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mercredi 3 juin 2009

Bloc Party - La Laiterie, Strasbourg (01/06/2009)


Une laiterie bien remplie accueille le groupe de Kele Orekeke en ce lundi de Pentecôte. Public assez mélangé pour un groupe aux prestations toujours sympathiques. Concert relativement onéreux pour La Laiterie, mais le groupe est renommé. Attente impatiente de voir ce que donne enfin Bloc Party en live. Dans la foulée d’un Villette Sonique très festif la veille, je me positionne tout près de la scène, bien en milieu de salle. Malgré la densité de la foule, cette position stratégique me permettra d’avoir une belle idée des compétences du groupe à créer de l’ambiance. Lumières quasi stroboscopiques, le groupe entre en scène et démarre puissamment. C’est à ce moment là que surgissent de je-ne-sais-où tout un tas de jeunes chevelus allemands (1m90 de taille moyenne) complètement surexcités par l’arrivée du groupe sur scène. Ils affluent de droite, de gauche, de derrière, le temps de réaliser les limites de mes forces physiques à me maintenir au milieu de ces asperges sauteuses, de lever un petit doigt en disant "Hummm s’vous plaît, heuuuu, à bien y réfléchir, je me décalerais bien sur le côté droit voyez-vous très cher... " que me voilà projetée en bord de scène, droite, gauche, droite, gauche... manquant de perdre un bras au passage. Je voulais profiter de l’ambiance, autant être au cœur de l’action. S’enchaînent trois titres bien péchus dont le gigantesque “Positive tension”.
Pas la peine d’en faire des tonnes quand on peut résumer simplement les choses : soirée en trois temps. Comme je l’expliquais précédemment un démarrage en force et puis le groupe s’essouffle quelque peu. Ce qui n’aurait dû être qu’une pause respiratoire, s’éternise quelque peu et malgré quelques bons titres comme “Biko”, la partie molle dure un peu trop. kele orekeke se montre fort sympathique, blague, discute, nous parle de son immense plaisir à venir rejouer à Strasbourg. Je ne sais pas comment je me débrouille mais je tombe toujours sur les meilleures dates des tournées française, c’est quand même un gros coup de bol à chaque fois ! Quelques morceaux présentés sous une forme un peu plus électro dance comme “Mercury” remettront un bonne ambiance nerveuse dans La Laiterie. Le concert s’achève donc en demi-teinte.
Bonne soirée, prestation tout à fait honorable du groupe mais rien d’absolument transcendant non plus. Cette soirée m’a coûté 6 fois Matt Elliott vu trois jours plus tôt et c’est loin d’être une soirée aussi inoubliable. Mais voilà : c’est Bloc Party.

lundi 1 juin 2009

Festival Villette Sonique 2009


Festival Villette Sonique 2009 - Parc de la Villette, Paris - 31/05/2009
Ce qu’il y a de fort agréable dans un Festival comme celui de Villette Soniquec’est que se mêle à des têtes d’affiche extrêmement attractives (Shellac l’année passée, Jesus Lizard cette année) une programmation gratuite pour les journées du w.e. toujours audacieuse et de grande qualité (Sage Francis l’an dernier). L’édition 2009 ne déroge pas à la règle, pour ce dimanche après midi, avec DeerhoofEbony Bones et surtout le génie de l’électro Dan Deacon. On peut aussi y ajouter comme curiosités : l’artiste syrien Omar Souleyman et les israëliens déjantés de Monotonix.

DÉBUT 15H29

Nous sommes Jardin des îles, l’ambiance est au pique-nique dans cet endroit intimiste qui nous offre une très belle vue sur une géode étincelante. Le dépaysement total sera garanti avec Omar Souleyman qui débute les concerts de ce dimanche. Le chanteur syrien arrive, keffieh sur le crâne, sorte deMorrissey extrême-oriental il enchaine ses morceaux mêlant rythme électro et sons plus traditionnels. En quelques minutes le public est sous le charme et se trémousse gaiement.

CHANGEMENT DE RIVE

Les concerts sont éparpillés sur tout le site du Parc de la Villette. Juste le temps de traverser le canal de l’Ourq et de s’enfouir au fin fond du Jardin de la Treille et voilà le set de Monotonix qui débute. Plutôt qu’évoquer le set musical il vaudrait mieux parler d’un show. Les trois israéliens sont connus pour avoir été bannis de tous les clubs de leur pays pour conduite douteuse depuis ils ne se produisent d’en Europe et aux USA. Le chanteur rappelle par moment celui d’Eagles Of Death Metal mais la subtilité rock en moins.

IL NE RESSEMBLE PAS À GRAND CHOSE

Le souci des concerts qui s’enchainent non stop c’est qu’ils se déroulent sur des scènes différentes et dans notre cas il nous faut prendre la passerelle pour passer d’une rive à l’autre. Coincée dans la treille dont le jardin fut dévasté par lesMonotonix je ne parviens à atteindre la scène de Deerhoof qu’au beau milieu de leur set. Ce que j’en entends ne m’enthousiasme guère. Ce qui n’est pas étonnant puisqu’Offend Maggie écouté et reécouté n’est déjà pas convaincant. Il s’agit alors de la jouer tactique : les pelouses de la prairie du cercle nord se remplissant généreusement il faut faire vite pour se coller à la scène avant le début de la prestation de Dan Deacon.
Il ne ressemble pas à une rock Star le "gros" Dan. On le croirait tout droit sorti d’une série américaine pour adolescents. Il incarne le parfait geek : celui qui passe sa vie dans son garage rempli de computer et autres machines pour y créer seul sa musique.
Tout est multiple sur la scène. Que ce soit dans les couleurs de scotch qui servent à maintenir la quantité phénoménale de câbles qui partent de ses appareils. Que ce soit le nombre de membres du groupe qui l’accompagnent (qu’on croirait sortis d’un collège alentour). Après un réglage dont on ne pensait jamais voir la fin, quasiment une heure pour vérifier la multitude de branchements, la prestation de l’américain débute enfin. Un concert de Dan Deacon c’est parfait pour un festival, c’est idéal dans un parc ! Déjà la musique électronique bonne enfant du monsieur est très conviviale, jouissive. En plus, l’homme sait animer un festival comme personne. Avec une autorité débonnaire il propose des activités danses pour accompagner ses morceaux. La présence d’un monsieur « Super Tomate » comme l’ont surnommé mes voisins de devant de scène apportera à l’ambiance hyper joyeuse du moment (cf vidéo ci-dessous). Mais qu’on ne se trompe pas : les morceaux de Dan Deacon n’ont pas besoin de toute sorte d’artifice pour mettre la pèche, dès les premières minutes on saute dans tous les sens, on se laisse transporter dans des rythmes effrénés sur des zigouigouis de spoken voice venus de l’espace. Dan Deacon n’est pas le dernier pour se trémousser et mettre le feu à la scène qu’il occupe avec sa douzaine de coéquipiers !

samedi 30 mai 2009

Matt Elliott - Galerie Chambre à Part, Strasbourg (29/05/2009)


Un roman d’amitié
Matt Elliott c’est un peu une très longue histoire presqu’un long roman d’amitié comme l’auraient chanté Glenn et Elsa. Ceci depuis ce concert de juin 2005 dans un Molodoï quasi désert. Entre temps il y eut d’autres concerts et des sessions acoustiques inoubliables  et . C’est ainsi que pour la quatrième fois le grand monsieur s’offre à moi. Matt, cet artiste à part, celui dont la gentillesse est proportionnelle à sa grande taille. Un des rares qui vient apprécier au sein du public les prestations des autres artistes qui partagent l’affiche avec lui. Un être accessible, ouvert et bourré de mille talents.
C’est presqu’un coin de verdure...
...que cette cour où se produit Matt Elliott. L’association Komakinoprésente l’artiste dans l’un des recoins les plus magiques de la capitale strasbourgeoise : la galerie d’expositions photographiques Chambre à part. C’est au fond d’une petite cour pavée et herbacée, entouré des reliques de ce qui fut une vigne magnifique que Matt Elliot prend place devant un public d’une trentaine de personnes dans une ambiance chaleureuse, privée et presque familiale.
Son meilleur concert
Matt Elliott nous paraît en très bonne forme avant son set. Cela change des fois précédentes quand il meurt de chaud dans une salle du Molodoï étouffante ou revient de ses enfers grippaux lors de ses prestations à La Laiterie ! Oh que oui : Matt est en grande forme ! Ce ne sont pas des tentatives d’apitoiement de Caliméro du pauvre à coups de "Je n’ai plus de voix, je suis cassé, j’ai mal à la gorge" qui impressionnent. Non tout ceci c’est pour le folklore Elliottien. Matt n’a jamais été aussi bien et sa prestation s’en ressent amplement.
Le set débute par la “mort de la France” avec son crescendo de "Sarko enculé, Sarko enculé, Sarko enculé..." jouissif à souhait. Pendant près d’une heure trente (rappel compris) Matt Elliott va enchainer les morceaux, toujours dans cette ambiance mélancolique qu’il affectionne tant avec ses boucles de voix, de guitare, les montées ultra puissantes en fin de titres. la magie opère ce soir comme elle n’a jamais opéré lors des prestations précédentes. Le lieu y est sans doute pour beaucoup. En salle les musiques, les ambiances tragiques de monsieur Matt nous emportent vers des ailleurs. Là encore on ressent tout cela mais s’y ajoute un petit vent de fin de printemps qui souffle sur nos nuques, des oiseaux qui passent dans un ciel pas encore obscurci, des odeurs d’extérieur, de fumées aussi (Les non-fumeurs les avaient oublié ces odeurs de cigarettes qui envahissaient les salles de concert). Tout devient subtil, tout se mêle admirablement aux sons entêtants que produit le talentueux Matt. Et même si le volume sonore s’envole lui aussi par moment ce n’est que pour le plaisir de tous ceux qui ont la chance d’être présents dans l’intimité de cette petite cour du centre ville de Strasbourg.

dimanche 19 avril 2009

Zone Libre - La Laiterie, Strasbourg (18/04/2009)


Autant être honnête dès le départ : le projet l’Angle Mort réunissant Zone libre (formation que nous suivons depuis le début de leur aventure aux frontières du rock torturé expérimental) et les deux stars de la scène hip hop engagée Hamé de La Rumeur et la rappeuse Casey avait bien déçu sur disque. Avec une production bien étonnante quant à la qualité médiocre du son et une désillusion concernant l’alchimie tant attendue de la rencontre de deux mondes musicaux assez disparates, on était bien amer. Pourtant on y croyait fort à ce mélange rock expérimental & hip hop. Et là sur album, on naviguait entre du très bon son et des propos parfois caricaturaux. Une sorte de Zone Libre un peu bradé ou du Hamé / Casey ayant quelques peines à s’élever au niveau des musiciens qu’ils avaient rejoints. Autant dire que la découverte de la formation à 5 sur la scène de La Laiterie, dans le cadre du festival Artefacts 2009, était plus de l’ordre d’une curiosité tendre que d’une folle et impatiente envie de ma part. Déjà, pour avoir assisté à deux concerts de Zone libre, la première surprise qui n’est guère étonnante à bien y réfléchir, concerne le public de la salle. On sent bien que les trois quarts sont des fans d’Hamé et de Casey, rien à voir avec les personnes présentes aux précédents concerts de zone libre. La moyenne d’âge est bien plus basse, les sweat capuches sur la tête font légion et puis, ce qui ne gâche rien, le public des rappeurs est très motivé dans l’attente de leurs stars. Mais tout n’est pas gagné d’avance car ce sont ces mêmes personnes qui se posent mille questions depuis des mois sur ces impies rockeurs qui sont venus s’acoquiner avec leurs deux héros de la rime engagée. Seuls les trois membres de Zone Libre sont sur scène quand le concert débute. Serge Teyssot gay est déjà en belle forme, sautillant au rythme des accords. Cyril Bilbeaud et marc Sens sont beaucoup plus sages, un peu retirés chacun dans leur coin. Hamé et Caseyentrent sur scène et là c’est déjà la folie qui s’empare des fans ultimes des deux rappeurs. Autant dire qu’on est loin d’un concert typique Zone Libre. Les rappeurs ont pris la scène d’assaut et ils ne la lâcheront plus. Les morceaux se révèlent nettement plus efficaces en live que sur album. Hamé reste un peu plus en retrait, échangeant surtout avec son public, limitant ses quelques interactions scéniques avec sa complice Casey. Il est très étonnant ce Hamé, (Hamé de La Rumeur comme on dit dans le milieu). Alors que je m’attendais à trouver là devant moi un rappeur ultra hargneux, c’est un garçon assez touchant dans ses revendications avec un regard souvent triste à la Winnie l’Ourson. En fait celle qui mène la danse et porte le concert à bout de bras et à bout de mots c’estCasey. Cette fille, que je découvre ce soir, est absolument formidable. Déboulant sur la scène dans une tenue complètement asexuée mêlant cuir et jogging, elle porte sur l’ensemble du public dans regards complices, nous lance des sourires rageurs. Elle aussi, tel Sergiot et sa guitare, sautille nerveusement, déclame les paroles des morceaux de l’Angle Mort avec une conviction qui motive la totalité du public. Cette fille est une sacrée meneuse c’est une évidence et une artiste terriblement douée. Une ambiance totalement hip hop envahit la salle et les interprétations de Zone Libre sont largement appréciées si j’en crois les yeux émerveillés posés sur Sergiot et les pouces levés en l’air adressés àCyril Bilbeaud qui se démène de belle manière derrière son instrument. Autant dire que la soirée est assez éloignée du désastre redouté tant le plaisir de Casey est communicatif. Le concert est bon et l’ambiance carrément démente. Pourtant la fan de Zone Libre que je suis reste quand même bien frustrée. L’alchimie des concerts à trois a totalement disparu. A part quelques rares regards entre Cyril Bilbeaud et Serge Teyssot GayMarc Sens reste bien seul isolé dans le coin droit de la scène. Entre les rappeurs et les musiciens aussi, la complicité n’est pas évidente. Mises à part quelques taquineries de Casey envers Sergiot et ses perles de sueurs, les échanges sont inexistants. D’un point de vue musical, la déception est énorme. Quand on a entendu ce que sont capables de faire les Zone Libre dans le côté expérimental, là ils se limitent à des bons riffs rocks, quelques solos rapides de Teyssot Gay : un bon accompagnement rock sans plus. Si Marc Sens a bel et bien emporté sa perceuse sur scène je n’ai aucun souvenir de l’avoir vu s’en servir. Tout ceci donne surtout la désagréable impression d’assister à une soirée Hamé,Casey & son orchestre. J’aurais aimé qu’il y ait un mélange de morceaux hip hop rock mais aussi qu’on se laisse le droit de naviguer vers des plages plus expérimentales dans lesquelles excelle Zone Libre. Mais peut-être a-t-on eu peur de trop de destabiliser les fans des rappeurs qui déjà devaient digérer la pilule orchestration rock. Reste à espérer que ces premiers essais scéniques ayant été transformés, le groupe proposera, lors de la ribambelle de festivals auxquels ils vont participer cet été, des tentatives plus intrépides vers les contrées expérimentales.

samedi 4 avril 2009

Ghinzu - La Laiterie, Strasbourg (01/04/2009)


OTAN suspend ton vol
Dans une ambiance plus que survoltée (pour cause de sommet de l’OTAN), un de ces jours où les farces sont de mises, Strasbourg attendait au pied levé l’arrivée des belges pour leur toute première date de concert dans l’hexagone.
Cette soirée fut bien placée sous le signe de la blague mais de la mauvaise blague. Déjà lorsque le public a découvert, dans la salle de la Laiterie, la mise en place d’une fosse avec barrières de protection : 1 m de large sur la vingtaine de mètres le long de la scène : étonnant. Surtout pour un groupe comme Ghinzu ! Même si je découvrais les belges sur scène ce soir-là, je n’avais pas le souvenir d’anecdotes quelconques concernant de graves incidents survenus lors de leurs précédents concerts.
O.T.A.N. oblige, il m’avait semblé plus sage d’arriver très tôt, à l’ouverture des portes, pouvant ainsi apprécier pleinement la spiritualité du fan de base de Ghinzu : "Ohhh mate le bus qu’ils ont, oh oui c’est bien leur bus il est immatriculé en Belgique ! ", "oooooooooh ils vendent même des tee-shirt".
Alors que le concert Parisien se tenant deux jours plus tard avait vite affiché complet, la Laiterie est à moitié remplie lorsque prennent place les deux jeunes hommes de The Black Box Revelation qui assurent la première partie de la soirée. Et on peut dire qu’ils se démènent les garçons, entre rythmique bien nerveuse et un guitariste survolté : on ne s’ennuie pas une seconde. Les morceaux sont vraiment bons et l’attention ne retombera pas. Il n’y a pas à dire mais la simple association batterie-guitare-voix se révèle parfois mille fois plus efficace que tout un assemblage musical tortueux. En voilà deux qu’il convient de garder dans un petit coin de sa tête.
Pour jeunes gens de bonne famille
On prépare alors la scène en vue de l’arrivée des Ghinzu, le public est assez hétéroclite, pas si jeune que cela, pas si rock que cela non plus. La perplexité fait place à la curiosité lorsque l’on découvre une sorte d’assemblage de néons et de miroirs aluminium un peu pourraves en fond de salle il faut le reconnaître : un peu comme si on était devant la maquette carton pâte d’un concert de Nine Inch Nails ! Oubliant vite les aigreurs du moment, nous voici face à nos belges tout beaux dans leur costume avec une classe terrible derrière leur grosse lunette noire. En fait de classe cela fait vite péteux, dans leur gesticulation, leurs mimiques bizarres. Ils sont sur scène depuis 5 minutes à peine et John Stargasm m’exaspère. je n’en peux plus de son cinéma, de ses « montrages » du doigt et de ses sourires mielleux. Les autres ne convainquent pas plus dans la sincérité de leur jeu et ce ne sont pas quelques effets stroboscopiques du pauvre qui rendront le moment inoubliable. Chose étonnante, la salle n’est absolument pas réceptive aux morceaux proposés par le groupe. C’est d’autant plus surprenant que Ghinzu symbolise l’archétype de ce que l’on appelle une bande à groupies. Personne ne bouge de plus de 10 cm et paradoxe suprême, alors que dix jours auparavant je n’avais jamais écouté le groupe, je passe pour leur plus grande fan dans la salle. Il n’y a que moi pour reconnaître les titres de mirror mirror et me secouer gaiement sur chacun des nouveaux morceaux du groupe. De là vient sans doute la mauvaise ambiance de ce début de soirée, l’album sortait la veille, et tous ne sont pas des pirates du net et n’ont pas pu réviser leur nouveau Ghinzu avant de venir au concert. D’autant plus que le son ce soir-là n’est pas des meilleurs et que les versions live sont assez décevantes comparées à celles découvertes sur l’album !
Heureusement pour les groupies de base, quelques anciens succès vont être joués et seront vite reconnus, comme le merveilleux The Dragster Waves. La laiterie se réveille enfin, passe plutôt de l’état d’endormissement total à celui de la somnolence. Dans un moment de surexcitation intense va se produire devant moi le pogo le plus ridicule que je n’ai jamais vu : si quelques corps se sont effleurés lors de ces tentatives hasardeuses de « remuages » sauvages cela aura déjà été énorme. C’est là qu’on se dit qu’ils ont vachement bien fait de mettre une fosse de protection dans la salle. Savoir si un fou furieux, fan des belges, n’aurait pas tenté une petite escalade de la scène pour un saut à pied joint de 80 cm de hauteur ! Pfiououououou nous avons échappé au drame !
Au fil de la soirée, entre quelques bavardages et rigolades, le chanteur de Ghinzu apparaît beaucoup plus sympathique et a perdu toute cette prétention qui accompagnait son arrivée. Le groupe quitte la scène après un numéro de striptease qui nous permettra de nous rincer l’œil sur les fesses du guitariste chevelu pendant 5 bonnes minute. Retour sur scène pour un premier rappel etJohn Stargasm annonce alors le morceau “mine” dans une nouvelle version : une version indus. AH voilà !!!!! l’aveu enfin, non je ne suis pas paranoïaque, ces néons, ce cinéma de mise en scène, on veut se la faire indus façon Nine Inch Nails ou pire façon nouvel Indochine !?! De manière parfaitement objective cette reprise n’est indus que dans les rêves de John Stargasm. La soirée s’achève devant un parterre de jeunes hommes et jeunes filles de bonne famille apparemment satisfaits de leur concert.
Ghinzu débutait là leur tournée avec un album à peine sorti, c’est un fait. Ensuite il se peut que le groupe ait eu la tentation de se reposer un peu sur ses succès live précédents et se soit en quelque sorte démotivé pour ce début de tournée. Les belges possèdent un beau répertoire de nouvelles chansons (“take it easy”, “Kill the surfers”...) mais cela ne suffit apparemment pas. Il va leur falloir confirmer sur les dates suivantes et pas seulement nous faire profiter de leurs jolis fessiers !

samedi 14 février 2009

The Wedding Soundtrack - L’International, Paris (07/02/2009)


En toute objectivité.
Ce n’est pas un exercice facile de parler du travail artistique de personnes que l’on connaît, qui plus est, qu’on a connues avant de découvrir leurs œuvres musicales. Forcément, quand on ne vit que sur la nostalgie, en écoutant, en les voyant sur scène on se souvient alors de premières prises de bec, il y a 4 ans déjà, quand au détour de forums XsilencieuxClément me reprochait mon pseudo-mépris envers les artistes inconnus ou d’être l’unique détentrice du bon goût musical. Débats après débats, ce sont bien souvent les personnes avec lesquelles on se querelle le plus qui nous sont en fait les plus proches. Déjà, il évoquait son groupe, The Wedding Soundtrack, qu’il portait quasiment seul à bout de bras et de ce label Another record dans lequel il s’investit tant et qui regorge de jeunes artistes de grands talents.
Puis Mathilde à la batterie et Simon se sont joints à lui apportant à The Wedding Soundtrack un son plus rock que pop antifolk. C’est sous la formation trio que le groupe a sorti l’album Poland qui reçut un bel accueil : la maturité tout ça... Entre temps, Clément est devenu un collègue rejoignant la grande famille du corps enseignant. Forcément, évoquer une connaissance maintenant collègue voilà qui rend l’exercice encore plus ardu. Juste avant la sortie de Na Na Na RoVivien a rejoint le trio et c’est à 4 qu’ils présentent leurs nouveaux morceaux dans ce fort sympathique bar L’international en première partie du concert des Creaky Boards.

Au-delà de la simple amitié

C’était un peu le leitmotiv de la soirée : les amis, les retrouvailles, le temps qui passe, nous dépasse, ce qui change, ne change pas. Les souvenirs, les regrets, les envies qui nous ont quittée, des nouveaux désirs qui sont arrivés. On se raccroche à ces quelques fils rouges qui se présentent à nos pieds, qu’on entend d’une oreille distraite. Il y a là un ami perdu de vue depuis trois ans et le plaisir de découvrir enfin sur scène ClémentMathilde et leurs deux compères.
Alors qu’on pouvait s’attendre, en souvenir des écoutes des morceaux de Polandet de l’album précédent, à une soirée plutôt douce à base de ballades pop folk assez calmes, on se surprend à trouver cela bien hargneux dès le premier morceau. Mathilde assène une rythmique bien nerveuse derrière sa batterie.Clément n’est pas dans le phrasé doux mais dans un chant qui impose une puissance d’interprétation dès ses premières mesures à la guitare. Vivien etSimon ont, quant à eux, une présence scénique fort efficace.
Pas mal de morceaux du nouvel album seront présentés, sur quelques-uns Mathilde apportera ses chœurs ou un chant duo. Pour un premier concert présentant Na Na Na RO, dans un bar de la capitale, les poitevins assurent une excellente prestation provoquant ainsi la fuite des gens depuis le(s) bar(s) jusqu’au devant de la scène. Le set s’achève, trop vite, par la douce “Berceuse” dont la version présentée toute en vigueur sur le final, nous donne plus envie de réclamer tout plein d’autres morceaux que d’aller vite nous coucher.
C’était une belle soirée, émouvante, tendre, et joliment surprenante. On est heureux de voir des amis jouer ; on l’est encore plus quand on constate que ce qu’ils nous ont présenté était une prestation de grande qualité. On est fier et on n’a qu’une envie vous inciter à aller très vite écouter ces quatre là sur album ou si possible en vrai.

jeudi 12 février 2009

Leila - La Laiterie, Strasbourg (11/02/2009)


On aurait... mais non

On aurait eu envie de parler de la fort passionnante deuxième première partie Filastine : projet d’un percussionniste français basé à Barcelone qui sévit sur scène avec un caddy contre lequel il s’excite à coup de baguette sur fond électronique.
On aurait pu s’énerver contre cette troisième première partie qui nous fut imposée avec les simplistes Tahiti 80. Pas vraiment méchants les bougres, mais proposant des morceaux rock pop limite variété détonants pour ceux qui étaient venus voir Leila. On avait vraiment envie d’être patients pour profiter au mieux d’un concert tant attendu qui ne devait, du coup, ne débuter qu’à 22 h 45 (apparemment La Laiterie avait décidé de faire un mix de deux soirées différentes, en proposant deux séries de concerts sur deux salles communicantes, faute de spectateurs ?). Tahiti 80 a fait l’effet d’une douche froide après la prestation tellement réussie de Filastine. Quand l’enthousiasme est plus présent sur scène que dans la salle il y a de quoi se poser des questions. Ils sont gentils ces garçons et on est même très étonné de voir à quel point il peuvent prendre tant de plaisir à jouer... ça ! Quelques minutes de leur prestation auront réussi à mettre à mal la patience pourtant bien motivée d’une grande partie du public venu pour Leila faisant se désemplir la salle club au fur et à mesure qu’approchait le concert de Leila dans la salle adjacente.

Plus tard je ferai Leila Arab.

Voir Leila Arab sur scène c’était une grande première, un vrai concert de musique électronique c’était aussi une grande première. De constater que les platines avaient été positionnées si loin en fond de scène, juste au bas d’un écran géant sur lequel défilaient déjà des animations aux superbes graphismes rappelant la pochette de l’album Blood, Looms And Blooms : c’est étrange.
Le concert commence, on la devine déjà installée dans son antre, on l’aperçoit passant un bout de tête derrière les platines et les énormes enceintes. C’est une très belle femme, qui porte ce soir là une robe verte et un chemisier blanc. Une sorte de madame tout le monde, que l’on pourrait croiser chez le commerçant du coin, avec qui on pourrait parler éducation de nos enfants, du temps qu’il fait. Une dame ! Pas un génie de la musique électronique ! Elle virevolte de gauche à droite, manie les boutons et devient maîtresse du son. Ce son qui envahit alors la laiterie. Le morceau “Mettle” interprété dès le début du set emporte le public présent dans une quasi transe.
Débutant par quelques sons légers, doux, la tension ne cesse de monter. Elle, pourtant si frêle, parvient à imposer dans cette grande salle de la Laiterie toute sa puissance électronique. Nous ne sommes même pas sous son charme ; nous sommes carrément bluffés par les réelles compétences de cette artiste. Viennent se relayer sur le devant de la scène, dans l’interprétation vocale de quelques titres, sa grande sœur Roya Arab qui se montre nettement plus loquace et très à l’aise face au public strasbourgeois, ainsi que deux autres interprètes : féminin et masculin (dont les noms m’échappent pour être honnête).
Pendant ce temps-là, sans dire un mot, Leila est là tout derrière et s’affaire. Elle quitte la scène sur un long morceau qui s’achève en des textes inlassablement répétés. Elle réapparaîtra furtivement juste le temps de se cacher derrière ses platines pour nous gratifier d’un magnifique sourire.
Un peu comme une fée, elle disparaît de nouveau discrètement et définitivement. Elle nous laisse alors des tas d’images magiques qui défilent dans notre inconscient et le doux son les accompagnant qui ne nous quittera qu’au moment de l’endormissement.