inoubliable.


lundi 2 juillet 2012

1 jour et demi des Eurockéennes 2012 (Belfort, 29/06 & 01/07/2012)


Allez zou pour une 24ème édition [2ème pour ma part] des Eurockéennes bien riche en émotions. Demi édition pour être juste étant donnée mon arrivée tardive vendredi (et oui il y a des enseignants qui travaillent) et mon départ dimanche. Un festival peut-être à moitié suivi sur la durée mais vécu à plus de 100% cette année encore. Alors en vrac, quelques mots et images : quoi retenir des de mes Eurockéennes 2012 ?


|| LE PRATIQUE ETC. ||


Une arrivée dans un cadre toujours aussi magique pour les aficionados de la navette train Belfort - Bas-Evette.
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Une scène plage où il fait bon lézarder... de préférence en temps sec. Dimanche la scène plage avait un peu perdu de son charme... quoique.
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Une scène Club Loggia avec une bien meilleure disposition évitant ainsi l’effet goulot et engorgement de l’an passé. Une visibilité accrue et une accessibilité facile sans craindre la gène de la Grande Scène toute proche du fait de l’alternance des concerts ! Très bon point.
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Du wifi gratuit tout partout (en fait en 25 points). Voilà de quoi sauver les geeks pas assez geeks (ou riches) pour avoir des iPhones, BlackBerry et tutti quanti. Merci le Conseil Général du Territoire de Belfort. Très bon point bis.
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On peut croiser quelques Urbaindigènes en allant se désaltérer ou crapahutant ça et là sur le site du festival. Cette année encore le théâtre de rue était bien à l’honneur dans les allées de Malsaucy.

Côté pratique et organisation il est bon de noter que cette année toujours lesEurockéennes se montrent solidaires. On a plaisir à croiser bon nombre de festivaliers handicapés qui peuvent eux aussi profiter dans des conditions adaptées du meilleur du festival. Les nombreux stands de prévention et la démarche environnementale portée par le staff des Eurockéennes sont des atouts indéniables pour un festival qui malgré son importance sait rester fidèle aux valeurs élémentaires.


|| EN QUÊTE DE SENSATIONS ||

Chaud chaud chaud. On frôle la canicule vendredi et surtout samedi en début et milieu d’après midi. A ce moment-là les seuls coups qu’on redoute sur nos têtes sont des coups de soleil.
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Ah la bonne blague ! Le coup de la vigilance orange pour que dalle on a déjà donné pour la fête de la musique.
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Oh mais ils insistent les bougres à annoncer le pire même pendant les concerts !
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Du côté de la scène de la plage, en ce samedi après-midi La Plage à Pedro se prépare à mettre en place une contre-programmation de poids face aux Cure qui joueront plus tard dans la nuit sur la grande scène. Pendant que Electric Guest démarre le ciel se pare de montgolfières... en attendant quelques hypothétiques éclairs.
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Ok ça ne rigole plus, le ciel s’assombrit d’un coup pendant le set des Dropkick Murphys. Les éclairs fusent au loin. La soirée risque d’être compromise. Concerts programmés coûte que coûte ou annulés par mesure de sécurité ? Autant dire que le staff de Eurockéennes avec une collaboration conjointe de la préfecture et de bien d’autres acteurs a su gérer au mieux une double salve d’orages violents qui n’auront eu pour conséquence que le démarrage retardé du concert de The Cure et l’annulation des concerts de la plage.
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Parmi les abris de fortune certains privilégiés étaient mieux lotis pour affronter les éléments.

|| ET POUR LES CONCERTS ALORS ? ||

Du côté de la grande scène vendredi soir il y avait Dionysos. Un Mathias Malzieu très en forme et surtout très très bien accompagné notamment d’une demoiselle toute de rouge vêtue et qui se trémousse comme personne. Les morceaux de Dionysos sont enjoués. Le groupe sait faire le show. Le public monte sur scène. Le concert se déroule dans une ambiance bon enfant. Belle entrée en matière pour mon arrivée tardive sur le site.
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Voilà le concert qui ne devait pas me décevoir. Näo évoqués avant mon départ pour le festival m’avait déjà fait forte impression sur album. Sur scène l’appréhension était grande que les garçons ne soient pas à la hauteur de mes espérances. Que nenni ! Le groupe est impressionnant dès les premières notes balancées avec une tension qui ne l’a jamais quitté durant ce trop court set de 45 minutes. La communion avec le public où se mêlent connaisseurs et découvreurs est totale. L’électronique pesante de Näo nous transportent par vagues successives dans des dimensions irréelles si bien que seule l’écrasement sur mon bras droit de la cigarette de mon voisin (Oh oui fais moi mal !) parviendra à me sortir d’une forme d’engourdissement électro musical.
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Autant j’avais attendu impatiemment Näo, autant je redoutais mes retrouvailles avec Cedric et Omar leaders emblématiques de The Mars Volta. Douloureux souvenirs d’un concert hautement soporifique dans un Olympia parisien avec jam à gogo, un Cédric diva et un batteur champion du monde de la rythmique qui tue. Sur la scène de la plage c’est du Mars Volta dynamique qui a joué pendant une durée moindre que prévu (bouh ouh ouh ouh) mais de façon nettement plus énergique que ce que j’avais en souvenir. Est-ce la renaissance de leur premier groupe At The Drive-In qui a su redonner du punch aux chevelus d’El Paso, les morceaux plus courts pointaient vers des délires d’impro plus psychédéliques que les jams interminables qu’affectionne particulièrement Omar Lopez ! La version live du dernier single "The Malkin Jewel" est d’une efficacité désarmante. Rien que pour ce moment on ne regrettera pas les vieux titres oubliés ou le set raccourci.
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Dans les jeunes groupes à découvrir, Jesus Christ Fashion Barbe, les trois garçons de Caen, émerveillés de jouer sur ce qui sera encore pour quelques heures l’une des plus belles scènes de France, ont offert des morceaux tendus. Un rock sombre efficace qui convenait parfaitement à un démarrage de deuxième journée de festival.
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Du côté de Cerebral Ballzy ça punkait rock sévère mais pas de façon suffisamment attrayante pour que j’y reste plus de 5 minutes.
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De toute façon pas une minute à perdre, le metal lourd et puissant de Mastodon m’attendait. Quand on aime le rock viril et poilu (et plus particulièrement Troy Sanders) qui oscille entre stoner et doom, avec ces zigotos on n’est pas déçu. La transe est assurée dès les premières mesures de "Black Tongue", la tête, le corps tout entier puis notre petit cœur d’amoureuse vacillent une heure durant.
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Thee Oh Sees quant à eux se sont produits sur l’Esplanade Green Room. Ne décevant jamais leur public, les américains font preuve d’une efficacité hautement communicative dans les morceaux punk rock garage qu’ils délivrent. Le public adore, en redemande, se régale. Nous sommes encore en pleine accalmie météorologique autant en profiter oisivement.
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Les Dropkick Murphys c’est un peu ceux qui nous ont fichu un beau bazar dans le festival vu qu’ils ont eu l’énorme privilège de voir leur set scindé en deux par l’arrivée d’Orage#1 ! Plaisanterie à part, ce punk rock aux accents irlandais ne réveille pas seulement les éléments mais aussi les esprits mélancoliques qui furent bercés par les mélodies des Pogues dans leurs plus jeunes années.
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Mon dernier concert ne fut pas des moindres : The Cure et son set record de 2 heures 30. Une histoire vieille de 27 ans entre Robert et Moi. Un premier concert en quasi solitaire sans mes habituels compagnes et compagnons des presque trois dernières décennies. Autant dire qu’aux premières notes de "Plainsong" se mêlaient sur mes joues (et celles de beaucoup d’autres festivaliers) la pluie et les larmes. L’émotion est toujours immense lors des rencontres plus ou moins espacées entre The Cure et ces "fans" qui les suivent avec une fidélité sans faille depuis une trentaine d’années. Ces concerts de festival de plus de deux heures prennent alors la forme d’un show ambiance nostalgie où tous les titres qui ont traversé nos vies sont joués de manière parfaitement rodée. De "Just Like Heaven" à "From The Edge Of The Deep Green Sea" en passant par "A Forest" ..., la liste des 28 morceaux présentés parRobert, Simon, Roger et les pièces rapportées (ouais c’est un peu méchant) est un sans faute de pur bonheur. Robert était bien en voix, nous avions les pieds dans la boue et grelottions sous les gouttes qui recommençaient à tomber. Nous étions des milliers sourire aux lèvres, larmes au coin de l’œil, juste heureux d’être là.


En même temps se produisait le groupe ultra subversif Die Antwoord. Cela valait le coup m’avait-on dit, concert très dérangeant. J’avais promis à quelques uns d’y faire un saut... Pas eu envie de quitter la mélancolie curiste.
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Le lendemain c’est un site boueux qui accueillait le dernier jour du festival. Des coupures électriques ont quelque peu perturbé les concerts de Lana del Rey et de Jack White que l’on pouvait suivre sur France Inter (à écouter ICI). Le festival s’achevait avec des records battus : 100 000 visiteurs, 17 500 campeurs. Les Eurockéennes ont atteint un équilibre financier que beaucoup de structures de spectacles leur envient. Une année riche en émotions qui restera un très bon cru. Hey Belfort ! Des bises et à l’année prochaine !!

lundi 4 juillet 2011

Festival Eurockéennes de Belfort (03/07/2011)


Edit d'août 2014 
Les photos illustrant cet article ont été perdues dans la migration du site et le crash d'un disque dur... Seul l'écrit reste.

Après un samedi bien rempli, c’est encore une belle journée, bien ensoleillée, qui accompagne les festivaliers pour ce troisième jour des Eurockéennes de Belfort cru 2011. De part la programmation, la faune festivalière toujours aussi importante est plus disparate que la veille, plus familiale.
Ce sont les toulousains-texans de Binary Audio Misfits ! qui ont la lourde tâche d’ouvrir cette dernière journée en milieu d’après-midi dans la tant décriée scène Club Loggia (On y reviendra plus tard.). Le groupe propose un savant mélange rock/hip hop parfait pour débuter les festivités musicales du jour. Un peu plus tard, la conférence de presse les concernant ne manquera pas de conforter l’admirable bonne humeur qui règne entre les français et américains. Bonne nouvelle l’aventure musicale les concernant devrait se poursuivre et l’envie de nouvelles compositions est bien dans leurs esprits.


Sur l’esplanade Green Room, la toujours très classe formation Moriarty a assuré une plongée réussie dans leur univers mi rock mi "cabaret". C’est plutôt une bonne surprise de constater que les ambiances qu’il savent distiller par la grâce de leur chanteuse Rosemary Standley sont tout aussi convaincantes dans un festival de plein air que dans le confinement d’une salle de concert. Il manquait peut être un tout petit peu d’intimité et les décors particuliers qui suivent le groupe lors de leurs tournées. Malgré tout, la prestation des Eurockéennes restera l’une des meilleures du festival.


Un petit tour du côté de la scène de la plage où il fait bon lézarder. On y prépare l’arrivée des canadiens deKarkwa. Le groupe pop rock est sympathique, leurs morceaux aussi. On passe un agréable moment en leur compagnie. Le lieu choisi pour leur prestation est vraiment bien trouvé. Excellent choix de programmation.


Au même moment, ce sontThe Dø qui ont pris place sur la grande scène du festival. Il y a beaucoup de monde : de toute façon que ce soit lors des concerts de la grande scène ou de l’Esplanade Green Room, le public afflue en masse dès les premières notes jouées par les groupes. Apparemment les spectateurs apprécient, ce ne sera pas le concert de la réconciliation pour ma part ayant vraiment du mal à cerner la sincérité du duo sur scène qui, à mon goût, surjoue plus qu’il ne s’amuse. On a le sentiment qu’ils en font parfois des tonnes pour masquer les quelques légèretés de leur répertoire.
Je serais bien allée jeter un œil et une oreille à Honey For Petzi qui m’avait été chaudement recommandé par un ami et qui, je l’apprendrai en conférence de presse, a été désigné lauréat du concours Repérages eurockéennes SNCF. Mais non ! Pourquoi ? Parce que la scène Club Loggia a été le fiasco de cette édition pourtant réussie des Eurocks 2011. Déjà sa situation complètement excentrée faisait qu’il n’était possible de s’y rendre seulement lorsque le public n’était pas trop nombreux. A partir d’un seuil de festivaliers rapidement atteint il fallait alors traverser des zones délicates dont l’arrière de la Grande Scène complètement saturée de monde. Autant dire que cela doublait déjà le temps d’accès au Club Loggia nous faisant perdre tout le début du concert proposé. Et quand bien même nous arrivions à atteindre la zone Loggia celle-ci était tellement bondée qu’il nous était même impossible d’y voir quelque chose puisqu’elle se situait dans un cul-de-sac. Obligation de faire demi-tour pour se rendre ailleurs ! Au final on perd 20 minutes pour accéder nulle part !


Tant pis, pour se remettre de cette déception on profite de Philippe Katerine en forme comme jamais qui a investi l’Esplanade Green Room. C’est du grand n’importe quoi, du kitch à souhait, du débile : duKaterine ! Il chante son hymne "La banane" c’est pour moi l’occasion de téléphoner à mes filles pour leur faire partager ce moment musical intense. Les tubes du "dingo chantant" enflamment gaiement le public. Voilà une bien agréable légèreté en attendant du corrosif et subversif du côté de la plage.


C’est Odd Future qu’on attend là-bas. Les fameux rappeurs ricains de 20 ans dont on ne sait trop quoi penser entre le buzz qui les a mis en avant, leurs textes misogynes, leurs propos limites homophobes. Apparemment ce sont des génies du rap, les précurseurs d’un renouveau qu’on attendait depuis des années. Je tente donc l’immersion au milieu d’une masse de boutonneux prépubères dont certains sont cagoulés parce que ça fait trop gangsta rap sans doute. Les tee-shirt à la gloire de Tyler The Creator sont portés fièrement, des jeunes filles sur ma droite glapissent bizarrement. On ne manque pas de repérer l’intruse que je suis. Il doit y avoir une aura de maîtresse sur ma tête qui me suit et me trahit. On tente d’édulcorer des conversations trash : "Alors machine je peux pas me la voir, c’est une vraie... heu (regard dans ma direction) ... P. U. T. E. " / "hein quoi ? aaaaaah tu veux dire pute !!". Certains tentent d’être subtils, d’autres pas. L’attente est un peu longuette, le groupe arrive clairsemé, le dj d’abord, le reste suivra plus tard. On pense d’abord à un caprice à la manière de... Liam Gallagher qui sévit sur la grande scène au même moment. Tyler The Creator nous la jouerait diva du rap ? Il a une bonne excuse car il arrive le pied dans le plâtre muni de béquilles... C’est sûr que du coup le faire jouer sur la plage, c’est un peu vicelard. Mais bon c’est un rebelle, un rappeur à qui rien ne fait peur. Odd Future distille des morceaux plutôt efficaces, ses membres n’hésitant pas à se jeter dans le public au grand désarroi des pauvres gus de la sécurité qui ont peur de ne plus être capables de gérer tous les loustics qui se sentent pousser des ailes. Ensuite, les encenser comme on le fait actuellement me semble en partie exagérée. Je reste assez sceptique sur leur potentiel réel. Même si ces gamins m’ont bien amusée, leur prestation n’avait rien d’une claque phénoménale.





En même temps se produisait le chevelu brit-rockeur au caractère de cochon Liam Gallagher avec sa toute nouvelle formation Beady Eye. Rien de bien révolutionnaire dans l’univers de Liam, on profite de sympathiques morceaux pop-rock à la sauce Gallagher.


Ce sera ensuite au tour du duo Aaron de ravir bon nombre de festivaliers du côté de l’Esplanade Green Room. Mais ce que la plupart attendent c’est l’arrivée du côté de la grande scène des époustouflants Arcade Fire. Il n’y a pas à chipoter : le groupe est vraiment digne de sa réputation et assure un show grandiose. C’est la grande classe musicale canadienne qui envahit un temps les lieux. Pour la suite les chanceux qui ont accédé au Club Loggia ont pu profiter d’un très bon set de NasserCrystal Castles n’ont pas vraiment convaincu sur scène (encore une fois aurait-on envie d’ajouter). Cela délirait grave du côté de la plage et du Cabaret Burlesque invité par Philippe Katerine. Pour terminer, les Arctic Monkeys ont une nouvelle fois prouvé qu’ils étaient encore restés des garçons au top du rock (malgré un dernier album peu engageant). Sous des flots de formes gonflables proposées par lesPlasticiens Volants, les Eurockéennes 2011 ont refermé leurs portes.
Cette édition est aux dires des organisateurs l’une des plus réussies. En tout cas elle vient à point nommé après quelques années compliquées et une grosse remise en question. Avec près de 95 000 festivaliers, une journée sold-out pour le samedi, trois jours de temps parfait, on comprend que les organisateurs avaient la banane (de Philippe ?) lors de la conférence de presse bilan du festival. Il y a eu pas mal de nouveautés fort appréciées (impossible pour moi d’en parler vu que c’était ma première fois aux Eurocks). Un gros travail a été fait pour accueillir grand nombre de festivaliers à mobilité réduite : effectivement on en a croisé beaucoup et ceux-ci semblaient très bien encadrés pour vivre le festival comme tout un chacun. La scène de la plage a été une réussite et a connu un énorme succès. L’esplanade Green Room était aussi une initiative intéressante. Beaucoup ont remarqué une amélioration notable du son, du fait d’un placement différent des enceintes (en grappe et non suspendues dans un seul sens si j’ai tout bien compris). La programmation était à la fois diverse mais tout autant cohérente. Bravo ! Seul hic, cette fameuse scène Club Loggia dont il faudra revoir la disposition et l’accessibilité lors de la prochaine édition. En tout cas cette première visite m’a vraiment conquise. Il y aura certainement une prochaine fois.

dimanche 3 juillet 2011

Festival Eurockéennes de Belfort (02/07/2011)

Edit d'août 2014
Les photos illustrant cet article ont été perdues dans la migration du site et le crash d'un disque dur... Seul l'écrit reste.


Première journée de festival pour ma part que ce deuxième jour des Eurockéennes de Belfort. C’est également la découverte du site, d’un cadre, des scènes et de la faune particulières des festivaliers Eurocks. C’est effectivement une grosse machine ces Eurockéennes. Le cadre semi-aquatique est très agréable et la répartition des lieux de concerts tout à fait gérable géographiquement pour qui veut zapper d’un artiste à l’autre. La densité du public présent (dans les allées surtout) est, en tout cas hier soir, bien au dessus de ce que j’ai déjà expérimenté lors de Routes du Rock, Rock en Seine ou autres festivals estivaux du genre. Ce fut le côté oppressant et pénible de la soirée surtout quand on n’a guère de possibilité d’éviter certains gaillards qui titubent et que l’on sent prêts à nous déverser par-dessus l’épaule l’ensemble des choses qu’ils ont pu ingérer tout au long de la journée. L’organisation est plutôt bien menée et le système des trains-navettes une idée judicieuse pour ceux qui veulent éviter la voiture.

C’est au son de la prestation de Mars Red Sky (scène de la plage) que la plupart des festivaliers rejoignent le site de Malsaucy. Le groupe propose un son puissant (bien en accord avec la thématique « du lourd » portée par la plupart des artistes présents ce jour). Le temps de faire des premiers repérages du site, c'est King Automatic que l’on croise sur la scène, un peu confinée, du Club Loggia. Le garçon propose un rock « tabouret » plutôt sympathique qui permet une petite récréation légère en attendant la suite.

Puis l’on repart du côté de la plage où l’on pressent que de l’événementiel peut se produire. Petit détour au passage par l’Esplanade Green Room où se produit Anna Calvi. Elle laissera une excellente impression. Au gré de morceaux sombres pour la plupart, la femme en rouge offrira un set de grande classe, sobre et très efficace.

Il est temps de dégoter une place de premier choix devant la scène de la plage. Quand on est fan de Nick Oliveri on sait, après s’être renseignée efficacement, qu’il sévira sur notre côté gauche de la scène. Bonne pioche qui s’avèrera payante pour la suite. La meute de photographes débarque pendant l’avant show, on reconnaît l’officiel Robert Gil (masquotte de la Maroquinerie). Les Kyuss sont postés sur le côté de la scène attendant l’heure officielle du début de leur set. Puis d’un coup c’est l’effervescence. « Mais si il est là, mais oui il arrive, si si si Josh est là tout là bas !! ». Même les plus fans des fans n’osent y croire tant le moment est « historique » et impensable. Ce n’est pas Josh tout seul (qui devient de plus en plus mémère à grosses fesses, va falloir qu’il arrête les gros goûters) qu’on voit débarquer sur la plage mais QOTSA en intégralité. Ceux-ci rejoignent les Kyuss ! sur le côté de la scène et nous assistons béats aux grandes embrassades et sourires (peut être surjoués qu’importe !) des uns et des autres.

Etonnants élans lors de ces retrouvailles pour ceux qui il y a quelques années s’entre-déchiraient. Le public s’enthousiasme, on applaudit, on se prend à espérer que peut-être quelques mélanges de groupes pourraient avoir lieu sur scène. Hélas non : Kyuss ! jouera seul et les QOTSA en bons camarades resteront une partie du set en coulisse pour apprécier avec entrain la prestation d’Oliveri & Co. (cf vidéo de mon cru ci-après)





Le set de Kyuss Live ! est excellent. De bout en bout le groupe nous délivre ses morceaux avec une efficacité rare. « El Rodeo » nous est jouée dans une version transcendante. J’avais de grosses appréhensions sur l’intérêt de cette reformation de Kyuss !. Ce fut une surprenante réussite.


On se hâte de rejoindre le Club Loggia pour poursuivre dans du gros son. Les Drums Are For Parades viennent de Belgique et nous démontrent une chose : ils savent envoyer du gros son. Le public ne s’y trompe pas, l’avant scène a beau être riquiqui : tout déménage. C’est efficace quoiqu’un peu répétitif à la longue.


Première déception de la journée : Funeral Party. Malgré les passages de quelques ballons et un ciel couchant magnifique, la prestation des jeunes hommes sur la scène de la plage paraît bien fade.


Sur la grande scène Motorhead propose un set qui convaincra surtout leurs fans. Quand on n’aime pas ce n’est pas ce soir qu’on va avoir la révélation concernant ce groupe mythique. La fatigue ne me permettra pas d’apprécier justement l’incroyable session hip hop des House Of Pain. S’ensuivra sur la grande scène un set phénoménal des Queens Of The Stone Age mais c’est déjà trop tard pour ma résistance physique, nerveuse. La nuit glacée a raison de moi et je m’éclipse à regrets ne pouvant profiter de Padwriterz et surtout du set des Atari Teenage Riot qui d’après mes sources s’est révélé dantesque.