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samedi 11 novembre 2017

Peter Kernel & Their Wicked Orchestra - Stimultania, Strasbourg (24/10/2017)


L'indéfinissable duo Peter Kernel (Barbara Lehnhoff et Aris Bassetti) proposait quelques dates françaises avant la sortie d'un prochain album prévu pour le printemps 2018.

Dans le cadre du Festival Supersounds d'automne, l'association Komakanette les avait programmés pour jouer dans le cadre feutré de la galerie photos Stimultania.

Accompagnés par les musiciens de Their Wicked Orchestra, l'ensemble du groupe officie (parfois tour à tour) au violoncelle, violon alto, clavier harmonium, clavier piano ou encore à la harpe. Chaque titre démarre de façon épurée avec une rythmique puissante où se mêlent un chant vigoureux et de délicates envolées de cordes offrant ainsi une atmosphère à la fois nerveuse et éthérée.

L'ensemble réussit à séduire un public déjà conquis par la gentillesse et la simplicité du groupe.
Les deux concerts proposés ce soir-là permirent aux spectateurs de profiter dans des conditions privilégiées de concerts enchanteurs.

dimanche 20 mars 2016

The Altered Hours - Stimultania, Strasbourg (19/03/2016)



Le Barathon 2016 organisé par la Fédération Hiéro Strasbourg proposait de débuter cette soirée marathon bars et concerts par un  groupe irlandais The Altered Hours.
C'est au Stimultania, une nouvelle fois, qu'il fallait être pour assister au set énergique du quintet. Après plusieurs EP, le groupe vient tout récemment de sortir son premier album In Heat Not Sorry : promesse d'un répertoire conséquent de morceaux, aux envolées parfois shoegaze, portés par une rythmique ébouriffante. 

Durant 60 minutes une douzaine de titres se sont enchainés dans l'incandescence de guitares nerveuses accompagnées de lignes de basse enivrantes. The Altered Hours nous ont offert un concert de belle facture surfant sur des morceaux aux ambiances rock psychédéliques qui ne révolutionneront pas le genre, certes, mais qui restent finalement toujours aussi efficaces surtout quand ils sont interprétés avec la fougue rageuse de ces jeunes irlandais.



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samedi 19 mars 2016

Matt Elliott - Stimultania, Strasbourg (17/03/2016)


Au lendemain d'un concert nostalgie façon "anciennes gloires sur le retour" de Louise A.  à la Laiterie, c'est un autre come-back nettement plus touchant qui nous fut offert au Stimultania (merci à Komakino & Co).

La galerie propose actuellement une disposition de salle permettant l'accueil d'un large public et c'est tant mieux pour les amateurs du grand Matt nombreux et toujours présents  à chacun de ses passages dans la capitale Alsacienne. 
Fidèle à lui-même notre grand gaillard n'est pas en grande forme physique : quand il n'est pas malade, il est fatigué. Quoi de plus normal pour quelqu'un qui crapahute pas mal et a semble-t-il avalé bon nombre de kilomètres dans la journée. En même temps je vois mal un concert de Matt Elliott débutant par une arrivée toute guillerette de l'artiste. Je pense qu'il est nécessaire d'être toujours dans un état de quasi souffrance pour arriver à si bien transmettre au public la mélancolie et le pessimisme qui émaillent chacun des morceaux qui nous sont présentés. Les extraits du tout récent album The Calm Before se dévoilent de façon minimaliste dans le cadre intimiste du Stimultania. Matt Elliott,  par un jeu de guitare folk aux sonorités parfois andalouses ou d'Europe de l'Est, égraine quelques longs morceaux berçant d'abord l'auditoire pour l'emporter dans des bourrasques sonores intenses. Un ancien titre nous rappelle aussi les prouesses du musicien en terme d'electro folk. Conclusion plus festive avec une reprise du morceau populaire grec "Mirsilou" ... "festive" façon Matt Elliott bien entendu dans une réinterprétation élégamment torturée. 

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jeudi 24 avril 2014

HONOLULU - Stimultania, Strasbourg (23/04/2014)


Hier il y eut deux événements notables à Strasbourg : l'un des premiers orages de l'année et le duo strasbourgeois HONOLULU en concert dans la galerie Stimultania. 

HONOLULU est un étonnant side project né de la rencontre d'un vieux briscard de la scène indé marginale strasbourgeoise et d'un jeune premier issu de l'écurie Deaf Rock qui fit ses premières gammes emo rock au sein des Electric Suicide Club. Au delà de ce qui aurait pu n'être qu'une grosse blague d'un soir, c'est un projet sérieux que mènent les deux garçons : avec enregistrement et sortie du EP Haleakala, une vidéo officielle dans l'esprit bien déjanté du groupe et même une mini tournée! 

C'est à la suite du set, plutôt honnête,  du groupe de math rock nantais ROOM 204, que HONOLULU nous a proposé un concert fort réjouissant. Comme cela fait du bien dans la grisaille sociale actuelle, de profiter de morceaux emo rock potaches. Avec des mélodies légères, une rythmique joyeuse, des sonorités bontempi et un chant énergique, les morceaux de HONOLULU offrent un intermède ensoleillé et un avant goût de grandes vacances. Potaches ne signifiant pas je-m'en-foutiste c'est avec une certaine rigueur et un souci du détail en terme d'accessoires et de costumes de scène que le duo hors catégorie a fait joyeusement vibrer les nombreux spectateurs présents hier soir.


dimanche 1 décembre 2013

Laetitia Shériff - Stimultania, Strasbourg (01/12/2013)

Pour ce premier décembre dans la capitale alsacienne, l’attraction familiale la plus sympathique était sans nul doute de se rendre au concert d’une pétillante rockeuse underground française. Afin de clore sous les meilleurs auspices le week-end, Laetitia Sheriff répondait à l’invitation de l’associationKomakino pour nous présenter un set fort bien mené dans le cadre de laGalerie Stimultania. Laetitia Sheriff fait partie de cette mouvance d’artistes qui allient talent et sympathie et que l’on trouve du côté de Rennes (comme les : Olivier Mellano, Robert le Magnifique, Gaël Desbois, Liz Bastard, Arm et bien d’autres encore). Ce que l’on aime chez Laetitia, c’est la redécouverte permanente d’une artiste fraîche dotée d’un dynamisme revigoré à chacune de ses réalisations personnelles ou des projets collectifs auxquels elle participe. Sorte de Scout Nibblet version sage, tous ceux qui ont eu le chance de côtoyer cette jeune femme atypique sont unanimes : cette fille-là, elle est géniale ! Drôle et généreuse, Laetitia c’est le genre de fille qu’on aimerait toutes avoir comme copines ou dont on pourrait être secrètement amoureux. En plus c’est une sacrée rockeuse, pugnace et charmeuse ! C’est dire l’attractivité de la demoiselle.
Pour cette "mini" tournée en attendant un nouvel album pour 2014, Laetitiaest accompagnée de Nicolas Courret à la batterie et de Thomas Poli à la guitare. Pour ce concert de fin de journée, le trio nous a offert une succession de morceaux pêchus avec quelques plages nettement plus douces sur la partie finale du set. La dizaine de titres joués a su enthousiasmer aussi bien le (très) jeune public jusqu’aux fans les plus aguerris en passant par Monsieur Patate. C’est dire si le charme et le talent de Laetitia Sheriff sont universels.

Setlist du concert

dimanche 17 février 2013

The KVB - Stimultania, Strasbourg (17/02/2013)


La combinaison était bien alléchante pour un samedi fin d’après-midi. Une soirée proposée par Komakino & Kloser, dans le toujours fort agréable Stimultania pour un concert estampillé wave shoegazienne.
Le duo mené par le ténébreux Klaus Von Barrel navigue en eaux connues avec des morceaux dark-synth-wave qui ne sont pas sans rappeler quelques illustres aînés à la sauce Jesus & Mary Chains & Co. L’univers de The KVBest singulièrement attrayant. C’est sombre, froid, glacial même... tout en distillant des mélodies légères et accrocheuses. Ce samedi soir, le contraste était saisissant entre la cold wave britannique que nous offrait The KVB au milieu des clichés fiévreux et féroces de l’exposition This Must Be The Place (visible jusqu’au 17/03/2013). Rien de véritablement novateur ou révolutionnaire dans ce concert empreint de spleen shoegazien qui nous a pourtant charmés par la qualité des morceaux proposés et l’interprétation habitée du jeune K.V.B.
L’album Immaterial Visions sera disponible à compter du 26 février 2013.
Une idée de ce que donne The KVB en live :

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vendredi 2 novembre 2012

Møller-Plesset + ChooChooShoeShoot - Stimultania, Strasbourg (01/11/2012)


Photo Noisy Town

En ce jour férié et cette veille des morts, il y avait pourtant une belle vitalité hier au Stimultania grâce à une programmation de choix proposée par l’association Kloser. Les rennais de Møller-Plesset démarraient la soirée au son d’un math rock noise puissant. Les deux chanteurs aux timbres particuliers offraient chacun une tension unique aux différents morceaux interprétés secouant ainsi efficacement le public du Stimultania. Le groupe officie depuis déjà de nombreuses années et a l’expérience de la "scène" : ça se sent, ça s’entend. Bel enchainement de titres auquel s’ajoute une puissance tortueuse et redoutable.
* * *

Photo Noisy Town

ChooChooShoeShoot viennent de Nantes. L’idéal est de les découvrir en live tant on n’imagine pas la fureur déjantée qui se cache derrière l’apparence bien sage de ces lascars. Derrière un look BCBG jupe, talons, chemisier blanc, la délicieuse chanteuse se révèle une tigresse impressionnante. Totalement habitée par les guitares acérées, les riffs entêtant et la rythmique tranchante de ses compagnons de jeu, la jeune femme délivre des interprétations féroces.ChooChooShoeShoot captive un public sous le charme d’une formation un peu timbrée assurant un set d’une qualité rappelant les meilleurs groupes de rock brut et oppressant.

mardi 20 mars 2012

Xiu Xiu - Stimultania, Strasbourg (19/03/2012)


Parmi les concerts phares du Festival Supersounds proposé par Hiéro Colmar il y avait la venue de Xiu Xiu à Stimultania. Hasard bienheureux : c’est au cœur de la toute récente exposition de photos de Norbert Ghisoland que le concert prenait place. Un écorché vif, véritable tourmenté de la vie au milieu de portraits à haute charge émotionnelle, voilà de quoi offrir un concert intense. Le cadre est excellent, en effet, pour s’imprégner au mieux de la tension des morceaux de Jamie Stewart et de ses interprétations en quasi transe. [L’homme a la paupière qui tressaute et la pupille fuyante lorsqu’il chante yeux mi-clos : impressionnant !]. Il est attachant et vraiment fascinant Jamie tant il semble tiraillé entre son côté obscur-torturé et une facette plus légère quand on l’observe ranger son étui à guitare tout mimi, porter ses baskets aux allures de pastèques (vertes et roses à pois noirs) et utiliser ses innombrables médiators roses. Il en a fait grand usage en en cassant un par morceau en moyenne, c’est dire l’énergie que le bonhomme déploie lorsqu’il joue. Pas mal de titres du récents Hi ! ont été interprétés ainsi que la reprise du morceau de Joy Division "Ceremony". Le groupe conclut par l’un des titres emblématiques de Xiu Xiu : "I Luv The Valley Oh" [Pour l’anecdote, un coup d’œil furtif en début de concert sur la setlit, je devine un cœur en bas de page, un cœur qui ne peut-être qu’un pictogramme pour CE morceau MAIS si c’était juste un cœur pour décorer la feuille quelle déception ce serait ! Autant dire que j’ai passé tout le concert obnubiler par cette histoire de cœur et que les premiers accords du morceau final ont été une délivrance de mon esprit tout aussi tordu que celui deJamie.] Alors difficile de faire preuve d’objectivité tant l’artiste est un personnage étonnant qui fascine (à lire cet excellent article écrit par deux amis de Playlist Society : Xiu Xiu : entre cynisme et romantisme). Certains, peu habitués aux prestations live en galerie d’art, qui espéraient sans doute un concert de salle ont pu être déçus (j’ai entendu des "mais y a même pas eu de rappels ! c’étaient quoi ces éclairages et ce son tout naze ?!). Forcément on ne peut pas avoir à la fois une proximité liée à l’intimité du lieu et une prestation telle qu’on peut la vivre dans une salle véritable. Effectivement, j’ai trouvé parfois le son limite notamment sur "Joey’s song" qui était par moment difficilement reconnaissable mais bon... Ce sont presque des détails insignifiants tant le moment que l’on vit à quelques centimètres des membres de Xiu Xiu reste un privilège que de nombreux autres spectateurs (ceux qui ont vu Xiu Xiu les jours précédents dans des vraies grandes salles) nous envient.
Quelques jours plus tôt à Londres :

Xiu Xiu - "Ceremony" (Joy Division cover)
Quelques jours plus tôt à Londres : Xiu Xiu  - "Ceremony" (Joy Division cover)
Xiu Xiu - "I Luv the Valley OH!"

lundi 13 février 2012

Michel Cloup (duo) - Stimultania, Strasbourg (12/02/2012)


Nul besoin de revenir sur l’appréhension émotionnelle qui accompagnait mon impatience de retrouver Michel Cloup en concert. Ce dimanche, à l’invitation de Hiéro Colmar, Michel était venu, avec son acolyte d’Experience,Patrice Cartier, présenter au public strasbourgeois son album solo Notre Silence. Un album à forte charge émotive pour une soirée qui le restera à bien des niveaux avec un après concert des plus particuliers (merci Pierre).
Dans la galerie Stimultania où pour quelques heures encore se trouvaient accrochées les photographies d’Algérie de Pierre Bourdieu, à l’endroit même où mes gamins d’école s’affairaient 48h plus tôt à réaliser des carnets de voyage,Michel Cloup et Patrice (la partie "duo" de l’aventure) avaient posé leurs instruments. Une soixantaine de personnes avait fait le bon choix d’affronter le froid pour venir se réchauffer cette fin de journée dominicale dans l’atmosphère toujours conviviale du Stimultania. Mélange de générations entre les quadras et plus, "Diabolo-nostalgiques", les trentenaires qui vibraient au son d’Experience et quelques plus jeunes ou autres curieux venus découvrir l’artiste ou le projet solo de Michel dont les nombreux retours élogieux impressionnent même le toulousain.
L’album est grave et la crainte de passer une soirée émouvante certes mais affectivement pesante est bien réelle. Une angoisse bien vite oubliée par les premiers mots prononcés par Michel Cloup, il évoque la perte, la tristesse qui ont inspiré ses morceaux mais assure qu’il ne va pas proposer quelque chose de triste. Avec ses mots, tout aussi justes que les paroles de son album, il nous convie à son voyage. La tension guitare-batterie surpasse les propos auxquels on s’accroche beaucoup moins que lors d’écoutes personnelles. Entre chaque titre les phrases de Michel se veulent légères tout en gardant un caractère grave, il explique le cheminement du voyage morceau après morceau (et moi-même je comprends enfin la signification véritable d’ "Un film américain" qui m’avait jusqu’alors échappé). En même temps il nous laisse la possibilité de nous approprier chacun de ses morceaux avec nos propres expériences liées à la perte, au chagrin ou toutes ces petites réjouissances de vie. Au delà d’une simple présentation live des pistes de Notre silence, le duo propose des moments aux sonorités expérimentales intenses presque aussi douloureuses que les paroles que Michel nous a assénées pendant plus d’une bonne heure. C’est la fin du set lié à l’album avec cette idée tellement réjouissante que la fin aussi cruelle soit-elle, on a toujours moyen de la transformer dans notre cœur et notre âme.
La fin justement, elle n’est pas tout à fait pour maintenant. Michel Cloup reviendra et offrira deux beaux cadeaux au public encore présent. En véritable solitaire il s’essayera à un morceau inédit. La thématique semble au premier abord nettement plus joyeuse puisqu’il s’agit presque d’une magnifique déclaration d’amour à la femme qui partage sa longue vie de couple (et sans doute tortueuse) mais pour laquelle Michel ne cesse de répéter "nous vieillirons ensemble" (ou quelque chose de ce genre, fichue mauvaise mémoire !). Plus réjouissant ou peut-être pas pour ceux et celles qui ont perdu la foi dans l’utopie du couple qui dure. Quoi qu’il en soit ce morceau, tout comme ceux de Notre Silence, mêle paroles intenses et mélodies puissantes. Pour clore de manière encore plus magique une soirée qui restera inoubliable c’est un retour aux sources avec une reprise d’un titre de Diabologum [que je n’aurais jamais cru possible il y a encore 6 ans tant évoquer LE GROUPE dont on devait taire le nom sur un certain forum semblait donner de l’urticaire à un Michel qui se nommait KoolMike - bises nostalgiques à mes ex-compagnons de l’Exp(army) ;) ]. Nous étions quelques-uns sourire bêta, larme à l’œil, près de 15 ans de moins au compteur à ne perdre aucune seconde de ces paroles extraites d’un #3 album mythique & hymne intemporel.

samedi 7 janvier 2012

John Makay + Papaye - Stimultania, Strasbourg (06/01/2012)


Cette veille de week-end, la galerie photos Stimultania avait permis à l’association Pelpass et la mystérieuse "MULTINATIONALE DE L’UNDERGROUND" de nous concocter une soirée bien trépidante. Dans le cadre de l’exposition Bourdieu (à voir absolument), au milieu d’une centaine de photos noir et blanc d’une Algérie d’un autre temps, deux groupes avaient pour mission de secouer le public strasbourgeois dans tous les sens en évitant tout de même de faire chuter trop de cadres de l’expo en cours.
La soirée s’annonçait agitée puisque les deux formations présentes évoluent dans les sphères bien intrigantes du math rock. Pas la peine d’entrer dans des détails techniques et pointus sur cette forme de rock où la rythmique s’impose, ce qu’il faut retenir c’est qu’il s’agit là d’une musique dans laquelle il n’est pas toujours aisé d’entrer. Déjà si l’on sent poindre la migraine du siècle en fin d’aprèm, il vaut mieux éviter ce genre d’expérience de concert où chaque coup de batterie résonne intensément dans notre petit crâne et les guitares ou basses semblent plus être maltraités que cajolés !
Ce sont les deux sympathiques garçons de John Makay qui débutaient la soirée. Ils sont drôles, nous font une explication détaillée du concert (très pédagogique comme approche). Certains morceaux sont censés parler d’Amour, vu le contenu ils nous les auraient présentés comme inspirés par la dernière tarte aux pommes de leur grand-mère ça passait tout pareil. Les deux acolytes deJohn Makay manient la dérision de manière charmante. La première partie du set était basée sur quelques anciens morceaux du duo. Il m’a fallu quelques titres pour entrer avec un réel plaisir dans le concert mais une fois conquise les derniers anciens morceaux et la seconde partie avec des inédits s’appréciaient intensément.
Ce fut ensuite au tour du trio de choc Papaye d’investir la galerie. Trio de choc parce que chacun des membres de Papaye officie déjà dans quelques autres groupes. On retrouve au sein de la formation : JB, batteur de Pneu, Mric, guitariste de Room 204 et Franck, guitariste de Komandant Cobra. On sent le trio bien rodé sans doute parce qu’ils tournent ensemble depuis déjà un bon moment. Ils ont à leur actif des morceaux d’une efficacité impressionnante. Il y a certes cette rythmique et cette puissance propres à la musique math rock mais s’ajoutent à leur palette des montées en puissance subtilement menées (et oui math rock n’est pas forcément synonyme de gros patatapoum bourrin).Papaye impressionne et se savoure sans modération !

lundi 7 novembre 2011

PNEU - Stimultania, Strasbourg (06/11/2011)


Photo Polaroid Corporation

Un dimanche soir au Stimultania. Un festival : Musiques volantes. Un groupe surpuissant : Pneu ! Un qualificatif qui colle à la peau de ce duo math rock comme la sueur au front de ses deux protagonistes. Le compte-rendu sera succinct et un peu télégraphique [pour cause de vies multiples et de temps réduit en conséquence]. Comme d’habitude Pneu aime jouer sur l’intime mais de l’intime un peu bourrin : on s’aime, on s’adore, on se fait mal. On se colle, on se mélange jusqu’à devenir une entité monstrueuse mue par les seules rythmiques et autres saccades que le groupe délivre sans temps mort. La musique nous pénètre (au sens propre) jusqu’à faire vibrer nos corps, nos coeurs et nos oreilles. L’expérience est d’autant plus intense que le confinement du Stimultania et la chaleur due au public nombreux s’ajoutent à la violence des morceaux proposés. C’est intense, rude parfois, flirtant même à la limite du supportable (Je crois que je n’ai plus l’âge de tels bouleversements sonores à l’heure d’un thé dansant.). Et pourtant, on prend un plaisir certain à se laisser violemment chambouler par deux types en short qui maltraitent guitare et batterie. On se découvre des tendances masochistes. Fais-moi mal : j’adore ça !Pneu décape, Pneu secoue ardemment et l’on en redemande.

mardi 1 novembre 2011

Dirty Beaches - Stimultania, Strasbourg (31/10/2011)


Pendant que les p’tits zenfants erraient dans les rues de Strasbourg déguisés en sorcières, squelettes et autres zombies, c’est un bien joli monstre qui attendait notre venue à la galerie Stimultania. Dans le cadre du Festival Supersound 2011, Hiero Colmar avait prévu une soirée rock & roll étrange avec la présence du ténébreux Dirty Beaches.
Franchement on se demande pourquoi tout le monde se pâme devant Alex Zhang Hungtai (c’est le vrai nom de Dirty Beaches). Bon ok : il a un joli profil, une mèche brune qui lui cache la moitié du visage [air sombre et mystérieux... miam], une petite moustache, des bras musclés et des tatouages assez sympas... mouais mouais... Ok*bis* : il a une présence scénique assez attractive, un déhanché pas désagréable et une voix qui semble hantée par les fantômes d’Elvis Presley ou de Jim Morrison. Franchement j’comprends pas ce que que tout le monde lui trouve : AUCUN effet sur moi ... enfin presque aucun effet ! On se dit que le jeune homme suscite depuis des mois un engouement un peu exagéré, que sa présence dans la plupart des festivals d’été ou tout récents (Ce fut un artiste du Pitchfork festival à Paris) tient plus du buzz qu’autre chose. Vu le monde présent hier soir à la galerie Stimultania [certains le regretteront, d’autres s’en réjouiront] l’enthousiasme à venir l’écouter ou le découvrir ne faiblit pas. Finalement on comprend assez vite que Dirty Beaches dégage un charme non seulement physique mais tout aussi musical devenant bien vite ravageur. Il y aura toujours des réfractaires, des qui resteront hermétiques aux quelques prouesses de l’artiste. Il faut pourtant reconnaître qu’un concert de Dirty Beaches a un petit quelque chose d’atypique. Avec quelques boucles, sa guitare, la présence d’un musicien saxophoniste le Taïwanais Canadien d’adoption crée des ambiances diverses parfois inquiétantes ("Black Nylon"), limites crooner sur "Lord Knows Best" ou complètement sauvages avec dans les rappels une interprétation débridée de "Sweet 17". Concernant l’interprétation parfois habitée, je craignais le "trop", le limite caricatural. Dirty Beaches sait user avec parcimonie des moments où il fait revivre quelques fantômes sixties pour vite reprendre une posture plus discrète et actuelle dissimulé derrière sa longue mèche noire. C’est un set bien souvent énergique et lumineux que nous a offert le charmant garçon. Trop lumineux mais cette fois du côté de la salle pour quelques spectateurs plutôt friands des lieux obscurs tel le Mudd Club [Au passage s’y jouent ce soir dès 20h30 les concerts Crash Normal et Barehands.] Cela ne m’a guère gênée, bien au contraire : il aurait été dommage de ne pouvoir profiter au maximum des atouts sonores et visuels offerts hier soir par un Dirty Beaches en belle forme.

En dernier album Dirty Beaches ça donne cela :

mercredi 19 octobre 2011

Conquering Animal Sound - Stimultania, Strasbourg (19/10/2011)


Photo Nelly Grandjean 

Il faisait bon se rendre à la galerie Stimultania hier soir. Non pas pour le plaisir masochiste de déambuler dans la rue Kageneck par un temps devenu glacial. Le petit bonheur de ce début de soirée fut signé Conquering Animal Sound : duo écossais à la pop électronique délicate programmé dans le cadre du festival Supersound Hiero. Autant être honnête : après de très nombreuses écoutes de leur précédente réalisation Kammerspiel, je m’attendais à un set sympathique mais flirtant rapidement du côté de l’ennui voire de la mièvrerie. En fait, non ! Déjà James Scott et Anneke Kampman ont interprété assez peu de morceaux de leur récent album laissant la part belle aux réalisations inédites et séduisantes. Mais surtout la part électronique s’est révélée nettement plus attractive lors du passage en live qu’à l’écoute sur disque. Alors est-ce le côté interactif et la curiosité d’observer les bidouilles du couple qui fascinent ? Quoi qu’il en soit, durant l’heure de concert, le plaisir suscité par des interprétations magiques a su maintenir un même niveau d’intensité. Tout en distillant une musique aux arrangements raffinés, véritables petits écrins à la voix toute aérienne de Anneke Kampman, le duo fait preuve d’une rigueur extrême dans ses interprétations. Le set est carré, bien réfléchi et parfaitement mené. Une apparence un peu scolaire peut-être mais d’une belle efficacité qui nous a procuré une parenthèse de milieu de semaine d’une rare douceur.

Le morceau "Maschine" fut interprété en rappel (extrait du concert parisien du début de mois) :

vendredi 7 octobre 2011

Aucan - Stimultania, Strasbourg (07/10/2011)


Aucan c’est vraiment la bonne surprise live de la rentrée. La grosse claque diront certains. Il y a un mois nous pleurions l’annulation de la prestation de Battles à La Laiterie ; nous n’imaginions pas que l’association Komakino nous offrirait quelques semaines plus tard une compensation exceptionnelle en programmant à la galerie photos Stimultania un trio italien tout aussi percutant que les regrettés américains. Une chose déroutante avec Aucan pour ceux qui les découvraient en live hier soir : leurs morceaux en concert sont assez éloignés des ambiances post-rock mélodiques que l’on peut entendre sur album (Black Rainbows à écouter via Bandcamp). Je ne sais pas pourquoi je m’attendais à un concert certes puissant mais dont l’atmosphère générale flirterait plus du côté de l’"ambient" et du post-rock que du math rock. Autant dire que le survoltage rythmique des trois jeunes hommes dès les premières notes délivrées dans un Stimultania bondé a eu un effet délicieusement dévastateur. Les garçons aux sweets à capuche gris débordent d’énergie et ce n’est pas le public averti qui s’en plaindra. Alors il semblerait que les puristes [les sectaires] leur reprochent de mêler à la base rythmique math rock du groupe la présence de synthés erratiques. Quoi qu’on en pense cela ne choque guère. Bien au contraire ce mélange des genres apporte une identité propre au trio italien qui permet justement de ne pas les considérer comme des énièmes clones des Battles de référence. Pendant une heure les encagoulés ont déversé un flot impressionnant de décibels régalant un public strasbourgeois rapidement conquis. Le concert du Stimultania semblait être l’une (la ?) des premières dates de la tournée franco-européenne des italiens, cela laisse songeur quant aux prestations à venir par ailleurs. A ne surtout pas rater.
En images qui bougent (extraits de la tournée 2010 et 2011) :

mercredi 15 juin 2011

Alone With King Kong + The Yokel + Old Seed - Stimultania, Strasbourg (14/06/2011)

C’était une bien sympathique soirée que nous avait concocté l’ami Bobby Kent aidé en cela par l’association Komakino. Pas moins de trois groupes ou artistes se produisaient ce mardi soir dans la Galerie Stimultania. Apparemment deux étaient prévus à la base mais des aléas de dernières minutes nous ont permis de profiter de trois concerts pour le prix de 2. On ne se plaindra pas d’autant plus que chacun d’eux fut un chouette moment. C’est AWKK qui débuta la soirée. En solo Alone With King Kong, tout droit venu de Metz, nous a offert ses morceaux aux mélodies accrocheuses et à la voix cajoleuse. Le garçon est amusant et sait accrocher immédiatement l’auditoire. Un album est prévu pour l’automne prochain, en attendant on peut profiter des morceaux d’un EP disponible via Bandcamp. Ce fut ensuite au tour du duo The Yoke de prendre place sur les tabourets du Stimultania. Eux-aussi viennent de Metz et proposent des ballades folks aux accents américains. C’est avec simplicité et fraîcheur que Lulu et Tibo sont parvenus à créer autour d’un public attentif une ambiance chaleureuse et détendue. Craig Bjerring qui incarne à lui seul le projet Old Seed semble être un sympathique doux dingue. Le voilà qui vient chercher le public (qui prenait un bain de fraîcheur) dans la rue guitare à la main. Un morceau sera joué entièrement à l’extérieur pour le plaisir de quelques curieux venus jeter un œil depuis leur balcon. Ensuite, dans le cadre plus intimiste de la galerie, Old Seed présentera un répertoire aux morceaux empreints d’une douceur touchante. Le set du canadien possède cette capacité quasi magique de titiller instantanément la fibre sensible de l’ensemble des spectateurs. On oscille entre humour et poésie. la reprise de "Still Loving You" de Scorpion est assez cocasse et l’on se plaît à sourire lorsque Craig Bjerring calque ses accords sur la rythmique inattendue délivrée par les déplacements d’une femme aux talons sonores !
Nous avons rarement l’occasion de passer de si longues soirées au Stimultania et pourtant tout nous a semblé bien trop rapide. Nous en aurions bien profité quelques temps supplémentaires si il n’avait pas fallu faire cesser les réjouissances sans doute pour respecter les obligations liées aux nuisances sonores.

dimanche 27 mars 2011

Tu Fawning - Stimultania, Strasbourg (26/02/2011)


Il y avait une grande effervescence ce samedi soir au Stimultania dans l’attente du concert de Tu Fawning. Déjà, pour la première fois en ce lieu, l’association Komakino proposait deux concerts à suivre (avec la prestation ciné-concert Baby Boy Franky par SZ en seconde partie). Mais surtout nous étions nombreux, adorateurs de Joe Haege (guitariste hallucinant des 31knots et contributeur chanceux des Menomena), impatients de découvrir ce tout récent projet porté depuis plusieurs mois par Haege et sa charmante compagne . Tu Fawning est en fait un quatuor, l’an passé le groupe sortait un premier album étrange et sympathique : Hearts On Hold. Dans le cadre du projet Tu Fawning, on découvre un Joe Haege presque à contre-emploi : l’homme y évolue posément et passe tranquillement de la batterie à la guitare accompagnant parfois d’un chant délicat les interprétations de sa blonde moitié. Les morceaux évoluent dans une espèce de rock-cabaret intemporel. Parfois quelques samples aux sonorités lointaines apportent une ambiance plus exotique. Corrina Repp possède une voix superbe qui lui permet d’envoûter insidieusement l’audience (Étonnamment ce charme vocal constaté hier soir ressort plutôt mal sur la vidéo de la prestation du groupe à la Route du Rock hiver - cf ci-dessous.). J’aimais beaucoup le disque, j’avais été assez déçue par le concert proposé par Artelive web, hier soir le groupe a retrouvé toute ma confiance offrant avec finesse des morceaux hypnotiques aux ambiances étranges.
Corrina Repp


lundi 14 mars 2011

Chelsea Wolfe – Stimultania, Strasbourg (14/03/2011)



Autant dire qu’entre les chroniques émoustillantes de l’album The Grime And The Glow et les retours enthousiastes des premières prestations françaises de la jeune californienne Chelsea Wolfe, l’impatience était grande de croiser enfin la jeune femme sur scène. 
C’est un public strasbourgeois averti qui s’était donné rendez-vous ce soir à la galerie Stimultania pour profiter de l’aubaine. Encore un joli coup de programmation de la part de l’association Komakino pour ce début d’année 2011. Faire venir l’étonnante prêtresse de la dark-folk dans le cadre du Stimultania, on ne pouvait espérer meilleur endroit pour profiter au mieux de l’ambiance sombre lo-fi psychédélique qui accompagne la jeune artiste et ses morceaux tourmentés. Chouette disposition de salle d’ailleurs avec un recoin face à la scène rendant la proximité encore plus intime. Elle est touchante la demoiselle en noir avec sa panoplie semi gothique. Visage caché derrière un voile façon mantille, Chelsea Wolfe nous convie dans un bel univers de musique "goth-folk-experimentale" comme elle aime à la décrire. Allez savoir pourquoi, les interprétations de Chelsea m’ont rappelé par moment les ambiances tristes de morceaux de This Mortal Coil. Beaucoup moins lo-fi que je le craignais, nettement plus expérimental que je l’imaginais, c’est un set envoûtant qui nous fut proposé avec quelques morceaux très efficaces dont l’incontournable "Moses". La discrétion charmante de la plus gothique des californiennes a su toucher profondément un public qui n’oubliera pas sa (première) rencontre avec la dame en noir.

dimanche 28 novembre 2010

Caspian – Stimultania, Strasbourg (28/11/2010)


Autant dire que les Caspian en concert, qui plus est dans le cadre relativement intimiste du Stimultania, cela restera un souvenir puissant parmi les meilleures soirées offertes par Komakino. Se dire qu’on a payé seulement 3 euros pour bénéficier d’une telle prestation, on aurait presque honte de dépenser parfois dix fois plus pour des concerts foutages de gueule proposés par ailleurs. Quand on arrive, les cinq membres de Caspian sont tous scotchés au fond de la salle à leurs ordis, Iphone... à se demander si on ne tient pas là une belle brochette de glandeurs. Ils sont du genre musclés-tatoués avec un de leurs guitaristes doté d’une coiffure des plus improbables : sorte de mix entre le pétard de Robert Smith et la mèche de Justin Bieber. On s’attend à une prestation sympathique, ils le disent eux-mêmes cette date au Stimultania tombe au beau milieu d’une tournée dans des salles ou clubs de taille habituelle. Le concert a lieu un dimanche à 18h30 qui plus est, on va avoir l’indulgence d’une fin de we pour ce qui devrait être une date "intermède" pour les américains. Pourtant le matériel préparé dans la fond de la galerie impressionne avant même que le groupe ne commence à jouer. Pierre de l’association Komakino nous prévient : ça va jouer très fort. On en a déjà connu des concerts bruyants au Stimultania, on se doute bien qu’avec leur post-rock surpuissant ça jouera fort ! Mise en garde fort judicieuse effectivement : Caspian joue ULTRAFORT ! Et ce fut ULTRABON. Pendant une heure le groupe s’est démené pour nous offrir un concert d’une qualité impressionnante. Non seulement les titres proposés, anciens et nouveaux étaient d’une efficacité redoutable à retourner tous les coeurs lors de montées en puissance titanesques ou de ruptures rythmiques assassines. Mais la chose à laquelle je ne m’attendais absolument pas c’est la grâce incroyable avec laquelle ces balaises interprètent leurs morceaux. Jamais je n’aurais imaginé pouvoir écrire que Caspian en concert c’est tout aussi magnifique à voir qu’à entendre. Des costauds de la guitare, basse ou batterie qui parviennent à se mouvoir avec une telle symbiose et tant d’élégance c’est fascinant. Par moment on semblait voir face à nous une pieuvre avec à sa tête le batteur et ses tentacules guitares-basse. [Il convient à ce stade de l’article de préciser que je ne bois jamais et ne me drogue guère.] Le groupe semblait prendre un réel plaisir à jouer dans ce cadre et ces conditions particulières. Les membres de Caspian ont fait l’honneur de proposer au public du Stimultania un set inoubliable tant par la qualité de leurs morceaux que leur professionnalisme. Le soucis du perfectionnement qui séduit dans la construction de la plupart des titres se retrouve sur scène dans l’élaboration d’un set efficace et d’un final fort sympathique autour de percussions. Un concert qui ne fera pas regretter aux plus casaniers de s’être déplacés.