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dimanche 16 octobre 2011

Conquering Animal Sound - Kammerspiel




album sorti le 07 février 2011 chez Gizeh Records


Conquering Animal Sound est un duo originaire de Glasgow dont le premier album, Kammerspiel est sorti en février dernier. Si l’on se veut bienveillant, on qualifiera cette réalisation d’œuvre délicate aux boucles sonores (loops) envoûtantes. Kammerspiel offre quelques morceaux aux charmes indéniables avec certaines petites trouvailles sonores savoureuses. Il est agréable de se laisser bercer au son de la voix fragile et innocente d’Anneke Kampman . L’atmosphère musicale minimale et intimiste que James Scott élabore est souvent bien plaisante. Seulement voilà : onze morceaux à cette sauce ça devient vite lassant. Anneke a certes une belle et délicate voix mais elle manque cruellement de caractère (la folie d’une Björk ou l’espièglerie des CocoRosie). Ensuite la monotonie l’emporte vite sur la délicatesse. Malgré quelques pistes remarquables on s’ennuie cruellement à l’écoute complète de l’album. Il sera intéressant de profiter du groupe lors de son prochain passage à la galerie Stimultania dans le cadre du Festival Supersound 2011 pour se faire une opinion définitive.


Site Officiel

samedi 15 octobre 2011

Urban Junior - Kitsch’n bar, Strasbourg (14/10/2011)

Photo Nelly Grandjean

Pourquoi s’enquiquiner à monter un groupe quand on peut tout faire tout seul ? Ce serait un peu le credo d’Urban Junior, musicien suisse. Véritable homme orchestre, il ne prend guère de place le bougre. Un mètre carré lui suffit pour se déchainer sur sa guitare, sa batterie, ses petits instruments électroniques et mettre le feu à n’importe quelle salle ou bar. Vendredi soir le concert d’Urban Junior au Kitsch’n bar était la halte revigorante à ne pas rater pour ceux qui erraient dans Strasbourg au gré des animations proposées par l’Open Night de l’art contemporain. Après une escapade à la SemenceRIE, à l’Apollonia ... ou encore au Stimultania voisin et avant un saut au CEAAC pour les plus tenaces, la pause musicale du suisse déjanté valait vraiment le coup d’oreille. On m’avait narré la prestation du bonhomme l’an passé à Colmar lors du festival Supersound 2010 et, je dois bien l’avouer, j’étais assez sceptique m’attendant plus à un concert potache d’un zinzin comique qu’un véritable set musical. Ce que j’ignorais c’est que l’artiste était l’auteur de quelques LP de choix et tournait depuis déjà 2003. Autant dire qu’Urban Junior a de la bouteille et derrière ses facéties de vitrine, l’homme propose des morceaux terribles mêlant électro, guitare rock endiablée et rythmiques primaires . On navigue un peu dans tous les domaines qui font bouger les foules : du rock-garage à l’electro-clash. Semi-surprise du set proposé (puisqu’un certain Mr K. nous avait donné l’info avant le concert) une reprise assez dingue du morceau "Eisbär" de Grauzone (Stephan Eicher). Urban Junior est un artiste doué, réjouissant avec un brin de folie qui rend ses sets mémorables.
Site Officiel : Urban Junior - One man Band
Un idée du bonhomme en vidéo officielle :

La reprise "Eisbär" jouée ailleurs :

vendredi 14 octobre 2011

Yann Tiersen - Skyline


sortie prévue le 17 octobre 2011 chez Mute
Attention on nous prévoit une déferlante Tiersen pour les jours à venir ! Lundi prochain Yann Tiersen sort un (encore) nouvel album. Musicien prolifique, il ne lui a pas fallu un an pour donner suite à un Dustlane qui enthousiasma bon nombre d’auditeurs à la fois sur disque et en tournée (un bon souvenir de la Route du Rock 2010 d’ailleurs). Après un virage rock amorcé il y a plusieurs années, c’est du côté de l’expérimentation des musiques électriques que Tiersen aime dorénavant se perdre. Skyline offre une suite logique au travail amorcé avec Dustlane
"Mon idée était de jouer le contraste entre les parties électriques et assez denses et quelque chose de plus sobre, minimal, notamment les parties de piano et de cordes" explique le musicien. C’est entre Paris, San Francisco, et Ouessant, que l’album fut enregistré et mixé par Ken Thomas (Sigur RósM83David Bowie). Skyline déroute à la première écoute avec l’impression que l’album manque de cohérence et nous fait valdinguer sur des pistes proches de la bizarrerie sonore. Ils sont quand même étonnants les cris aboiements au démarrage de "Exit 25 Blok 20", on se croirait dans de l’Animal Collective. En y ajoutant les quelques samples vocaux et les sirènes répétitives : on aurait vite fait de trouver le morceau indigeste. Ce serait oublier le génie de Tiersen, sa touche particulière, qui est de parvenir à créer une dynamique mélodique toujours enthousiasmante quels que soient les arrangements ou les expérimentations sonores qu’il propose. Cet élan musical qui est propre aux réalisations du breton (depuis ses tous premiers morceaux) demeure au fil des albums d’une efficacité sans faille. Avec près d’un mois de pré-écoutes, Skylinese pose comme un album encore une fois fort réussi de Tiersen qui marquera à coup sûr la discographie de notre artiste breton le plus international.
La tournée européenne passera par le Trianon à Paris le 28 octobre et aux Rockomotives de Vendôme le 29 octobre prochain.

Extrait en vidéo :

mardi 11 octobre 2011

Male Bonding - Mudd Club, Strasbourg (11/10/2011)


Nathan Hewitt nouveau guitariste de Male Bonding / Photographie Nelly Grandjean

Pour une fois l’intuition fut excellente conseillère ! C’est avec un léger sadisme que j’imagine le désarroi de ces quelques-uns qui, à la lecture de ce qui va suivre, comprendront qu’hier soir malgré la fatigue, le milieu de semaine et le trop de choses à faire... il aurait mieux valu se remuer le popotin et filer en début de soirée jusqu’au Mudd Club. Il faut aussi dire que l’association Komakinoa eu un sacré flair (et/ou de la chance) de pouvoir programmer à la dernière minute l’un des groupes phares du mythique label de Seattle Sub Pop ! : les britanniques Male Bonding. Cette jeune formation vient de sortir son dernier album Endless Now encensé à juste titre par Pitchfork et Spin.
Bravo au Mudd Club d’avoir servi de point de chute à une soirée qui s’est révélée délicieusement festive. On ne mesure pas suffisamment cette chance enviable pour nous autres provinciaux de pouvoir profiter de tels groupes dans des conditions proches du concert privé. [ aparté | On se réjouit certes mais petit bémol : il devient de plus en plus évident qu’il manque sur Strasbourg un lieu véritablement conçu pour accueillir des concerts à "capacité moyenne". Les sets proposés dans les caves de bar ou les galeries photos ont un charme certain mais ne permettent pas des prestations d’une qualité sonore correcte et respectueuse des artistes accueillis. Ne parlons même pas du Molodoï qui convient mieux aux soirées "festives" ou étudiantes qu’aux concerts véritables et du Hall des Chars , lieu "de secours" sympathique mais un peu inadapté au live pur et dur. Espérons pour les années à venir une salle de concert mise à la disposition de toutes les associations dont la motivation sans faille et la débrouillardise permettent d’ouvrir le public strasbourgeois à des programmations pointues en musiques indé & autres. Ce ne serait pas du luxe et franchement mérité pour toutes ces années de labeur voire de combats menées par certains. ]
En tout cas ce fut hier la soirée des bonnes surprises ! D’abord par l’affluence d’un public relativement important bien qu’averti tardivement. Ensuite par un retour en grâce du Mudd Club où je n’étais pas retournée depuis l’été et dont je gardais quelques souvenirs éprouvants de concerts suffocants et de murs dégoulinants de transpiration. Hier soir on s’y sentait à l’aise appréciant au mieux l’ambiance avec un nombre idéal de convives présents. Enfin et surtout par une découverte scénique réjouissante d’un groupe qui a su faire vibrer de bout en bout le public avec des morceaux où se mêlaient rock, influences grunge, douceur hippie et mélodies pop. Nous avons ainsi pu apprécier l’une des meilleures qualités sonores pour un concert au Mudd Club. Male Bonding est à l’origine un trio. Le groupe s’est dernièrement enrichi de la présence d’un second guitariste Nathan Hewitt et je ne sais pas si c’est la moiteur de la salle, le charme du garçon... bref, sa présence hier sur scène m’est apparue comme évidente et indissociable de la qualité du set délivré. [Il serait d’ailleurs intéressant d’avoir des avis comparatifs de personnes ayant vu le groupe en format trio lors de la précédente tournée.] Les morceaux proposés, même si parfois répétitifs dans leur construction, se sont enchaînés sans temps mort n’offrant au public aucun répit, créant une addiction certaine et une intense frustration lorsque le concert s’est achevé. Une soirée intense qu’il ne fallait pas rater.
Prochaine date française :
- 14 octobre 2011 Lille (Aéronef)
Male Bonding sur album :

Male Bonding en live :



vendredi 7 octobre 2011

Aucan - Stimultania, Strasbourg (07/10/2011)


Aucan c’est vraiment la bonne surprise live de la rentrée. La grosse claque diront certains. Il y a un mois nous pleurions l’annulation de la prestation de Battles à La Laiterie ; nous n’imaginions pas que l’association Komakino nous offrirait quelques semaines plus tard une compensation exceptionnelle en programmant à la galerie photos Stimultania un trio italien tout aussi percutant que les regrettés américains. Une chose déroutante avec Aucan pour ceux qui les découvraient en live hier soir : leurs morceaux en concert sont assez éloignés des ambiances post-rock mélodiques que l’on peut entendre sur album (Black Rainbows à écouter via Bandcamp). Je ne sais pas pourquoi je m’attendais à un concert certes puissant mais dont l’atmosphère générale flirterait plus du côté de l’"ambient" et du post-rock que du math rock. Autant dire que le survoltage rythmique des trois jeunes hommes dès les premières notes délivrées dans un Stimultania bondé a eu un effet délicieusement dévastateur. Les garçons aux sweets à capuche gris débordent d’énergie et ce n’est pas le public averti qui s’en plaindra. Alors il semblerait que les puristes [les sectaires] leur reprochent de mêler à la base rythmique math rock du groupe la présence de synthés erratiques. Quoi qu’on en pense cela ne choque guère. Bien au contraire ce mélange des genres apporte une identité propre au trio italien qui permet justement de ne pas les considérer comme des énièmes clones des Battles de référence. Pendant une heure les encagoulés ont déversé un flot impressionnant de décibels régalant un public strasbourgeois rapidement conquis. Le concert du Stimultania semblait être l’une (la ?) des premières dates de la tournée franco-européenne des italiens, cela laisse songeur quant aux prestations à venir par ailleurs. A ne surtout pas rater.
En images qui bougent (extraits de la tournée 2010 et 2011) :

mercredi 5 octobre 2011

Boom Bip - Zig Zaj

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album sorti le 03 octobre 2011 chez Lex Records
Derrière Boom Bip se cache le producteur musicien américain Bryan Charles Hollon. Ce spécialiste des musiques expérimentales et électroniques a surtout marqué la première moitié des années 2000 avec ses propres réalisations. On pourrait craindre un énième album de musiques électroniques concocté en solitaire dans un home studio. Pas du tout. Zig Zaj est le fruit de multiples collaborations avec des musiciens croisés régulièrement dans les sphères de l’indie-rock voilà qui apporte une teinte rock fort appréciable. Au fil des 10 pistes on croise Alex Kapranos (Franz Ferdinand), Cate Le BonMikey Noyce (Bon Iver), Luke Steele (Sleepy Jackson), Josh Klingghoffer(Red Hot Chili Peppers) ou encore des membres de Warpaint. Les morceaux collaboratifs sont sans doute les plus réussis. Malgré une réalisation actuelle l’album est porté par une ambiance "nostalgie années 80" qui pourrait se révéler indigeste si elle n’était pas traitée avec la subtilité d’un Bryan Charles Hollon


dimanche 2 octobre 2011

We Were Promised Jetpacks - Act On Impulse

single extrait de l’album In The Pit Of The Stomach

sortie prévue le 04 octobre 2011 chez FatCat Records
Dans deux jours les écossais de We Were Promised Jetpacks sortiront leur second album : In The Pit Of The Stomach. Leur dernière réalisation était l’EPThe Last Place You’ll Look paru en 2010. Depuis le groupe tourne énormément. Comme leurs illustres compatriotes Mogwai, les garçons de We Were Promised Jetpacks savent manier les montées en intensité et délivrer quelques sonorités brutes ultra-percutantes.