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lundi 28 janvier 2008

EXPérience - Nous (en) sommes encore là


Presque deux ans que nous ne les avions plus vus sur scène, plus de deux ans que nous attendions la sortie d’un nouvel album de titres inédits, deux années durant lesquelles beaucoup de choses se sont passées pour Michel Cloup et son groupe. En ce début d’année 2008 très intense pour (E.x.p)erience, entre la mise en ligne le 01/02 de la vidéo du premier single extrait d’un quatrième album prévu pour le printemps prochain et en pleine préparation de leur retour sur scène le 08/02/08 dans le cadre du festival des inaperçus, Michel Cloup a eu la gentillesse de satisfaire la grande curiosité qui nous anime sur Le Cargo en jouant le jeu des questions-réponses pour notre plus grand plaisir.
Sfar  : Bonjour Michel. Experience a connu quelques petits changements depuis la sortie du Cd/Dvd Positive / Negative karaoke With A Gun / Smile fin 2005 et la tournée qui a suivi. Widy, désirant se consacrer à des projets plus personnels, a quitté le groupe durant l’été 2006. L’idée de poursuivre à trois, sans remplacer Widy, s’est-elle imposée d’emblée ?

Michel  : Pour être honnête, non ! Disons que dans un premier temps, il a d’abord fallu se faire à cette idée, puis trouver un moyen de se retourner. Nous nous sommes dit qu’il fallait essayer à trois et voir ce que cela donnait. Nous étions arrivés à un moment charnière où il fallait malgré tout un changement, une remise en question pour ne pas avoir l’impression de se répéter, avec ou sans Widy. Sur la fin, avec lui, nous étions dans une certaine routine, certes agréable, mais il fallait de toute manière tout casser. Et son départ a quelque peu précipité cette mutation : nous n’avions plus le choix. Ce qui nous a sauvé, c’est qu’il y avait de notre côté une forte envie. Ça s’est donc passé très facilement. Et comme ça marchait bien à trois, on a foncé.

Sfar  : Ce passage à trois se ressent-il sur le son d’Expérience  : doit-on s’attendre à un changement de style pour les nouveaux morceaux ? Quelque chose de plus pugnace peut-être ?

Michel  : Ce passage à trois a d’abord resséré nos liens, et par la même occasion notre son. Il n’y a pas non plus un monde entre EXP à 4 ou à 3, c’est un peu différent certes, mais pas non plus à l’opposé. Je ne crois pas que le nouvel album soit particulièrement plus pugnace, je pense surtout que l’album de reprises (karaoke) nous a un peu plus décomplexés. Le nouvel album est très dense, assez varié, et plutôt long. Il y a encore plus de liberté que par le passé quant aux formats. Et dans l’ensemble, ça fait toujours du bruit à fort volume.

Sfar  : Cela fait près de 4 ans que vous n’avez pas proposé de nouveaux morceaux ( Positive Karaoke...étant un album de reprises). Quand vous êtes-vous remis à l’écriture et à la composition de nouveaux titres ? Si je me souviens bien, lors de la tournée 2006, vous jouiez déjà deux titres inédits.

Michel  : Oui, il y avait deux titres sur scène en 2006, j’avais de mon côté quelques textes et quelques embryons de morceaux, et l’inspiration a été au rendez-vous quand nous nous sommes retrouvés à 3 en Septembre 2006. En 3 mois, nous avions maquetté les ¾ du disque.

Sfar  : Entre temps, Michel, tu as porté un projet audio-vidéo assez atypiqueThe Overnight Project : des compositions originales instrumentales servant de bande son à des extraits de films d’horreur ou de science fiction. Quelle en est l’origine ?

Michel  : J’ai commencé ce projet un peu par hasard, pour m’amuser, et j’ai continué. Cet album s’est fait en deux ans, dans des trous, quand j’avais le temps. Rien d’autre qu’un jeu. J’adorais ce genre de films gamin, j’en regarde toujours, une sorte de « madeleine », plutôt sanglante.

Sfar  : Il me semble que tu n’as présenté qu’une seule fois ce projet en concert, qu’en est il aujourd’hui ? Cela restera-t-il quelque chose d’unique ou s’agit-il juste d’une mise en stand-by pour plus tard ?

Michel  : Je suis ok pour faire plus de concerts : envoyez vos propositions ! Le projet est juste en stand-by, je n’ai pas encore splitté.

Sfar  : Imaginais-tu que cela prendrait tant de temps entre l’envie de faire ce nouvel album juste après le Karaoké et son enregistrement en décembre dernier ? Est-ce que cela a été facile de retrouver un label, un distributeur ... ? Beaucoup de groupes galèrent en ce moment avec tout ça.

Michel  : A vrai dire, je pensais que ça irait plus vite, mais la vie est pleine de surprises. Nous avons la chance d’avoir un label qui était assez fou pour vouloir nous envoyer dans un vrai studio, et éventuellement à l’étranger. Nous avons contacté plusieurs personnes, ça a pris du temps car les plannings sont bookés sur 6 à 8 mois, nous avons finalement opté pour Greg Norman à Electrical, avec le recul, nous sommes très contents de ce choix.

Sfar  : Oui cela valait la peine d’attendre, puisqu’en effet début décembre vous vous êtes donc retrouvés à Chicago dans les studios Electrical Audio deSteve Albini pour enregistrer avec Greg Norman (Pelican, Detachment kit, Milemarker ... ). Comment se sont passées les sessions de travail ? Y a -t’il là bas une approche et une façon de faire vraiment différentes de ce qui se fait en France ? Qu’a apporté Greg Norman à l’album ? Avez-vous été de suite satisfaits de ce que vous obteniez ?

Michel  : L’approche c’est : « Do it yourself ». Greg (comme Albini) n’est pas un producteur qui te prend la guitare des mains pour rejouer tes parties parce qu’il pense pouvoir mieux faire. C’est un ingénieur du son. Bien au contraire, nous savions que beaucoup de choses allaient reposer sur nous, notre son, nos chansons. Il fallait être un maximum prêt, d’autant plus que nous avions une session plutôt courte (4 jours pour enregistrer et 4 pour mixer). Lui était là pour capturer au mieux ce qui sortait de nos amplis, de nos instruments. Bien sûr il donnait son avis, a proposé des options, surtout sur le mixage. Nous avons donc enregistré l’album en 4 jours, dans des conditions Live, avec un petit overdub de guitare par ci ou par là, mais très peu en fait : nous ne voulions pas tricher sur la formule trio par rapport à la scène. Le choix d’Electrical allait aussi dans ce sens, nous voulions vraiment une énergie Live, encore plus que par le passé, et ils font ça bien à Electrical  ! Nous n’avons fait que deux prises maximum par titre, afin de garder une certaine fraicheur, et comme la bande 24 pistes coûte cher, nous n’en avons gardé qu’une seule ! Cette session a été très rapide mais très agréable, aucun stress, bien au contraire, que du plaisir, une sorte de libération après plusieurs mois d’attente. Greg est un type très bien, très drôle et très pro, il ressemble beaucoup à notre ingé son de Live, aussi bien physiquement que dans son humour débile, parfait pour nous. Oui, il y a une façon de faire assez différente d’ici, beaucoup de bidouille, de trucs interdits par les écoles d’ingés son. Et puis aussi, une culture du son tout court, de l’histoire du son, des vieilles machines...et enfin beaucoup de savoir-faire. Satisfaits tout de suite ? Oui. Dès la première prise de la première chanson, juste en écoutant la mise à plat, tu sens si ça va sonner ou pas. Et là, c’était vraiment ce que nous voulions. Je ne parle même pas du mixage. Et je suis du genre perfectionniste, à me prendre la tête sur des détails à la con, et du coup, j’ai du lâcher du leste, ce qui n’était finalement pas si mal.

Sfar  : Cela a dû être émotionnellement très fort de vous retrouver dans ces studios mythiques. En plus vous avez eu la chance d’assister à un concert de Shellac, qu’ils répètent près de votre studio. Y a-t-il eu une rencontre Experience - Shellac ? Comment as-tu trouvé leur concert ? Todd Trainer est un batteur vraiment hallucinant, non ?

Michel  : Nos étions très contents d’être là car toute l’équipe est très sympathique, il n’y aucune prétention, c’est très respectueux, ils étaient aux petits oignons avec nous. Leur bonne réputation n’est pas un mythe et l’endroit est juste parfait. Le concert de Shellac était excellent, que tu aimes ou pas leur musique, tu n’as pas d’autre choix que de dire que c’est excellent. Très impressionnant. Nous les avons croisé pendant quelques jours au studio, et nous avons surtout parlé de billard, de poker, et regardé Discovery Channel. Nous avons aussi parlé de guitares en métal.

Sfar  : Ces enregistrements à Chicago nous ont permis de reprendre de vos nouvelles quotidiennement sur le blog du groupe. Que ce soit dans ces occasions, lors de la réalisation de podcasts durant la tournée 2006 ou même par tes interventions et ta grande implication dans le forum du site Experience, on sent chez toi cette envie de faire partager énormément et d’être tout simplement accessible pour ton public. C’est important pour toi ces relations particulières, c’est quelque chose qui te semble nécessaire ?

Michel  : Ça fait partie de la philosophie du groupe, je crois. Ce n’est pas une idée très nouvelle ou exceptionnelle, beaucoup de monde fait ça aujourd’hui, être en contact direct avec les gens. Sur notre forum, ça discute aussi d’autre chose, ça parle musique, cinéma,etc... J’aime bien y aller de temps en temps, échanger des idées ou des disques... Le blog, c’est comme un jeu, parfois je fouille dans les archives pour voir où nous étions à un moment précis, l’an dernier ou il y a deux ans, c’est une sorte de mémoire en ligne.

Sfar  : Comment vis-tu la critique : appréhendes-tu ce qui va être dit, écrit sur le prochain album ? Il me semble que tu as une certaine sensibilité à ce niveau-là. On a déjà pu le remarquer au cours de quelques unes de tes réactions (toujours justifiées) sur le blog ou dans le forum. Imaginons, tout à fait au hasard, qu’on écrive que certaines personnes trouvent les nouveaux morceaux de experience chiants, tu penses que tu t’en remettrais ? Plus sérieusement arrives-tu à prendre du recul avec tout ça ?

Michel  : Nous avons sorti beaucoup de disques, ensemble ou dans d’autres projets, et nous savons comment fonctionne ce système, plus ou moins qui est qui ou qui fait quoi, et ça a tendance à nous amuser, aujourd’hui. Je peux même dire qu’on s’en fout royalement. Bien sûr, nous sommes du sud, et parfois il y a des coups de sang mais globalement on arrive mieux à se maitriser, on boit de la tisane. Le recul, c’est que nous avons des vies à côté, des vraies vies, et beaucoup de choses à faire.

Sfar  : Le 08 février est une date importante : le grand retour sur scène d’Experience dans le cadre du festival des Inaperçus au Glaz’art. Comment vous préparez-vous pour la scène maintenant que vous n’êtes plus que trois ?

Michel  : Comme avant, on répète, on rapièce nos costumes de scène, on fait du sport, et on boit de l’huile de foie de morue.

Sfar  : « Le hasard » a voulu que vous vous retrouviez, ce même soir, dans la programmation avec Arnaud Michniak. Tu te doutes que cette affiche fait surchauffer les machines à fantasmes de tous ceux qui ont adoré Diabologum. Pour toi, cette soirée prend-elle aussi une saveur particulière allant au-delà de votre retour sur scène ?

Michel  : C’est surtout notre « retour » qui m’excite, avec en plus l’opportunité d’une belle affiche, d’une belle soirée, et peut-être d’un bel after. Qui sait ? Je n’ai aucune nostalgie de Diabologum, je vis dans le présent et non dans le passé. Je suis content de partager l’affiche avec Arnaud car c’est un vieil ami et que nous avons beaucoup de choses en commun. Nous prévoyons d’ailleurs dans le futur la possibilité d’un plateau Experience/Michniak, c’est toujours agréable de tourner avec des copains, et nous avons aujourd’hui plutôt envie d’unir nos forces au lieu de faire systématiquement cavaliers seuls.

Sfar  : En parlant de Diabologum, cela fait dix ans cette année que le groupe s’est séparé. Y a-t-il toujours ce projet de DVD anniversaire ? Que retrouvera-t-on dedans ?

Michel  : Le DVD est en stand-by pour l’instant, trop de projets pour tout le monde, trop de travail. Ça viendra, ça viendra, en son temps...

Sfar  : Pour en revenir aux projets futurs et ce prochain album dont la sortie est prévue au printemps, peut-on en savoir un peu plus ? Un titre ? Le nombre de morceaux ? Un single est prévu avant la sortie de l’album ?

Michel  : L’album s’appelle : Nous (en) sommes encore là. 14 titres, 65 minutes, plusieurs singles sont prévus avant l’album : le premier s’appelle : “Les aspects positifs des jeunes énergies négatives” et il sort début Février.

Sfar  : Comptes-tu faire à nouveau appel à la ExpArmy comme lors la sortie de la « Révolution ne Sera pas télévisée » avec de nouvelles actions stickers par exemple ? (moi je dis OUI OUI OUI !)

Michel  : Rien de plus n’est prévu pour l’instant, mais chaque membre est tenu de commettre ce genre d’actions EN PERMANENCE.

Sfar  : Que peut-on souhaiter de plus pour Experience pour 2008 à part un accueil enthousiaste de l’album et des concerts à gogo ?

Michel  : Ce serait largement suffisant.

Sfar  : Merci Michel.

Michel  : Merci à toi...

samedi 19 janvier 2008

Morrissey - La Laiterie, Strasbourg (18/01/2008)


Où ça, où ça ?
L’année 2008 sera l’année de tous les dangers. Après une récente spécialisation en Radiohead et faisant fi de griefs personnel que j’ai envers le Moz depuis des décennies, j’ai eu envie d’aller enfin voir en concert un des artistes que je déteste le plus. Il faut dire que la présence de quelqu’un de la stature de Morrissey dans l’intimité de La Laiterie de Strasbourg avait de quoi donner envie... même aux plus réticents. C’est donc dans une salle pleine à craquer, avec un public de clones allemands du moz que la soirée a pu débuter. En guise de préambule, nous avons d’abord assisté à la prestation des Girl In the Coma : trois filles, disons plutôt une fille et deux fortes personnalités. On ne peut pas vraiment parler de finesse d’interprétation, de grande classe dans ce qu’elles nous ont proposé. C’est plaisant à écouter... quelques minutes. ça passe le temps. En fait, c’est surtout étonnant de voir ce genre de groupe américain un peu balourd comme choix de première partie de Morrissey sachant qu’elles ont assuré de nombreuses dates de la tournée.
Les filles ont à peine terminé leur set, la lumière ne se rallume même pas, que sur un écran géant (en fait un drap gigantesque cachant la future scène deMorrissey) des projections commencent. Et là attention on en prend plein les mirettes ! ça décoiffe dans tous les sens ! Nous ne sommes pas pour rien dans le 21ème siècle à l’ère de l’Iphone et des concerts retransmis via internet ! Pèle mêle on verra défiler un scopitone de “Où ça où ça” avec un Sacha Distelencore prépubère, une vidéo de Brigitte Bardot qu’une nana derrière moi reconnaîtra immédiatement en hurlant « OUAiiiiiiiiI c’est Sylvie Vartanelle !! », des prestations live des New York Dolls, un extrait de la série Les Incorruptibles et une assez longue séquence montrant les essayages deJames Dean lors du tournage de A l’Est d’Eden pour terminer enfin par une prestation télévisée de Gene Vincent. Le tout sous le regard plus ou moins attentif du public et de « Morrissey, Morrissey, Morrissey, Morrisseyyyyyyyyyyy » scandés par les clones allemands en état de pré-transe.
A la vision de toutes ces séquences vidéo une évidence s’impose, Morrissey cherche à nous faire passer un message : il serait en fait une sorte de Gene Vincent avec la classe d’un Sacha Distel , la beauté d’un James Dean, le sex appeal d’une BB avec peut-être même la punk attitude des New York Dolls !

I am the son
Le concert va débuter et de suite c’est la grande classe : les musiciens arrivent sur scène, chemisette blanche impeccable, petit nœud papillon à froufrous autour du cou. Ils sont suivis par Morrissey qui fait une entrée de star, que dis-je de mégastar ! Il faut reconnaître que même avec les plus mauvaises intentions du monde, quand on se retrouve à moins de 2 mètres du Moz et que celui-ci entre en scène en interprétant la chanson des Smiths “How soon is now” nous sommes émus, forcément très émus en entendant cette voix qui n’a pas changé. Et hop 20 ans dans les dents : on se revoit casque de walkman sur les oreilles traînant dans les rues pour se rendre au lycée ou encore la hifi de la chambre à fond en hurlant des « De toute façon vous ne comprendrez jamais rien à ma vie !!! » sur fond de vocalismes de Morrissey et de guitares de Johnny Marr. Mais ce soir nous sommes en 2008, la musique défile en mp3 dans des écouteurs, les crises d’ados ont sauté une génération et “How Soon is Now” est interprété par un vieux beau.
Pour ne pas être totalement de mauvaise foi, ce début de concert est une très agréable surprise. Alors que je m’attendais à une soirée crooner molasson à souhait, voilà que se succèdent des morceaux assez rock mettant en transe tous les mini-moz germaniques autour de moi. Le charisme de Morrissey est indéniable et en effet il a la classe enfin une certaine classe : la « Moz classe ». En le voyant là, chemise noire dont les manches sont retournées au 1/3 , chaînette autour du cou et arborant un cravate à l’effigie de James Dean d’un goût discutable, je comprends pourquoi l’après midi même nous avions reçu un mail nous prévenant d’un possible refoulement si nous nous rendions au concert munis d’un portefeuille à chaînette ou d’un sac banane ! Entre chaque morceau,Morrissey n’aura de cesse de nous montrer sa dextérité dans le jeté de cravate par-dessus l’épaule. Je n’ai toujours pas bien saisi la signification profonde de ce geste réalisé avec une belle élégance mozienne, peut-être était-ce là une touche érotique dans un show devenant de plus en plus intense. Le concert avançant, chemise s’ouvrant de plus en plus, cravate abandonnée, chemise changée à trois reprises, le Moz nous propose un mélange de vieux titres dont certains se trouveront sur la compilation à venir ainsi que quelques très bons morceaux deRingleader Of The Tormentors.

I’ll Never Be Anybody’s Hero Now
Comme vous l’aurez compris je ne suis pas une grande connaisseuse de la discographie de Morrissey, du coup pas mal de morceaux m’ont échappé (pas aux mini-moz par contre qui y allaient tous de leurs « Ahhhhhhh » « Ohhhhh » lors des différentes intros). Malgré deux ou trois passages un peu soporifiques l’ensemble du concert se tient admirablement. Le morceau “You Have Killed Me” est tout autant puissant lors de son interprétation sur la scène de La Laiterie que sur album. “Life is A Pigsty”, que j’attendais impatiemment depuis le début de la soirée, est interprété magistralement. La mise en scène l’accompagnant est d’une force émotionnelle rare : que ce soit grâce aux éclairages stroboscopiques ou par les effets sonores d’orage et de tonnerre, ce titre marque l’un des moments les plus intenses de la soirée. Le concert durera près de 1 h 20 (l’unique morceau de rappel compris). Les titres seront ponctués d’interventions du Moz. A la manière d’un Alain Delon du rock Indé, celui-ci s’avance grimaçant vers le public, vers son public, tend les bras pour serrer des mains, entend les interpellations de fans en transe mais daigne à peine jeter un regard aux malheureux fanatiques se trouvant à quelques mètres de lui. On sent bien qu’on doit déjà se réjouir qu’il soit là pour jouer pour la première fois de sa carrière à « Strassebourgueu ». Et c’est déjà beaucoup... un privilège pour lequel certains n’ont pas hésité à dépenser 150 € au marché noir le jour même.
Cette soirée ne changera pas mon opinion sur l’artiste et son œuvre. Même si j’allais à La Laiterie voir un Moz vieillot et pathétique et que j’ai trouvé là un Monsieur Morrissey de grande classe malgré quelques côtés absolument imbuvables de sa personnalité. Cette occasion rare de se retrouver dans une salle à taille humaine avec un artiste hors du commun était à ne surtout pas rater. Au final : aucun regret pour un concert vraiment très particulier.

mercredi 2 janvier 2008

Radiohead - Scotch Mist - New Years Eve broadcast live webcast (01/01/2008)



You thought that you saw something
2008 avait débuté pour nous depuis déjà une bonne heure que j’étais déjà (encore ?) collée à l’ordinateur pour suivre mon premier évènement musical de cette nouvelle année : le Scotch Mist - New Years Eve broadcast deRadiohead. Et oui, il s’agit bel et bien d’un concert puisque les Radioheadavaient prévu, pour cet évènement, d’interpréter en prise directe les morceaux de leur tout nouvel album In rainbows.
Minuit sonne ... à Londres ! Et c’est au beau milieu des « Fziiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuuu Boum boum » d’une nuit de la saint sylvestre alsacienne pétaradante que lesRadiohead débutent leur effet de lumière, leur moment d’illusion : leur Scotch Mist.
You didn’t : it was a trick of the light
Les différentes parties de ce film-concert ont été enregistrées quelques jours auparavant. Les morceaux joués ont été filmés dans le local des Radioheadavec quelques caméras (webcam sans doute) fixes dans les différents angles de la pièce. Un seul morceau, “Faust Arp”, a été tourné en extérieur . Il est interprété au milieu du souffle du vent et dans une pénombre inquiétante lui donnant là une dimension toute particulière.
Des intermèdes assez surréalistes s’intercalent entre les différents morceaux. On entend des extraits de poèmes parlant pipi (me semble-til), amour.... sur des fonds lumineux de couleurs jaune puis rouge. Des scènes filmées assez étranges montrent les membres de Radiohead, dont certains ont le visage masqué, courant au ralenti (ils ne courent pas au ralenti sinon je dirai qu’ils marchent ! En fait ils courent vraiment et on voit cela au ralenti).
Ce qui frappe dès les premiers morceaux c’est l’enthousiasme, le plaisir avec lequel le groupe interprète tout cela alors qu’en fait ils ne sont qu’entre eux !
“Bodysnatchers” avec son côté rock très énervé donne une image du groupe très dynamique avec une énergie communicative si bien qu’on en oublierait presque qu’on suit cela une tasse de thé à la main confortablement installée dans un fauteuil. On se lèverait bien pour sauter dans tous les sens. Et même si on reste assis ça n’empêche pas de se secouer de tous les côtés !
Tous les morceaux de In rainbows seront joués, ce concert me confirmera que cet album est vraiment un des meilleurs du groupe, même si les puristes continuent à le trouver un peu trop facile. Les morceaux les plus intenses comme “All I need” ou encore “Videotape” gardent toute cette grâce que sait leur donner Thom Yorke dans son interprétation toute en justesse et en finesse. L’image... c’est important l’image puisqu’il s’agit d’une retransmission sur le net via le site TV du groupe , est d’une qualité excellente.
Le concert s’achèvera sur un magnifique “Nude” (sans doute deuxième single de l’album). Avec les différents membres filmés au ralenti et Thom Yorke en quasi transe ; un moment filmé qui pourrait très bien constituer la vidéo de ce prochain morceau.
Ce fut vraiment un plaisir de suivre tout cela en ce moment si particulier. C’est un beau cadeau que Radiohead nous a fait pour débuter la nouvelle année.
En quittant EMI et en utilisant intelligemment l’outil Internet que ce soit pour diffuser leurs nouvelles créations ou nous faire partager leur plaisir de jouerRadiohead a su retrouver la fraîcheur et l’intégrité d’un groupe que certains adorent détester.
Liste des morceaux joués :
Weird Fishes/Arpeggi
Bodysnatchers
Jigsaw Falling Into Place
Faust Arp
15 Step
Videotape
Reckoner
House of Cards
All I Need
Nude
Concert visible dans son intégralité :

mercredi 28 novembre 2007

Liars- La Maroquinerie, Paris (27/11/2007)


Photo Robert Gil
Silence on filme !
Liarsliarsliars... cela faisait plus d’une année que j’espérais voir un jour ce groupe sur scène. Découverts et adorés avec l’album Drum’s not dead, album écouté, réécouté en boucle toute l’année, jusqu’à l’arrivée de l’excellent album éponyme Liars. Il était hors de question de rater ce groupe lors de sa tournée française. La date strasbourgeoise ayant été repoussée maintes fois jusqu’à être carrément annulée et bien je verrais Liars quand même quitte à faire un aller retour Strasbourg-Paris de folie en pleine semaine d’école. J’arrive dans uneMaroquinerie pleine à craquer au beau milieu de la première partie du trioHTRK. Le groupe d’ouverture ne se veut pas très festif, l’ambiance de la soirée est donnée ! HTRK propose une musique sombre, lourde dans une atmosphère dense, avec une chanteuse torturée dont la voix rappelle étrangementSiouxsie. Une première partie plutôt sympathique contrairement à l’avis de quelques apprentis comiques ne cessant de railler gratuitement ce groupe lors de la pause ! Mais de toute façon, moi, nous, le public de la Maroquinerie nous sommes venus là pour voir et entendre le phénomène Liars... Enfin les voilà, et comme on filme juste à côté, chut, silence ...
Et là c’est le choc !
Alors comment vous expliquer, ce sentiment de stupéfaction qui m’a saisie lors de l’arrivée du groupe sur scène et durant l’interprétation des premiers morceaux. Disons que depuis que j’ai découvert le groupe de Angus Andrews, je n’ai fait qu’écouter leurs albums sans même jeter un œil sur des photos de concert et surtout sans jamais avoir vue une vidéo live du groupe. Alors comme cela arrive pour tout ce que l’on ne connaît qu’en partie, on imagine ce que l’on ne connaît pas. Donc pendant plus de un an au fil des écoutes de Liars , dans un délire pour le moins inexplicable, je me suis imaginée l’inimaginable : Liars = une bande dépressifs notoires. L ’atmosphère quasi oppressante des morceaux, la noirceur, l’intensité des percussions, ces sons presque tribaux, le chant grave ... tout cela a fait que je pensais le groupe austère sur scène, présentant ses morceaux de manière dépouillée. Je les imaginais bien chacun dans leur coin, habillés de noir ou du moins en tenues très sombres, camouflés derrière des nuages de fumées interprétant sobrement et solennellement les morceaux deDrum’s not dead. ALORS, alors, alors lorsque j’ai vu arriver sur scène cette grande gigue de Angus Andrews habillé en costume trois pièces dans un blanc flashant , tortillant des fesses dans tous les sens et grimaçant à la manière d’unJim carrey, quand j’ai vu se mettre derrière la batterie un Julian Grossportant une doudoune rose fluo recouvrant un gilet en crochet porté sur des collants en lycra jaune fluo ... je me suis alors demandée « mais qui sont ces types ? » Car pourtant c’étaient bien les morceaux de Liars que j’entendais. Et bien voilà : point d’austérité ! Il faudra que je m’y fasse : quand on assiste à un concert de Liars on n’entre pas dans une communion obscure en écoutant sagement les morceaux du groupe. Non ! On assiste carrément à un show quasi-comique. Et encore le groupe, d’après ce qu’on m’en dira le concert achevé, était bien sage par rapport à d’autres prestations données précédemment. Les morceaux joués sont ceux des deux derniers albums. Le public est plutôt sage, très sage, peut-être est-ce là le propre du public parisien ou d’uneMaroquinerie un peu trop remplie. Il faudra attendre “Plaster Casts of Everything” en fin de concert pour que ça bouge pas mal dans la salle. Les morceaux sont ponctués d’interventions décalées de Angus, gesticulant théâtralement dans tous les sens. Et malgré toutes ces simagrées, les interprétations des morceaux sont impeccables et gardent toute l’intensité qu’elles ont sur disque. Lors du dernier rappel le concert s’achèvera sur le magnifique, l’émouvant, l’intense “The Other Side of Mt. Heart Attack” dans une version hélas beaucoup trop courte, pour un concert beaucoup trop court lui aussi.

mercredi 31 octobre 2007

Arnaud Michniak - Point Ephémère, Paris (31/10/2007)

On prend les mêmes ...


... et on recommence. Rerebelotte pour cette troisième rencontre avec Arnaud Michniak et son compagnon de route le guitariste R. Cette fois nous voici auPoint Ephémère pour la deuxième fournée de concerts de Michniak solo. L’été est passé depuis notre rendez-vous du triptyque et quelques indiscrétions de l’été et des premiers concerts de la rentrée nous laissent à penser qu’une bonne surprise devrait nous attendre au cours de la soirée. Les toulousains sont seuls ce soir pour présenter ce fameux projet Films/slams/sons comme on dit sur la plaquette promo Ici D’ailleurs. Le set étant toujours aussi court il sera suivi de la projection sur grand écran du DVD Appel ça comme tu veux. Première satisfaction à mon arrivée sur place , en plus de retrouver avec plaisir les mêmes habitués des concerts de Michniak et d’en rencontrer enfin d’autres, la salle me paraît nettement mieux adaptée que ne l’était le triptyque et sa mini scène avec petit écran sur trépied. Cette vraie scène est assez spacieuse et l’écran en fond suffisamment grand pour mettre en valeur les images extraites du DVD. Les fétichistes de la caméra s’affairent pour capter le concert pendant que la salle se remplit correctement.

Vers une mue Agent Réel


La disposition de scène reste inchangée, R. sur notre gauche Arnaud devant à droite. Les morceaux s’enchaînent comme pour les concerts précédents. Comme je l’espérais les images passent nettement mieux qu’en juin dernier et se marient de manière beaucoup plus efficace aux textes de Poing Perdu. On sent les deux hommes nettement plus à l’aise dans leur prestation , cela n’enlevant rien à la hargne naturelle de Michniak dans son phrasé particulier et l’intensité des textes de son album solo. “Mourir Idiot” sera encore proposé avec des arrangements très différents de la version album et même (si je ne me trompe pas) différents de ceux proposés au triptyque. Le set se termine avec le morceau extrait du DVD. Arnaud Michniak nous propose alors de faire un rappel direct, pas besoin de partir : on enchaîne. Et on se prend une sacrée claque en pleine figure, nous ne sommes plus face à Arnaud Michniak solo mais face à un être hybride qui est en train de se muer en ce que sera le futur Programme. Le morceau “Agent Réel” qu’Arnaud nous interprète est en effet un inédit de ce que sera le futur Programme et ça promet, ça donne envie d’être déjà en 2008 pour écouter tout cela ! Sur une boucle répétitive techno - hip hop (enfin quelque chose dans ce genre...) Arnaud assène un flow des plus revendicatifs où se répète ce passage « Je suis Agent réel, je suis agent réel ; AGENT REEL !! .... » De la folie pure ce morceau, si bien que Arnaud pris dans la fougue de cet inédit ira jusqu’à lever le poing ... juste devant le torse soit et durant disons 10 longues secondes ! mais bon le geste était suffisamment beau et fort pour le noter ! Que dire de plus si ce n’est que, malgré cet inédit, tout ceci nous laisse encore sur notre faim. C’est que nous en voudrions encore plus du Michniak ! 35 minutes ce n’est vraiment pas suffisant ! Mais il faudra nous en contenter, Arnaud croisé rapidement après le concert nous le dira : « On ne pourra jamais faire plus long que ce soir ! Pour cela il faudra attendre Programme » Et bien nous serons patients et en attendant on va essayer de grappiller deci delà encore un peu de Michniak solo.

Une autre vidéo du concert Journal des Visages Flous à voir dans la chronique de l’album Poing Perdu

lundi 20 août 2007

Smashing Pumpkins - Foire aux Vins, Colmar (19/08/2007)


Petit jeu de massacre en règle


Depuis quelques jours les articles se succèdent que ce soit dans la presse « sérieuse » ou sur la plupart des webzines pour nous narrer la prestation plus que laborieuse voire pathétique de Billy Corgan et de son groupe au festival de la Route du Rock. N’ayant jamais été une fana absolue de ce groupe, même dans mes années lycée, j’allais les voir à Colmar d’abord par curiosité et aussi parce que, au risque d’en étonner beaucoup, j’avais bien accroché à quelques titres du dernier album Zeitgeist. Alors c’est sûr qu’avec un bouche à oreille pareil il fallait être très motivée ou alors complètement désespérée (sans doute la bonne réponse) pour faire 2 h de route AR et aller voir une Diva sur le retour, dont la prestation ne serait de toute façon pas folichone.
Après les échos sur les caprices du groupe lors du festival malouin (service d’ordre renforcé, réquisition de la grande scène empêchant les groupes de faire leurs balances, envoi d’un mec du festival dans une épicerie fine parisienne ( !!) pour ramener l’eau minérale norvégienne de Billy...), je redoutais les pires choses pour Colmar ... Une seule première partie était prévue. Ce sont les strasbourgeois de Los Disidentes del Sucio Motel qui ouvrent la soirée. Et ce n’est pas mal du tout : une sorte de Eagles Of Death Metal alsacien, un bon rock stoner avec un gros coup de cœur pour une fort jolie balade “Lea”. Affaire à suivre ....
Seulement, alors que l’ambiance commence à prendre doucement autour de la scène, le chanteur étant tout juste en train de nous annoncer la venue d’un de leur pote pour interpréter un morceau, voilà qu’apparaissent une bonne quinzaine de gros bras du staff des Pumpkins. Je me dis « wahoo très fort , quelle mise en scène, ça en jette , la vache ! » Heu, en fait on venait signifier de façon assez directive et un peu humiliante aux jeunes strasbourgeois qu’une vingtaine de minutes ça suffisait et qu’il était temps de mettre en place la scène pour les Pumpkins ! Du coup chose surréaliste : Los disidentes tout penauds et apparemment très déçus sont virés comme des malpropres de la scène.

Une putain de tête à claques


On tente de vite oublier ce petit incident pour se concentrer sur la prestation desSmashing Pumpkins. Alors il y a un peu de tout dans ce concert on navigue entre le très bon et le archi mauvais. Première chose, nous avons droit àColmar à des jeux de lumières d’un goût plus que douteux (un peu comme les tenues de Billy, ce mauvais goût excentrique kitsch américain). Tout le début du concert est en partie parasité par des spots et néons vert et rose fluos dignes des plus mauvais manèges de la foire à neuneu. C’est d’autant plus ridicule qu’après avoir vu 4 jours plus tôt les fabuleux effets stroboscopiques du concert des Nine Inch nails à Avenches, la comparaison est terrible pour les Smashing Pumpkins. On ne va pas se laisser abattre par ce jeu de lumières calamiteux, surtout que le set est drôlement bien parti avec un “Tonight Tonight” qui ravit déjà tous les trentenaires aux tee shirt souvenirs délavés à force d’avoir trop été portés depuis ces 15 dernières années. S’ensuit l’un des meilleurs morceaux du nouvel album, le puissant “Tarantula” (d’ailleurs l’une des bonnes choses de ce set aura été l’intercalation plutôt judicieuse d’anciens morceaux du groupe avec les nouveaux forcément moins accessibles et moins prisés par le public). La première fausse note arrive au quatrième titre, alors que le public est vraiment bien motivé, que ça bouge dans tous les sens, Billy Corgan nous assène un morceau à l’effet soporifique désastreux, avec une intro instrumentale longue, très longue, trop longue, cherchant un peu du côté des Doors et d’un “Riders on the Storm” euthanasié ou d’un Led Zep sous Temesta. Pour tout dire ça baille de tous les côtés, et mon voisin de gauche plutôt bon public se penche pour me confier un « Qu’est ce que c’est chiant !!!!! ». Oui c’est vrai... ce n’était pas une réussite et là d’un coup me reviennent en tête toutes les chroniques du Monde, de Libé, de Chronicart et je me dis qu’on peut déjà se satisfaire d’avoir écouté trois bons titres.
En fait cela sera juste une fausse alerte comme il y en aura deux autres au cours de la soirée, trois tentatives plutôt ratées de nous faire partager des moments doux, mais avec un tel manque d’émotions et surtout avec des morceaux pas vraiment terribles qui font retomber l’ambiance au bout de trois accords. Il faudra aussi faire avec les humeurs de monsieur Corgan : le préposé aux guitares qui se fait passer un savon pour des problèmes d’accordage, la claviériste qui subit les foudres du maître, alors qu’elle commence une mélodie piano Billy Corgan lui lance un foudroyant « STOP ! Try again ! » et ce sur un des morceaux les plus mauvais de la soirée, comme quoi il aurait mieux valu ne même pas refaire l’intro.
Mais il y eut quand même de sacrés bons moments avec des valeurs sûres du groupe dans les registres doux réussis “To Sheila” , “Thrity three” et du côté plus remuant l’excellent “Muzzle”, “Today ” et “Bullet With Butterfly Wings” et “1979 ” tous deux réorchestrés de manière intéressante. Parmi les nouveaux titres “7 Shades Of Black” et surtout “United States” ont été plus que convaincants. Lors du rappel les Smashing concluront la soirée avec le morceau “Heavy Metal Machine” rappelant qu’à la base les Smashing Pumpkins ont été un sacré bon groupe rock avant de sombrer dans des méandres musicaux plus qu’incertains.
Billy Corgan n’a pas la fibre généreuse, alors du coup on n’apprécie pas une soirée comme celle-ci à sa juste valeur. Nous avons tout le temps cette impression étrange comme chez certains commerçants de déranger. On serait presque en train de s’excuser d’être venu. Billy Corgan est comme ces gosses doués capricieux qui croient que tout leur est dû, une vraie tête à claques surtout lorsqu’il se lance dans des solos de guitares laborieux et prend son petit air ravi. Il s’est pourtant montré très souriant par moment et restera même 5 minutes sur scène le concert terminé pour remercier tout le public ... ah j’oubliais : il est resté SEUL sur scène, au cas on où n’aurait pas encore compris les Smashing Pumpkins c’est lui !

vendredi 17 août 2007

Festival Rock Oz’Arènes 2007

Festival Rock Oz’Arènes - Avenches - 15/08/2007


Dans le cadre magnifique de Avenches, dans un amphithéâtre romain, on nous proposait ce mercredi une programmation à tendance metal et indus avec comme point d’orgue le concert des Nine Inch Nails.

Après moults péripéties pour accéder jusqu’au site, on pénètre dans l’enceinte du festival et déjà sur la scène de l’amphithéatre le groupe de metal indus suisse Samael est en place. Le chanteur Vorph, à la voix gluturale qu’on croirait sortie d’outre-tombe, nous interprète des morceaux qui ravissent les fans de metal présents dans l’arène. C’est parfois caricatural : le chant anglais est un peu poussé, les paroles semblent extraites d’une pub pour téléphonie mobile (one nation, generation, connecting people) mais l’ensemble reste sympathique.

Nous sommes ensuite invités à aller du côté de la scène du château afin de découvrir celle qui nous est présentée comme la nouvelle PJ Harvey (la nouvelle PJ Harvey de la journée devrais-je préciser vu que chaque jour voit sur notre planète l’émergence d’une ribambelle de nouvelles PJ Harvey, il suffit souvent de peu de choses : être une fille, savoir chanter avec un joli timbre de voix, avoir un guitare à la main). Cette jeune lyonnaise au doux nom de Vale Poher se produit donc seule sur scène. Elle a certes une jolie voix, manie bien la guitare mais voilà elle ne restera pas la révélation du festival. Et ce qu’elle révélera surtout chez moi c’est qu’il est l’heure d’aller se sustenter. Petit intermède gastronomique fort agréable, surtout que sont présents dans l’enceinte du festival de nombreux stands aux mets plus appétissants les uns que les autres.


C’est alors dans l’arène que nous découvrons un trio australien au nom plutôt évocateur Devastations. Invités au festival par NIN, nous nous attendions à un rock sombre et mélancolique, il s’est agi d’une succession laborieuse (oui laborieuse !! quand on tente de gagner 2 minutes entre chaque titre histoire d’en faire moins le temps imparti c’est assez révélateur) une succession donc de morceaux dignes de berceuses pour nouveau-nés : pour ne pas dire simplement que c’était vraiment chiant ! Ce groupe a quand même réussi l’exploit de vider en moins de 20 minutes une arène archi comble même si il a commencé à très légèrement décoller sur le dernier morceau. « Impressionnant !! » nous assénera le présentateur de la soirée, c’est bizarre mais ce n’est pas l’adjectif qui me serait venu d’emblée en tête …moi j’aurais plutôt conclu par un « Vraiment décevant ! ».

Allons ce n’est pas le moment de se démoraliser et on file vers la scène casino où se produisent les landais de GOJIRA (que certains qualifient de Death Metal …. ou pas ! ). Quoiqu’il en soit, les morceaux proposés à Rock oz’Arènes extraits de leur album From Mars To Sirius sont loin d’être les plus mélodiques. C’est bien nerveux et ça plaît beaucoup au public de métalleux bien excités devant la scène.

C’est enfin au tour de la tête d’affiche Nine Inch Nails de prendre possession une heure et demi durant des arènes.

***

En raison de l’extrême puissance du mur d’éclairage aux stroboscopes de NIN, les personnes sensibles ou épileptiques sont invitées à s’éloigner de la Grande Scène...

Dans cette première journée du festival de Rock Oz’Arène au goût fortement métallique : les Nine Inch Nails ne comptent pas jouer petits bras et faire les pantouflards de service. En pleine tournée Year Zero , tournée ayant d’ailleurs débuté avant la sortie de l’album et qui devrait continuer encore quelques mois , le groupe de Trent Reznor vient poser son rock indus lourd dans les délicates arènes romaines de Avenches. DANS LE CONCEPT YEAR ZERO

Pour mon premier concert de NIN j’avais de quoi être un peu inquiète. Avec Year Zero le groupe est revenu à des morceaux beaucoup plus électro. indus et moins pop rock que ceux proposés sur le précédent With Teeth. Sur disque j’avoue avoir un peu plus de mal à entrer dans cet album concept et j’appréhendais vraiment un concert hermétique que seuls les fans absolus du groupe pourraient apprécier.

Le set débute justement par des morceaux de Year Zero (dont beaucoup de titres seront joués d’ailleurs) : “Hyperpower” met l’ambiance, Aaron North (la guitariste fou furieux qui fait virevolter sa guitare à la vitesse des lumières stroboscopiques des NIN) et Jeordy White et sa basse sont déjà sur scène , se démènent, l’attente monte ... mais où est donc Trent Reznor ?

Tout comme sur l’album Year Zero, l’instrumental “Hyperpower” est suivi de “Begining of The End” qui marquera l’arrivée sur scène du leader des Nine Inch Nails. Tenue de scène de rigueur toujours dans le concept de Year Zero. Petit aparté pour ceux n’ayant pas encore été plongés dans l’idéologie de cet album sombre et très conceptuel. « Year Zero décrit un futur (an 2022 ou Year Zero) pessimiste : le gouvernement américain est désormais totalitaire, drogue ses concitoyens pour les garder calmes , arrête et tue tous les "résistants" au régime. » Ambiance ....

Sur scène tous les membres du groupe portent donc une tenue quasi militaire : chemise bleue-anthracite, cravate et rangers au pied, Trent Reznor tout en muscle et toujours avec son visage bouffi par ses années de rédemption nous assène des « this is the begining... » tonitruants avec une présence physique déjà impressionnante pour ce début de set. DE L’INDUS ABSOLUMENT DIGESTE

Le groupe va alors proposer un set mêlant des morceaux audacieux de Year Zerocomme par exemple une version de “Survivalism” façon rock énervé assez folle avec quelques valeurs sûres du groupe : “The March Of Pigs”, “Closer”, “Eraser”.... Les orchestrations de début de set sont nettement plus rock indus lourd. En milieu de concert lorsque s’abaisse une grille de néons à effets stroboscopiques, Trent Reznor et deux autres membres de NIN se disposeront devant et enchaîneront les morceaux les plus électroniques de la soirée, avec notamment une version live très réussie de “The Great Destroyer”.

Les effets de lumières sont superbes, magiques, ça clignote dans tous les sens , les murs se font verts, brillants, argents, rouges.... Pour certains titres le groupe se retrouve carrément caché derrière ce mur clignotant comme derrière des barreaux. C’est parfois de toute beauté : une sorte d’œil géant semble se refermer à la fin de “Eraser”. Cette partie show du concert est assez exceptionnelle et vraiment bien conçue.

Le groupe quitte alors la scène après la mise à mort de sa guitare par Aaron , petit jeu habituel des fins de concert de NIN. Puis Trent revient, d’abord seul, pour interpréter aux claviers son magnifique “Hurt” , il sera rejoint sur le final du morceau par le reste du groupe. Le concert s’achèvera ainsi de façon douce, comme une remise au calme tranquille après les multiples « agressions » sonores et visuelles dont nous avons été les victimes consentantes toute la soirée.