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dimanche 4 novembre 2012

Animal Collective - La Laiterie, Strasbourg (03/11/2012)


Après une prestation parisienne remarquée lors du Pitchfork festival la veille, c’est un public strasbourgeois chanceux qui pouvait profiter des américains d’Animal Collective dans une Laiterie généreusement remplie. Le groupe est redevenu quatuor depuis le retour de Deakin auprès de ses compagnonsPanda Bear (dont les albums solos sont des petites merveilles), Geologistmuni de sa fameuse lampe frontale et l’étonnant Avey Tare. Une fois de plus ce n’est pas un concert au rabais auquel nous avons eu droit puisque (à moins que ma mémoire me joue des tours) nous avons eu la même setlist que celle qui fut jouée la veille dans la capitale.La scénographie étant elle aussi identique puisque nous étions plongés dans une bouche béante avec ses grosses dents lumineuses rappelant la pochette dernier album du groupe Centipede Hz. Depuis toujours les visuels (pochettes et scènes) sont confiés àAbby Potner sœur d’Avey Tare : à voir ICI les secrets de cette gigantesque bouche scénique.

Alors est-ce dû à cette bouche à la cavité animée et aux dents lumineuses ou au retour à 4 musiciens sur scène... cette prestation m’a semblé nettement plus vivante et enjouée que celle à laquelle j’avais assisté il y a quelques années au Bataclan. Le groupe ne prend plus des allures d’autistes statiques : Deakin etAvey Tare osant même quelques déplacements en milieu de scène. Beaucoup de morceaux du dernier album ont été joués avec après un démarrage léger sur "Rosie Oh", la première bourrasque de la soirée au son du tubesque "Today’s Supernatural". Comme l’assène Avey Tare sans répit :"Come on let-let-let-let-let-let-let-let-let-let-let-let go !" Alors c’est donc parti pour plus d’heure trente d’introspection dans l’univers si particulier d’Animal Collective. De "Wide Eyes" jusqu’à "Monkey Riches" en passant par le toujours entrainant "Honeycomb", les géniaux new-yorkais revisitent leurs titres récents et plus anciens en leur apportant des détails dans les textures et les arrangements live qui font le bonheur de ceux qui prennent la peine de s’imprégner de ces sonorités audacieuses et de se plonger sans retenue dans chacun des morceaux qui sont joués. Il existe de nombreux anti Animal Collective pour qui le groupe est depuis toujours surestimé, chouchou de Pitchfork qui les encense exagérément à chacune de leur réalisation. Si le doute peut subsister à l’écoute de leurs diverses réalisations, sur scène le groupe se révèle d’une efficacité redoutable distillant avec finesse leurs sonorités bizarro-complexes tout aussi captivantes sur des titres remuants que sur les morceaux nettement plus calmes. Alors oui jusqu’à l’interprétation d’un "Brother Sport" à l’introduction magistrale, le public était plus dans une forme de communion sage que dans une transe folle furieuse. Il aura fallu cet avant-dernier morceau avant les rappels pour que la Laiterie et son public s’agite dans tous les sans pour sautiller de concert avec un Arvey Tare ayant pris place au milieu de la scène.
"Peacebone" marquera la fin du concert permettant ainsi à tout le monde de reprendre ses esprits. Il y aura trois titres en rappels : "Cowebs" extrait de ce qui est pour moi l’une des meilleures réalisations du groupe : l’EP Water Curse. Histoire de remettre un peu de folie, le groupe enchainera avec l’énergique "My Girls" que beaucoup espéraient. Le concert s’achèvera finalement avec "Amanita" : choix étonnant. J’aurais trouvé plus judicieux d’inverser avec "My Girls" pour faire remonter tout doucement la tension et terminer avec la folie furieuse d’un morceau tout en agitation. J’avoue que même si "Amanita" est un titre intéressant, il y a eu un effet soufflé qui retombe un peu regrettable. Cela reste un détail pour un concert de très bon cru qui me conforte dans l’idée que les 4 bonshommes d’Animal Collective sont en tout point géniaux !

Setlist (selon mon souvenir à corriger le cas échéant)
- Rosie Oh
- Today’s Supernatural
- Wide Eyed
- Applesauce
- Honeycomb
- Lion in a Coma
- Moonjock
- Pulleys
- New Town Burnout
- Monkey Riches
- Brother Sport
- Peacebone

Rappels
- Cobwebs
- My Girls
- Amanita

lundi 30 juillet 2012

Animal Collective – Today’s Supernatural


Premier extrait de l’album Centipede Hz dont la sortie est prévue le 4 septembre 2012 chez Domino Records
C’est Panda Bear d’Animal Collective qui a dévoilé il y a quelques heures sur Animal Collective Radio le premier extrait d’un album que l’on espère aussi fou et furieux que Merriweather Post Pavilion [Qui fut classé 3ème album de l’année lors du Top des Blogueurs 2009 ]. Un premier extrait bien enthousiasmant : on y retrouve la pêche d’un "Brothersport" et les délires psychédélique d’un Strawberry Jam. Une fois de plus ce single ne laissera personne indifférent. D’ailleurs les foires d’empoignes ont déjà débuté au détour de forums ou de commentaires croisés entre les irréductibles fans des géniaux new-yorkais et ceux qui ne comprendront jamais que l’on puisse apporter tant de crédit à des réalisations proches de ce qu’ils considèrent comme de l’imposture musicale.


mardi 8 mai 2012

Animal Collective - Honeycomb / Gotham



Sortie prévue le 26 juin 2012 chez Domino Records en précommande Ici
Il y a des gens comme ça ! Ceux pour qui chacune des réalisations d’Animal Collective est espérée avec une impatience fébrile. D’autres qui ne comprendront décidément jamais rien à l’engouement des premiers pour un groupe qui tiendrait plus de la mascarade musicale qu’autre chose. Les débats peuvent être houleux sur le génie ou non du combo de rock electro-expérimental new-yorkais. Dans une relation de couple, l’"Animal Collective-compatibilité" n’est pas à négliger. Croyez-moi. C’est avec Water Curses EPque j’ai vendu mon âme à Arvey Tare, Geologist et Panda Bear. Depuis, je reste sous les charmes des différentes errances en groupe ou en solitaire de ces artistes particuliers et délicieusement prolifiques. Que les 3 (ou 4 quand Deakinles rejoint) garçons officient dans des univers proches de delires expérimentaux ou vers des morceaux plus "accessibles" comme l’ultra dansant "Brothersport", un morceau d’Animal Collective n’indiffère jamais. Les 2 titres du simple à venir ne dérogent pas à la règle. Gros risques d’écoutes compulsives !

samedi 16 juillet 2011

Animal Collective au Pitchfork Festival en entier & dernier jour


Le Pitchfork Music Festival a débuté à Chicago vendredi dernier. La plupart des concerts sont visibles en live streaming ICI. [Soyez plus malins que moi hier soir et ne vous trompez pas dans le calcul de décalage horaire.].
On peut revoir (ou plutôt réécouter vue la piètre qualité de l’image piratée et un décalage son-image) le set entier proposé par Animal Collective vendredi soir. [Pour les fainéants qui ne veulent pas subir 1h17 de concert, un petit coup d’oreille à 41mn pour une version fantastique de "Brother Sport" devrait combler même les plus rabat-joie.]

Les réjouissances à venir sont les suivantes [début des festivités 20h00 horaire France si je m’en tiens aux 7 heures de décalage Strasbourg/Chicago... à vérifier]. Cela nous ferait un 01h15 heure française pour Deerhunter tout à fait jouable.
Sunday, July 17 :
- 7:25 Cut Copy (Red)
- 6:15 Deerhunter (Green)
- 5:15 Superchunk (Red)
- 4:15 Ariel Pink’s Haunted Graffiti (Green)
- 3:20 OFWGKTA (Red)
- 2:30 Kurt Vile & the Violators (Green)
- 1:45 Yuck (Red)
- 1:00 The Fresh & Onlys (Green)

dimanche 18 janvier 2009

Animal Collective - Le Bataclan, Paris (16/01/2009)


La déception est toujours à la hauteur de nos espoirs
Animal Collective c’est le phénomène du moment chez les bien-pensants du bon goût musical. Quand le groupe propose un concert parisien, en ce début 2009, les places sont alors prises d’assaut rapidement. Surtout quand on est à quelques jours de la sortie officielle d’un Merriweather Post Pavilion dont on se gargarise déjà dans les Inrocks et autres médias prescripteurs du « Non mais toi t’écoutes pas ça ? ‘spèce d’arriéré musical va ! ». On va donc à un concert d’Animal Collective comme on donne quelques sous à une bonne œuvre, sans trop savoir à quoi elle sert, pour se donner bonne conscience. L’intérêt n’est pas ici humanitaire mais purement pour avoir ce sentiment prestigieux que nous faisons partie de l’élite qui a tout compris aux morceaux expérimentaux de ce trio new-yorkais plus électronique que rock. Fort heureusement, le public duBataclan n’est pas seulement constitué d’imposteurs, il y a aussi quelques téméraires. Ceux qui ne connaissent pas et se disent que « Wahoo on en parle de telle façon que forcément on se rend là au concert de l’année ! ». Qu’ils sont mignons dans leur naïveté et leur candeur concernant l’Animal Collective ! Ils espèrent assister là au show miraculeux, le concert coup de foudre. Ce fameux concert qu’on ressort inlassablement quand on évoque son amour immodéré pour un artiste. Ils se voient déjà en train de conter à leur entourage des années durant : « C’était ce soir de janvier 2009 durant ce concert exceptionnel du Bataclan que j’ai tout compris au génie du groupe ! ». Et puis, parmi toute cette masse informe d’auditeurs, se trouvent çà et là des personnes qui aiment déjà énormément Animal Collective. Ceux qui ont pris le temps d’apprécier leur travail particulier. Ceux qui écoutent inlassablement et avec beaucoup de plaisir toutes ces chansons à base de blip blop, de cris stridents, de pseudo-mélodies « bontempistes ». Ceux-là viennent, ce soir, juste avec l’envie de découvrir les versions live de morceaux tant écoutés sur albums.
Qu’importe le bontempi pourvu qu’on ait le génie
Quand arrivent sur scène les trois bonshommes d’Animal Collective, qu’ils se placent de manière à ce que le regard d’aucun ne croise le regard de l’autre, que l’interaction avec le public est de l’ordre du néant, je conçois qu’on puisse être quelque peu surpris et désappointé. Il est évident que niveau prestation scénique on repassera : les éclairages minimalistes aux coloris improbables n’apportent pas grand-chose si ce n’est rendre dingues les rares personnes étant là pour immortaliser sur photos la soirée. Geologist et sa lampe frontale ne rendent pas l’ensemble plus communicatif. Avey Tare, dont on distinguera le visage un millionième de seconde, n’est pas du genre exubérant. En grand timoré, il passera la soirée à jouer quelques parties à la guitare, de côté, tête baissée ou ira faire quelques percussions dos au public. Il n’y a guère que Panda Bear, bien à l’abri derrière ses claviers pour tenter un simili d’échange avec le public lors de ses moments de chants.
Mais est-ce bien là l’intérêt pour un tel concert ? Quand on connaît les morceaux, quand on sait comment fonctionne le groupe, notre seule envie est de voir comment Animal Collective s’en sort pour nous proposer des versions live de morceaux déjà fascinants sur album. Bien sûr, tout n’est pas génial, la version de “Lion in a Coma” est quelque peu gâchée par des samples dépréciant l’originalité instrumentale de la version studio. Quelques morceaux de l’EPWater Curses sont par contre présentés de manière fort efficace tout en cassure de rythme, montée en intensité loufoque. Quasiment tout le nouvel album est présenté et les meilleurs morceaux ne déçoivent pas : que ce soit avec “Brothersport”, “Guys Eyes” ou le “My Girls” final, on retrouve l’essence même de ce qui fait l’attrait pour un tel groupe. Ce qui pourrait paraître du n’importe quoi, du pénible et lassant pour certains est en réalité nettement plus complexe. Le principal intérêt réside dans le côté répétitif d’un son, d’un bruit, d’une voix, d’un cri. Il ne faut pas chercher de mélodies joyeuses ou tristes, il faut se les créer dans son propre inconscient à partir des bribes que nous apportent les New-Yorkais. C’est à ce niveau là que réside l’interaction groupe-public. Ça passe ou pas. On adhérera à certains morceaux mais pas à tous. Et les fois où on entre dedans, on ressent une forme de jouissance à vivre là, à quelques mètres de ces véritables génies, la folie créatrice qui a conduit à faire de leurs sons et autres bruits des morceaux pour le moins fascinants.
Que l’on ait détesté cette soirée, que l’on ne soit pas du tout réceptif à ce que le groupe a proposé, qu’on trouve abusée l’extrême pauvreté de la prestation sur scène est un fait avéré partagé par de nombreux spectateurs du Bataclan. Pourtant d’autres sont ressortis de là ravis. Non pas parce qu’ils avaient assisté au concert hype du moment mais parce qu’ils partageaient enfin en vrai avec ces artistes géniaux des morceaux écoutés en boucle tous ces derniers mois. Il s’agissait là de l’aboutissement heureux d’une forme d’écoute intensive et laborieuse.
Certains savent que plus jamais ils n’iront voir ce groupe en concert, d’autres, quant à eux, se disent que dans moins de deux mois ils y retourneront avec le même enthousiasme qui les a conduits ce vendredi soir au Bataclan.