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jeudi 19 janvier 2012

Stranded Horse - Médiathèque Tomi Ungerer, Vendenheim (18/01/2012)

Photo Dédalesonore

Joli coup réalisé par la médiathèque Tomi Ungerer et son programmateur de bon goût qui, après avoir convié Matt Elliott au printemps dernier, nous invitait à passer la soirée en agréable compagnie en recevant Stranded Horse sa guitare et ses koras. Concert complet pour un Vendenheim by night d’exception. Les autochtones (que l’on croise rarement dans d’autres lieux de concert) et les chanceux véhiculés s’étaient retrouvés pour assister au second concert de Yann Tambour dans Strasbourg & alentours en moins d’un an.
En mai dernier, le garçon passait au Hall des Chars pour la tournée associée à l’album Humbling Tide. Beaucoup de concerts plus tard... moult papiers élogieux plus tard... la magie Stranded Horse ne se dément pas. On a beau assister à un set quasi semblable à celui présenté dans le quartier Laiterie, chaque concert demeure particulier. Le contexte est quelque peu différent : une salle de spectacle à l’acoustique fine, une ambiance feutrée et un public sage, très sage. Après quelques explications d’usage concernant les instruments de sieur Yann (sa guitare et ses koras un peu inhabituelles made home) et quelques boutades, le concert peut démarrer. De "And The Shoreline It Withdrew In Anger" à "Halos" au final entêtant en passant par la reprise du tube Smithien "What difference does it make", les interprétations de Stranded Horse captivent. Yann Tambour est un homme tout en délicatesse. Déjà dans son chant et sa gracieuse voix qu’il pose au fil des accords qu’il égraine. Mais aussi dans sa façon toute particulière de pratiquer kora et/ou guitare en alternance ou dans un jeu simultané. La beauté des concerts de Stranded Horse tient tout autant dans l’élégance des morceaux interprétés que dans un jeu de cordes tout en sensualité. Il est bien difficile de ne pas succomber une nouvelle fois aux charmes d’un artiste discret parmi les plus atypiques et les plus doués de la scène indépendante française.

mercredi 27 avril 2011

Matt Elliott - Médiathèque Tomi Ungerer, Vendenheim (26/03/2011)

C’était pour l’heure du goûter que nous avions été conviés à la Médiathèque Tomi Ungerer de Vendenheim afin de rejoindre Matt Elliott. Ce concert gratuit clôturait toute une série d’animations liées au Basse Zorn’Live Festival 2011. Horaire et lieu atypiques pour retrouver le grand Matt, ce qui n’empêche pas les fidèles d’être présents ainsi qu’un public de tout âge prêt à découvrir un univers musical particulier où se mêlent dark folk et arrangements électroniques. Connaissez-vous Matt Elliott l’éternel insatisfait ? Quand il ne nous fait pas partager ses petits bobos de maux de gorge ou gros rhume, c’est la mauvaise forme générale qui est responsable de... mais de quoi d’ailleurs ? Je n’ai vraiment pas de bol depuis 6 ans que je vois Matt Elliott en concerts, ce n’est (d’après lui) jamais terrible ! Il faut croire que c’est du "pas terrible accrocheur" pour être toujours portée par la même excitation de retrouver le monsieur assis derrière ses multiples pédales, guitare en mains. Perfectionniste à l’extrême Matt ressent profondément toutes ses bêtises ou autres couacs musicaux que la majorité du public devine à peine. Et quand bien même, on s’en fout : nous ne sommes pas là dans le cadre d’une audition de conservatoire. Ce que l’on veut c’est retrouver Matt et sa manière toute particulière de créer à partir d’un morceau au démarrage "guitare dépouillée" des ambiances sonores prenantes. Par ses jeux de sample de voix, de cris, de boucles musicales, Matt Elliott sait comme personne faire monter la puissance jusqu’aux limites de l’oppression. En cela notre Droopy folkeur excelle comme toujours. C’est d’ailleurs amusant de chercher à repérer lors des différents morceaux le moment déclic où tout démarre, de s’imprégner d’un calme avant la tempête et de se laisser chambouler par un déversement sonore fort intense. Qu’importe si la trame est toujours un peu identique, beaucoup ne s’en lassent pas. Matt qui, on le sent, veut terminer en beauté nous offrira une bonne demi-heure de morceaux supplémentaires. Quelle chance, même si elle n’est pas forcément partagée par un jeune public à qui il ne faut jamais dire 4 fois de suite :"là je vous fais un dernier morceau !". D’ailleurs voilà en bloc quelques impressions de la toute jeunesse (10 / 12 ans) découvrant Matt Elliott sur scène : "C’était bien mais c’est un peu toujours pareil", "Comment peut-on jouer si fort sans médiator !?", "Il n’a qu’une chanson en fait ?", "Incroyable il n’arrête pas de se faire des rappels à lui-même !"[C’est le coup des 4 derniers morceaux qui n’est visiblement pas passé.], "C’était quand même bien mais un peu trop long.". OUF !