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lundi 1 mai 2006

Dominique A - Festival Artefacts - Hall Rhénus, Strasbourg (28/04/2006)


Après le passage d’un trio de nipponnes furieuses, Dominique A et ses musiciens prenaient place sur la petite scène Club du Festival Artefacts de Strasbourg. Voir Dominique A en concert, c’était un peu un rêve d’adolescente qui se réalise enfin, pour moi qui ai suivi son parcours depuis ses débuts et ses diverses collaborations.
C’est un Dominique A imposant, tout de noir vêtu et un peu désabusé par la programmation du festival, qui se place sur le devant de la scène. Le set débute avec "Music Hall" extrait du dernier album qui déjà en impose. Puis presque a capella, avec sa voix si douce au timbre si particulier, quasiment intemporel,Dominique interprète "Pour La Peau" de manière très convaincante avec une fin noisy vraiment efficace. Et c’est ainsi que vont se mêler anciens morceaux et titres du dernier album comme le tubesque (dixit Dominique lui-même) "Dans Un Camion". Le concert va ainsi se poursuivre 1 h 30 durant devant un public de fidèles et de curieux tout à fait subjugués par les interprétations magnifiques deDominique A. Le set s’achèvera sur "L’Horizon", l’un des meilleurs morceaux du dernier album dont l’interprétation live donne une force et apporte un lyrisme supplémentaire aux si jolies paroles. Dominique reviendra pour un rappel de trois titres avec une version époustouflante du "Courage Des Oiseaux" à mi-chemin entre du rock noisy et une fin complètement rock électro.
Ce fut une première fois et ce fut un véritable coup de foudre pour cet homme incontournable et qui a tellement fait pour la scène rock française.
Et comme surprise supplémentaire, une heure plus tard, Dominique A viendra cette fois sur la grande scène (dont il s’est tant moqué lors de son set) rejoindreYann Tiersen pour interpréter un morceau issu de leur double collaboration.

dimanche 30 avril 2006

Sylvain Chauveau - Festival Artefacts, Strasbourg (28/04/2006)


Sylvain Chauveau & l’Ensemble Nocturne débutent ce festival Artefacts 2006 sur la petite scène Club au milieu de laquelle trônent un beau piano noir, un violoncelle, un alto et quelques instruments à vent donnant déjà une idée du set prévu par Chauveau venu présenter son An Acoustic Tribute To Depeche Mode.
D’abord seul, Sylvain Chauveau entre en scène et s’installe au piano pour une version toute épurée de "Enjoy The Silence" où se mêlent quelques accords avec les grésillements d’une radio posée sur le socle près du micro. Toujours seul, Sylvain C. enchaîne avec une reprise inédite de l’album Down To The Bone où le simple mélange piano et voix grave et torturée à la Dave Gahan est d’une douceur et d’une beauté rare pour nos oreilles.
Puis se mettent en place les quatre membres de l’Ensemble Nocturne et Chauveau rejoint sa guitare qu’il utilisera surtout pour donner un écho particulier et faire des fonds sonores étranges à l’aide d’un archet posé délicatement sur les cordes électriques de l’instrument. Vont s’enchaîner "The Thing You Said" et "Stripped" dans une orchestration acoustique des plus classiques sublimée par les jeux subtils du violoncelle et de l’alto. Les morceaux de Depeche Mode sont bouleversants présentés de la sorte, Martin Gore, quoiqu’on puisse penser de lui et de son groupe, a composé de magnifiques mélodies et Sylvain Chauveau a su les magnifier en les retravaillant de la sorte. Puis seul à la guitare Sylvain nous propose encore un inédit "I Feel You" totalement hypnotique. Les membres de l’Ensemble Nocturne reprennent alors leurs instruments pour des superbes interprétations de "In Your Room", "Policy Of Truth" avec Sylvain au xylophone, "FreeLove" et une version très aérienne de "Blasphemous Rumours". Pour finir Chauveau retourne seul au piano pour un magnifique et très émouvant "Never Let Me Down Again" et termine le concert par "Home".
Ce concert fut un moment très beau : des morceaux magistralement réorchestrés et présentés par des musiciens de qualité. Moi, qui me raillais facilement des amateurs de Sylvain Chauveau, me voilà maintenant complètement sous le charme et convaincue par le travail de ce grand monsieur.
Setlist :
Enjoy the silence
Pressure
The Thing You Said
Stripped
I feel you
In your room
Freelove
Blasphemous rumours
Never Let Me Down Again
Home

lundi 10 avril 2006

Chevreuil - La Laiterie, Strasbourg (09/04/2006)

Photo Taste Of Indie

Les deux garçons de Chevreuil se produisaient ce dimanche soir entre The Magnificents et Mogwaï.
J’avais lu ça et là des avis divers et variés concernant les prestations de ce groupe. Ne connaissant aucun de leurs morceaux j’y suis allée sans à priori mais quand même curieuse de voir ce qu’ils pouvaient donner en live. Déjà, j’étais assez intriguée par le fait que le groupe se produise non pas dans une des salles de La Laiterie mais le hall d’entrée ! Du coup, il fallait jouer des coudes pour réussir à se frayer un chemin afin d’atteindre le cercle de fans s’étant créé autour du groupe.
Originale vraiment cette organisation comme cela au milieu du public même si cela ne permet pas au plus grand nombre de pouvoir profiter du spectacle.
Là je découvre un petit moustachu avec une glacière utilisant tour à tour une guitare, quelques samples, et un clavier et son collègue, un grand maigre l’air complètement déjanté, qui lui va s’acharner une heure durant sur sa batterie.
Et alors, ça démarre très fort aussi bien au niveau sonore que dans l’intensité du jeu des deux bonshommes.
On entend bien la batterie, peut être même trop, si bien que sur les deux premiers titres je n’ai pas trouvé cela terrible : des percussions trop puissantes au détriment des autres instruments (les ’tacatacatacatacata’ à outrance ça va 2 minutes mais bon on s’en lasse vite...)
Et puis je ne sais pourquoi (mon cerveau s’étant sans doute résigné à trouver ça bon) j’ai commencé à vraiment apprécier les morceaux suivants, à moins entendre l’omniprésence de la batterie et j’ai même fini par trouver la prestation de Chevreuil vraiment bien.
Ce fut dans l’ensemble un bon moment surtout avec des musiciens plutôt rigolos quand ils jouent leur musique sérieuse.

vendredi 3 mars 2006

EXPerience - La Laiterie, Strasbourg (01/03/2006)

Concert Paris
Ce mercredi soir Experience avait l’honneur d’ouvrir l’une de ces soirées ‘Ohm Sweet Ohm’ très prisées du public alsacien de la Laiterie. Soirée assez éclectique où à la suite du groupe toulousain on nous proposait Bauchklang (un groupe hip hop vocal autrichien), Kill The Young (phénomène rock teenage du moment), Alec Empire (icône de l’inde goth) et l’Oeuf Raide (groupe électro français).
Les 4 garçons ont enchaîné 14 titres en 1 heure et si l’organisation n’avait pas été si stricte je pense que nous aurions certainement eu droit à un ou deux morceaux supplémentaires.
Malgré deux petits couacs techniques le concert a été d’une grande qualité. Pat, tout juste remis d’une méchante opération, assurait sans problème à la batterie et autres percussions. Le groupe a proposé un beau mélange de titres lors de ce set : 4 morceaux issus de leur album de reprises, un peu du premier album et pas mal du second : Hémisphère Gauche, ainsi que le morceau qu’ils jouent avec le groupe basque Lisabö. Mais la belle surprise a été la présentation de deux nouveaux titres totalement inédits et même si sur le premier "Héros", il a fallu s’y reprendre à plusieurs fois, ces morceaux vraiment excellents augurent un futur album de qualité. Le premier "Héros" est de la veine d’Aujourd’hui Maintenant, le second "La Vérité" est plus hip hop. Avec un public chaleureux, Michel Cloup et son groupe nous ont proposé une heure de musique bien puissante avec des textes toujours accrocheurs, un Pat en pleine forme, un Michel Cloup toujours motivé, un Francisco assoiffé et un Widy impeccable.
Un groupe qui vaut vraiment le coup d’être vu sur scène.

dimanche 26 février 2006

Pelican - La Laiterie, Strasbourg (25/02/2006)

Photo autre concert

C’est avec un entrain proche du néant que je me suis rendue à la Laiterie vu un état de fatigue bien avancé mais Pelican je sentais que je ne devais absolument pas rater ça.
Dans une petite salle de la Laiterie bien comble avec un public en grande partie allemand, les Marseillais de Biocide ont ouvert la soirée avec leur rock ‘Psychegroovecore’ comme ils se définissent eux-mêmes : des morceaux très énergiques qui ont eu le mérite de me réveiller et d’être toute pimpante lors de l’arrivée sur scène des Pelican.
Pour être honnête, les membres du groupe n’ont absolument rien de charismatique quand on les voit s’installer, je me suis dis, limite déçue, ‘Ah bon, ce sont eux les mecs de Pelican qui font des morceaux pareils ?’. Mais lorsque les toutes premières notes de "March Into The Sea", ont retenti nous sommes partis pour un peu plus d’une heure d’une communion fantastique : les musiciens totalement habités par leur musique, le public en pleine transe, une sensation terrible de manque à la dernière note de chaque titre. "Night End Day" notamment fut interprété de façon magistrale, c’était vraiment trop court et encore, contrairement aux Parisiens, nous avons eu droit à un rappel.
Alors après tout cela l’arrivée de Cave In et son premier morceau m’ont plus donné envie de fuir (ce que j’ai fait de suite) et l’envie de rester sur les délicieux moments passés avec Pelican.
J’ai rarement ressenti un tel plaisir lors d’un concert, je donnerais n’importe quoi pour de nouveau avoir ce frisson indéfinissable qui m’a traversée lors des premières mesures du set des 4 gars de Chicago.

dimanche 23 octobre 2005

Jude - La Laiterie, Strasbourg (22/10/2005)




La soirée débuta par la prestation de Kaki King, véritable virtuose de la guitare et du dobro. Pendant près d’une heure la salle fut conquise par la qualité et l’originalité de la performance de la jeune femme, qui fut même rejointe le temps d’un morceau par le batteur de Jude.

Jude arriva ensuite sur scène, enchaînant ballades et morceaux plus énergiques avec une justesse assez étonnante dans la voix (notamment dans les aigus), alternant guitare et piano.

Sur scène, il est accompagné d’un batteur loufoque et énergique et d’un bassiste, plutôt craquant, mais hélas un peu trop timide à mon goût avec ses instruments.

Jude plaisante avec le public et créé une atmosphère chaleureuse autour de chacun de ses titres. Pourtant, il y aurait eu de quoi casser cette ambiance : la soirée fut une succession de petits soucis techniques que ce soit le piano, la guitare ou les basses ...

Jude en a fait un véritable show : les paroles de "The Asshole Song" se transformant en <>, le ré-accordage des guitares devenant un véritable sketch musical, son bassiste étant systématiquement vanné lors de ses déboires (et pas seulement sur "Perfect Plank"). Tout ceci créant l’hilarité aussi bien dans le public ou sur scène entre musiciens.
Etait-ce dû au caractère jovial de Jude ou à la bouteille de vin blanc (d’Alsace) qu’il a allégrement bu au goulot toute la soirée ? ... Mais il régnait une atmosphère fort agréable ce soir là dans une salle de la Laiterie quasi-pleine. La qualité des interprétations y était sans doute pour beaucoup aussi.
Après deux séries de rappels avec notamment "Madonna" et une version surexcitée de "On The Dancefloor", le songwritter américain est revenu pour un ultime morceau seul à la guitare.
Jude est un artiste tellement généreux avec son public que même lorsqu’on ne connaît pas vraiment son répertoire ou si on est, comme moi, un peu hermétique à son style musical on passe quand même une excellente soirée en sa compagnie.

mardi 30 août 2005

Pixies - Rock En Seine, Paris (25/08/2005)


Revoir les Pixies 14 ans après leur tournée "Trompe Le Monde" c’est à la fois excitant et inquiétant... N’est–ce pas un peu pathétique de tenir tant que ça à revoir un groupe qui n’existe plus depuis des années et qui s’est reformé pour d’obscures raisons qui tiennent plus du domaine financier qu’artistique ? N’est-ce pas un peu une envie égoïste de fans trentenaires en quête de souvenirs de leur jeunesse d’antan ? Mais quel désir malsain poussent les 15/25 ans à vouloir connaître sur scène un groupe qui avait déjà ‘splitté’ de façon violente quand ils ont découvert et acheté leurs albums ?
Cela tient sans nul doute à la force des morceaux de Black Francis et ses acolytes, qui ont su traverser les années et parviennent toujours à toucher les plus inconditionnels et les fans les plus jeunes.
Quand le toujours plus gros Frank, Joey Santiago ses cheveux en moins, Dave quelques rides en plus et surtout Kim Deal arrivèrent sur scène, il fallait être là, dans ce coin gauche non loin de la scène, où la joie et l’hystérie s’emparèrent des fans plus ou moins jeunes. Premier choc : visuel, une Kim Deal bouffie, le visage transformé par les années, alcool et drogues en tout genre plus rien à voir avec la jeune fille sexy des débuts 1990 mais un sourire toujours aussi magique, une envie, un plaisir d’être là qui occulte tout le reste.
Le set démarre et là une angoisse folle s’empare de moi : la version hyper mollassonne de "Wave Of Mutilation" me fait craindre le pire. Est-ce que, comme dans mes cauchemars les plus fous, Black Francis a décidé de nous rejouer tous les titres des Pixies façon Frank Black à la sauce "Honeycomb" !?! Kim Deal s’y met, et je trouve cela toujours aussi mou et même mal chanté, encore deux titres pas trop péchus et je me fais une raison : ils ont vieilli, c’est normal, c’est pas grave, fallait pas rêver, je suis déjà contente d’être là, de les voir tant pis pour la magie d’antan...
C’est alors que, ô miracle, un vent de folie furieuse s’empara à la fois du groupe et de la foule à mes côtés. Les titres s’enchaînèrent non-stop, avec une puissance et une vitesse qui m’ont ramenée 14 ans plus tôt.
Et même si Santiago joue parfois faux, si les choeurs de "Caribou" ne sont pas toujours très justes, si Big Frank n’extériorise pas vraiment ses sentiments, si Kim Deal joue tout en raideur,... la magie est là. Les Pixies ont toujours cette capacité incroyable à parvenir à mettre une ambiance de folie parmi leur public sans en faire des tonnes sur scène. Excellent choix des morceaux joués sur scène puisés ça et là parmi les quatre albums du groupe avec de vraies surprises comme "The Sad Punk" qu’on entend rarement en live.
Au-delà de cette prestation incroyable, on pourra retenir la complicité retrouvée entre les membres du groupe (notamment Kim Deal et Frank Black), un plaisir certain à jouer ensemble et à rencontrer un nouveau public mêlé d’anciens fans aguerris et de plus jeunes fougueux. On peut espérer que ces concerts aboutissent à l’envie de composer à nouveau ensemble et pourquoi pas rêver d’un nouvel album des Pixies version 2005.