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samedi 29 octobre 2022

Michel Cloup - Mon ambulance

 

Single sorti le  19 octobre 2022
Extrait de l'album Backflip au-dessus du chaos :  sortie prévue le 18 novembre 2022 chez Ici D'Ailleurs

Déjà 11 ans depuis la sortie de Notre silence, un album de Michel Cloup qui comme beaucoup de ses réalisations m'avait touchée de manière viscérale. Pas mal de projets ont accompagné Michel depuis, entre autre avec son complice de longue date Pascal Bouaziz ( A la ligne (chansons d'usine)).

Quel plaisir pour moi de retrouver toute la pugnacité rappelant la période Expérience ! Avec des envolées musicales entêtantes dans le style Clara Clara, "Mon Ambulance" nous emporte tout de go, nous, les "hypersensibles que l'ambiance mortifère générale martyrise". Bouffée de "candeur, naïveté, insouciance" : cela résume le bonheur d'écoute des presque 3 minutes de "Mon Ambulance".

Mise en images par l'ami de toujours Ronald Grandpey.




lundi 13 février 2012

Michel Cloup (duo) - Stimultania, Strasbourg (12/02/2012)


Nul besoin de revenir sur l’appréhension émotionnelle qui accompagnait mon impatience de retrouver Michel Cloup en concert. Ce dimanche, à l’invitation de Hiéro Colmar, Michel était venu, avec son acolyte d’Experience,Patrice Cartier, présenter au public strasbourgeois son album solo Notre Silence. Un album à forte charge émotive pour une soirée qui le restera à bien des niveaux avec un après concert des plus particuliers (merci Pierre).
Dans la galerie Stimultania où pour quelques heures encore se trouvaient accrochées les photographies d’Algérie de Pierre Bourdieu, à l’endroit même où mes gamins d’école s’affairaient 48h plus tôt à réaliser des carnets de voyage,Michel Cloup et Patrice (la partie "duo" de l’aventure) avaient posé leurs instruments. Une soixantaine de personnes avait fait le bon choix d’affronter le froid pour venir se réchauffer cette fin de journée dominicale dans l’atmosphère toujours conviviale du Stimultania. Mélange de générations entre les quadras et plus, "Diabolo-nostalgiques", les trentenaires qui vibraient au son d’Experience et quelques plus jeunes ou autres curieux venus découvrir l’artiste ou le projet solo de Michel dont les nombreux retours élogieux impressionnent même le toulousain.
L’album est grave et la crainte de passer une soirée émouvante certes mais affectivement pesante est bien réelle. Une angoisse bien vite oubliée par les premiers mots prononcés par Michel Cloup, il évoque la perte, la tristesse qui ont inspiré ses morceaux mais assure qu’il ne va pas proposer quelque chose de triste. Avec ses mots, tout aussi justes que les paroles de son album, il nous convie à son voyage. La tension guitare-batterie surpasse les propos auxquels on s’accroche beaucoup moins que lors d’écoutes personnelles. Entre chaque titre les phrases de Michel se veulent légères tout en gardant un caractère grave, il explique le cheminement du voyage morceau après morceau (et moi-même je comprends enfin la signification véritable d’ "Un film américain" qui m’avait jusqu’alors échappé). En même temps il nous laisse la possibilité de nous approprier chacun de ses morceaux avec nos propres expériences liées à la perte, au chagrin ou toutes ces petites réjouissances de vie. Au delà d’une simple présentation live des pistes de Notre silence, le duo propose des moments aux sonorités expérimentales intenses presque aussi douloureuses que les paroles que Michel nous a assénées pendant plus d’une bonne heure. C’est la fin du set lié à l’album avec cette idée tellement réjouissante que la fin aussi cruelle soit-elle, on a toujours moyen de la transformer dans notre cœur et notre âme.
La fin justement, elle n’est pas tout à fait pour maintenant. Michel Cloup reviendra et offrira deux beaux cadeaux au public encore présent. En véritable solitaire il s’essayera à un morceau inédit. La thématique semble au premier abord nettement plus joyeuse puisqu’il s’agit presque d’une magnifique déclaration d’amour à la femme qui partage sa longue vie de couple (et sans doute tortueuse) mais pour laquelle Michel ne cesse de répéter "nous vieillirons ensemble" (ou quelque chose de ce genre, fichue mauvaise mémoire !). Plus réjouissant ou peut-être pas pour ceux et celles qui ont perdu la foi dans l’utopie du couple qui dure. Quoi qu’il en soit ce morceau, tout comme ceux de Notre Silence, mêle paroles intenses et mélodies puissantes. Pour clore de manière encore plus magique une soirée qui restera inoubliable c’est un retour aux sources avec une reprise d’un titre de Diabologum [que je n’aurais jamais cru possible il y a encore 6 ans tant évoquer LE GROUPE dont on devait taire le nom sur un certain forum semblait donner de l’urticaire à un Michel qui se nommait KoolMike - bises nostalgiques à mes ex-compagnons de l’Exp(army) ;) ]. Nous étions quelques-uns sourire bêta, larme à l’œil, près de 15 ans de moins au compteur à ne perdre aucune seconde de ces paroles extraites d’un #3 album mythique & hymne intemporel.

mercredi 1 février 2012

Michel Cloup (duo) - Notre silence


Album sorti le 5 septembre 2011 disponible ICI

Pour réussir une rencontre avec un disque c’est un peu comme dans toute sorte de rencontres, il n’y a pas que les protagonistes qui comptent mais aussi le moment où celle-ci s’opère. Cela fait de nombreux mois que je possède Notre silence, dernière réalisation de Michel Cloup (en format duo avec son acolyte Patrice Cartier), pourtant ce n’est que depuis quelques jours que je peux me lancer dans des écoutes relativement sereines de l’album. Avant cela il était nécessaire que je fasse mon propre deuil. Un deuil similaire à celui qui inspira à Michel Cloup cet album poignant. Au risque de radoter, ceux qui me suivent depuis longtemps connaissent l’attachement très fort que je porte à l’artiste et l’homme que j’ai eu la chance de croiser quelques fois et dont les différentes expériences musicales accompagnent mon existence depuis plus de seize ans. Ce fut d’abord découvrir Diabologum à 2 quand on a 20 ans et des poussières, écouter en boucle Aujourd’hui, maintenant d’Experience et son morceau éponyme lors de nos premières remises en question ("...regarde on est vivant !... il y a tant de choses que nous n’avons pas vues, tant de choses que nous n’avons pas encore vécues ensemble ou séparément..." Nous on a choisi le séparément !). Puis il y eut les errances étonnantes avec notamment Panti Will et surtout The Overnight Project. Enfin, c’est ces dernières années une participation au projet génial porté par le compagnon d’Experience, Francisco Esteves : la formation toulousaine texane des rockeurs rappeurs de Binary Audio Misfits.
Autant dire que Michel n’est pas du genre à se morfondre et c’est finalement logique qu’il y ait eu de nouveau un besoin de revenir à une forme d’expression solitaire comme du temps de Peter Parker Experience (époque Diabologum). Solitaire, solitaire... Plus précisément c’est en duo que Michel se produit épaulé par son autre compère d’Experience : Patrice Cartier.

La force de Notre silence tient dans l’universalité des sentiments que nous fait partager Michel avec son phrasé singulier porté par quelques accords électriques. Ce peut être la colère, la souffrance suite à un deuil, une séparation ou toutes autres épreuves que nos fichues vies nous "offrent". Michel Cloup sait trouver les mots qui parlent avec justesse de son histoire mais aussi de nos histoires. Déjà avec le morceau "Le cercle parfait" sorti en novembre 2010 se posaient ces questionnements obsédants sur nos parcours de vie, notre place dans l’intimité de la famille (entre mari-femme, mère-fille, père-fils...). Notre destin qu’on souhaiterait idéal et parfait et qui finalement ne le sera jamais. Un morceau comme "Plusieurs fois cet après-midi" décrit avec authenticité ces moments de nostalgie extrême qui nous submergent lorsque l’on réalise qu’irrémédiablement certains instants de vie ne se reproduiront jamais. Je trouve courageux de mettre en mots et en musique des émotions fortes et difficiles qu’on a plutôt tendance à vouloir occulter pour se réfugier dans un déni plus confortable. Michel Cloup use de beaucoup de délicatesse pour évoquer avec cet album bouleversant des sensations éprouvantes qui parcourent nos épisodes de vies et nous construisent pour d’autres existences. Il faut prendre le temps et écouter le silence, ce silence... Notre silence.


lundi 20 décembre 2010

Michel Cloup - M.C. single #1



sorti le 22 novembre 2010 et disponible à l’achat via Bandcamp
album prévu en 2011
Il ne m’est jamais facile d’évoquer les multiples réalisations musicales associées à Michel Cloup tant ma vie personnelle est liée au parcours musical du toulousain. C’est lors de mon premier concert en couple (avec celui qui deviendra un mari et le père de mes enfants) que ma route croisa Michel Cloup. C’était en 1992, nous allions voir Lush dans la salle du Krakatoa de Bordeaux, la première partie était assurée par Lucie Vacarme. Nous ne savions pas encore que le guitariste de cette formation serait à l’origine de l’un de nos plus beaux traumatismes musicaux de l’avant 2000. Fin 90s nous enflammions nos soirées étudiantes en écoutant Diabologum. Puis c’est Experience qui accompagna nos premières nostalgies au son d"Aujourd’hui maintenant" et notre envie d’amour éternel avec pour hymne l’émouvant "Deux". En parallèle Michel Cloup, qui semble s’éveiller avec une idée nouvelle par jour, avait du temps de Diabologum tenté l’aventure solo avec Peter Parker Experience. A l’époque d’Experience, c’est au hip hop (festif ?) auquel Michel s’essaye en trio avec Panti Will. N’oublions pas l’étonnant Overnight Project qui consistait à créer des bandes sonores de quelques films de séries B à base de zombies et autres créatures étranges. Et puis est venu le projet porté par Francisco Esteves (bassiste d’EXPerience) :Binary Audio Misfits ! (BAM !). Une belle réussite qui associe le rock des toulousains au rap des The Word Association d’Austin.
En 2011 donc, c’est aussi en solo que Michel Cloup évoluera. Sans artifice, sans pseudonyme, un peu comme un saut dans le vide, tout seul comme un grand, Michel (visiblement accompagné en tournée du fidèle Patrice Cartier batteur d’Experience) progresse comme jamais dans l’intime. A l’écoute des deux morceaux de M ?.?C single #1 on retrouve les ambiances effleurées sur quelques titres d’Experience et proposées ici de manière beaucoup plus épurée. Quelques rapprochements peuvent être faits du côté des amis historiques (époque Lithium) de Mendelson (Michel s’est d’ailleurs produit récemment avec Pascal Bouaziz), "Je te regarde dormir" ayant la même intensité "ciné-musicale" que certains des meilleurs morceaux des parisiens. Quant au "Cercle parfait", comme toute chanson chacun se l’approprie au delà de ce qui fut à son origine. Chaque mot résonne chez moi de façon très personnelle, remémorant un vécu et des émotions qui ont accompagné ces 5 dernières années. Bouleversant forcément surtout quand la vraie vie ne se termine pas aussi joliment qu’une chanson de Michel Cloup : au bout du tracé de notre cercle parfait... c’est la tangente qui nous a emportés.

lundi 28 janvier 2008

EXPérience - Nous (en) sommes encore là


Presque deux ans que nous ne les avions plus vus sur scène, plus de deux ans que nous attendions la sortie d’un nouvel album de titres inédits, deux années durant lesquelles beaucoup de choses se sont passées pour Michel Cloup et son groupe. En ce début d’année 2008 très intense pour (E.x.p)erience, entre la mise en ligne le 01/02 de la vidéo du premier single extrait d’un quatrième album prévu pour le printemps prochain et en pleine préparation de leur retour sur scène le 08/02/08 dans le cadre du festival des inaperçus, Michel Cloup a eu la gentillesse de satisfaire la grande curiosité qui nous anime sur Le Cargo en jouant le jeu des questions-réponses pour notre plus grand plaisir.
Sfar  : Bonjour Michel. Experience a connu quelques petits changements depuis la sortie du Cd/Dvd Positive / Negative karaoke With A Gun / Smile fin 2005 et la tournée qui a suivi. Widy, désirant se consacrer à des projets plus personnels, a quitté le groupe durant l’été 2006. L’idée de poursuivre à trois, sans remplacer Widy, s’est-elle imposée d’emblée ?

Michel  : Pour être honnête, non ! Disons que dans un premier temps, il a d’abord fallu se faire à cette idée, puis trouver un moyen de se retourner. Nous nous sommes dit qu’il fallait essayer à trois et voir ce que cela donnait. Nous étions arrivés à un moment charnière où il fallait malgré tout un changement, une remise en question pour ne pas avoir l’impression de se répéter, avec ou sans Widy. Sur la fin, avec lui, nous étions dans une certaine routine, certes agréable, mais il fallait de toute manière tout casser. Et son départ a quelque peu précipité cette mutation : nous n’avions plus le choix. Ce qui nous a sauvé, c’est qu’il y avait de notre côté une forte envie. Ça s’est donc passé très facilement. Et comme ça marchait bien à trois, on a foncé.

Sfar  : Ce passage à trois se ressent-il sur le son d’Expérience  : doit-on s’attendre à un changement de style pour les nouveaux morceaux ? Quelque chose de plus pugnace peut-être ?

Michel  : Ce passage à trois a d’abord resséré nos liens, et par la même occasion notre son. Il n’y a pas non plus un monde entre EXP à 4 ou à 3, c’est un peu différent certes, mais pas non plus à l’opposé. Je ne crois pas que le nouvel album soit particulièrement plus pugnace, je pense surtout que l’album de reprises (karaoke) nous a un peu plus décomplexés. Le nouvel album est très dense, assez varié, et plutôt long. Il y a encore plus de liberté que par le passé quant aux formats. Et dans l’ensemble, ça fait toujours du bruit à fort volume.

Sfar  : Cela fait près de 4 ans que vous n’avez pas proposé de nouveaux morceaux ( Positive Karaoke...étant un album de reprises). Quand vous êtes-vous remis à l’écriture et à la composition de nouveaux titres ? Si je me souviens bien, lors de la tournée 2006, vous jouiez déjà deux titres inédits.

Michel  : Oui, il y avait deux titres sur scène en 2006, j’avais de mon côté quelques textes et quelques embryons de morceaux, et l’inspiration a été au rendez-vous quand nous nous sommes retrouvés à 3 en Septembre 2006. En 3 mois, nous avions maquetté les ¾ du disque.

Sfar  : Entre temps, Michel, tu as porté un projet audio-vidéo assez atypiqueThe Overnight Project : des compositions originales instrumentales servant de bande son à des extraits de films d’horreur ou de science fiction. Quelle en est l’origine ?

Michel  : J’ai commencé ce projet un peu par hasard, pour m’amuser, et j’ai continué. Cet album s’est fait en deux ans, dans des trous, quand j’avais le temps. Rien d’autre qu’un jeu. J’adorais ce genre de films gamin, j’en regarde toujours, une sorte de « madeleine », plutôt sanglante.

Sfar  : Il me semble que tu n’as présenté qu’une seule fois ce projet en concert, qu’en est il aujourd’hui ? Cela restera-t-il quelque chose d’unique ou s’agit-il juste d’une mise en stand-by pour plus tard ?

Michel  : Je suis ok pour faire plus de concerts : envoyez vos propositions ! Le projet est juste en stand-by, je n’ai pas encore splitté.

Sfar  : Imaginais-tu que cela prendrait tant de temps entre l’envie de faire ce nouvel album juste après le Karaoké et son enregistrement en décembre dernier ? Est-ce que cela a été facile de retrouver un label, un distributeur ... ? Beaucoup de groupes galèrent en ce moment avec tout ça.

Michel  : A vrai dire, je pensais que ça irait plus vite, mais la vie est pleine de surprises. Nous avons la chance d’avoir un label qui était assez fou pour vouloir nous envoyer dans un vrai studio, et éventuellement à l’étranger. Nous avons contacté plusieurs personnes, ça a pris du temps car les plannings sont bookés sur 6 à 8 mois, nous avons finalement opté pour Greg Norman à Electrical, avec le recul, nous sommes très contents de ce choix.

Sfar  : Oui cela valait la peine d’attendre, puisqu’en effet début décembre vous vous êtes donc retrouvés à Chicago dans les studios Electrical Audio deSteve Albini pour enregistrer avec Greg Norman (Pelican, Detachment kit, Milemarker ... ). Comment se sont passées les sessions de travail ? Y a -t’il là bas une approche et une façon de faire vraiment différentes de ce qui se fait en France ? Qu’a apporté Greg Norman à l’album ? Avez-vous été de suite satisfaits de ce que vous obteniez ?

Michel  : L’approche c’est : « Do it yourself ». Greg (comme Albini) n’est pas un producteur qui te prend la guitare des mains pour rejouer tes parties parce qu’il pense pouvoir mieux faire. C’est un ingénieur du son. Bien au contraire, nous savions que beaucoup de choses allaient reposer sur nous, notre son, nos chansons. Il fallait être un maximum prêt, d’autant plus que nous avions une session plutôt courte (4 jours pour enregistrer et 4 pour mixer). Lui était là pour capturer au mieux ce qui sortait de nos amplis, de nos instruments. Bien sûr il donnait son avis, a proposé des options, surtout sur le mixage. Nous avons donc enregistré l’album en 4 jours, dans des conditions Live, avec un petit overdub de guitare par ci ou par là, mais très peu en fait : nous ne voulions pas tricher sur la formule trio par rapport à la scène. Le choix d’Electrical allait aussi dans ce sens, nous voulions vraiment une énergie Live, encore plus que par le passé, et ils font ça bien à Electrical  ! Nous n’avons fait que deux prises maximum par titre, afin de garder une certaine fraicheur, et comme la bande 24 pistes coûte cher, nous n’en avons gardé qu’une seule ! Cette session a été très rapide mais très agréable, aucun stress, bien au contraire, que du plaisir, une sorte de libération après plusieurs mois d’attente. Greg est un type très bien, très drôle et très pro, il ressemble beaucoup à notre ingé son de Live, aussi bien physiquement que dans son humour débile, parfait pour nous. Oui, il y a une façon de faire assez différente d’ici, beaucoup de bidouille, de trucs interdits par les écoles d’ingés son. Et puis aussi, une culture du son tout court, de l’histoire du son, des vieilles machines...et enfin beaucoup de savoir-faire. Satisfaits tout de suite ? Oui. Dès la première prise de la première chanson, juste en écoutant la mise à plat, tu sens si ça va sonner ou pas. Et là, c’était vraiment ce que nous voulions. Je ne parle même pas du mixage. Et je suis du genre perfectionniste, à me prendre la tête sur des détails à la con, et du coup, j’ai du lâcher du leste, ce qui n’était finalement pas si mal.

Sfar  : Cela a dû être émotionnellement très fort de vous retrouver dans ces studios mythiques. En plus vous avez eu la chance d’assister à un concert de Shellac, qu’ils répètent près de votre studio. Y a-t-il eu une rencontre Experience - Shellac ? Comment as-tu trouvé leur concert ? Todd Trainer est un batteur vraiment hallucinant, non ?

Michel  : Nos étions très contents d’être là car toute l’équipe est très sympathique, il n’y aucune prétention, c’est très respectueux, ils étaient aux petits oignons avec nous. Leur bonne réputation n’est pas un mythe et l’endroit est juste parfait. Le concert de Shellac était excellent, que tu aimes ou pas leur musique, tu n’as pas d’autre choix que de dire que c’est excellent. Très impressionnant. Nous les avons croisé pendant quelques jours au studio, et nous avons surtout parlé de billard, de poker, et regardé Discovery Channel. Nous avons aussi parlé de guitares en métal.

Sfar  : Ces enregistrements à Chicago nous ont permis de reprendre de vos nouvelles quotidiennement sur le blog du groupe. Que ce soit dans ces occasions, lors de la réalisation de podcasts durant la tournée 2006 ou même par tes interventions et ta grande implication dans le forum du site Experience, on sent chez toi cette envie de faire partager énormément et d’être tout simplement accessible pour ton public. C’est important pour toi ces relations particulières, c’est quelque chose qui te semble nécessaire ?

Michel  : Ça fait partie de la philosophie du groupe, je crois. Ce n’est pas une idée très nouvelle ou exceptionnelle, beaucoup de monde fait ça aujourd’hui, être en contact direct avec les gens. Sur notre forum, ça discute aussi d’autre chose, ça parle musique, cinéma,etc... J’aime bien y aller de temps en temps, échanger des idées ou des disques... Le blog, c’est comme un jeu, parfois je fouille dans les archives pour voir où nous étions à un moment précis, l’an dernier ou il y a deux ans, c’est une sorte de mémoire en ligne.

Sfar  : Comment vis-tu la critique : appréhendes-tu ce qui va être dit, écrit sur le prochain album ? Il me semble que tu as une certaine sensibilité à ce niveau-là. On a déjà pu le remarquer au cours de quelques unes de tes réactions (toujours justifiées) sur le blog ou dans le forum. Imaginons, tout à fait au hasard, qu’on écrive que certaines personnes trouvent les nouveaux morceaux de experience chiants, tu penses que tu t’en remettrais ? Plus sérieusement arrives-tu à prendre du recul avec tout ça ?

Michel  : Nous avons sorti beaucoup de disques, ensemble ou dans d’autres projets, et nous savons comment fonctionne ce système, plus ou moins qui est qui ou qui fait quoi, et ça a tendance à nous amuser, aujourd’hui. Je peux même dire qu’on s’en fout royalement. Bien sûr, nous sommes du sud, et parfois il y a des coups de sang mais globalement on arrive mieux à se maitriser, on boit de la tisane. Le recul, c’est que nous avons des vies à côté, des vraies vies, et beaucoup de choses à faire.

Sfar  : Le 08 février est une date importante : le grand retour sur scène d’Experience dans le cadre du festival des Inaperçus au Glaz’art. Comment vous préparez-vous pour la scène maintenant que vous n’êtes plus que trois ?

Michel  : Comme avant, on répète, on rapièce nos costumes de scène, on fait du sport, et on boit de l’huile de foie de morue.

Sfar  : « Le hasard » a voulu que vous vous retrouviez, ce même soir, dans la programmation avec Arnaud Michniak. Tu te doutes que cette affiche fait surchauffer les machines à fantasmes de tous ceux qui ont adoré Diabologum. Pour toi, cette soirée prend-elle aussi une saveur particulière allant au-delà de votre retour sur scène ?

Michel  : C’est surtout notre « retour » qui m’excite, avec en plus l’opportunité d’une belle affiche, d’une belle soirée, et peut-être d’un bel after. Qui sait ? Je n’ai aucune nostalgie de Diabologum, je vis dans le présent et non dans le passé. Je suis content de partager l’affiche avec Arnaud car c’est un vieil ami et que nous avons beaucoup de choses en commun. Nous prévoyons d’ailleurs dans le futur la possibilité d’un plateau Experience/Michniak, c’est toujours agréable de tourner avec des copains, et nous avons aujourd’hui plutôt envie d’unir nos forces au lieu de faire systématiquement cavaliers seuls.

Sfar  : En parlant de Diabologum, cela fait dix ans cette année que le groupe s’est séparé. Y a-t-il toujours ce projet de DVD anniversaire ? Que retrouvera-t-on dedans ?

Michel  : Le DVD est en stand-by pour l’instant, trop de projets pour tout le monde, trop de travail. Ça viendra, ça viendra, en son temps...

Sfar  : Pour en revenir aux projets futurs et ce prochain album dont la sortie est prévue au printemps, peut-on en savoir un peu plus ? Un titre ? Le nombre de morceaux ? Un single est prévu avant la sortie de l’album ?

Michel  : L’album s’appelle : Nous (en) sommes encore là. 14 titres, 65 minutes, plusieurs singles sont prévus avant l’album : le premier s’appelle : “Les aspects positifs des jeunes énergies négatives” et il sort début Février.

Sfar  : Comptes-tu faire à nouveau appel à la ExpArmy comme lors la sortie de la « Révolution ne Sera pas télévisée » avec de nouvelles actions stickers par exemple ? (moi je dis OUI OUI OUI !)

Michel  : Rien de plus n’est prévu pour l’instant, mais chaque membre est tenu de commettre ce genre d’actions EN PERMANENCE.

Sfar  : Que peut-on souhaiter de plus pour Experience pour 2008 à part un accueil enthousiaste de l’album et des concerts à gogo ?

Michel  : Ce serait largement suffisant.

Sfar  : Merci Michel.

Michel  : Merci à toi...