C’était pour l’heure du goûter que nous avions été conviés à la Médiathèque Tomi Ungerer de Vendenheim afin de rejoindre Matt Elliott. Ce concert gratuit clôturait toute une série d’animations liées au Basse Zorn’Live Festival 2011. Horaire et lieu atypiques pour retrouver le grand Matt, ce qui n’empêche pas les fidèles d’être présents ainsi qu’un public de tout âge prêt à découvrir un univers musical particulier où se mêlent dark folk et arrangements électroniques. Connaissez-vous Matt Elliott l’éternel insatisfait ? Quand il ne nous fait pas partager ses petits bobos de maux de gorge ou gros rhume, c’est la mauvaise forme générale qui est responsable de... mais de quoi d’ailleurs ? Je n’ai vraiment pas de bol depuis 6 ans que je vois Matt Elliott en concerts, ce n’est (d’après lui) jamais terrible ! Il faut croire que c’est du "pas terrible accrocheur" pour être toujours portée par la même excitation de retrouver le monsieur assis derrière ses multiples pédales, guitare en mains. Perfectionniste à l’extrême Matt ressent profondément toutes ses bêtises ou autres couacs musicaux que la majorité du public devine à peine. Et quand bien même, on s’en fout : nous ne sommes pas là dans le cadre d’une audition de conservatoire. Ce que l’on veut c’est retrouver Matt et sa manière toute particulière de créer à partir d’un morceau au démarrage "guitare dépouillée" des ambiances sonores prenantes. Par ses jeux de sample de voix, de cris, de boucles musicales, Matt Elliott sait comme personne faire monter la puissance jusqu’aux limites de l’oppression. En cela notre Droopy folkeur excelle comme toujours. C’est d’ailleurs amusant de chercher à repérer lors des différents morceaux le moment déclic où tout démarre, de s’imprégner d’un calme avant la tempête et de se laisser chambouler par un déversement sonore fort intense. Qu’importe si la trame est toujours un peu identique, beaucoup ne s’en lassent pas. Matt qui, on le sent, veut terminer en beauté nous offrira une bonne demi-heure de morceaux supplémentaires. Quelle chance, même si elle n’est pas forcément partagée par un jeune public à qui il ne faut jamais dire 4 fois de suite :"là je vous fais un dernier morceau !". D’ailleurs voilà en bloc quelques impressions de la toute jeunesse (10 / 12 ans) découvrant Matt Elliott sur scène : "C’était bien mais c’est un peu toujours pareil", "Comment peut-on jouer si fort sans médiator !?", "Il n’a qu’une chanson en fait ?", "Incroyable il n’arrête pas de se faire des rappels à lui-même !"[C’est le coup des 4 derniers morceaux qui n’est visiblement pas passé.], "C’était quand même bien mais un peu trop long.". OUF !
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mercredi 27 avril 2011
samedi 23 avril 2011
Récréation avec des Foals assagis
Les Foals sont surtout connus pour leurs extravagances sonores et la furie de leurs interprétations. Yannis Philippakis, chanteur "crapahuteur" est du genre qui-ne-tient-pas-en-place. Il est de ceux dont l’énergie sur scène ou en vidéo est de suite communicative. Aussi le voir si tranquille caché derrière ses lunettes noires, chanter posément et tout en douceur le magnifique "Spanish Sahara" lors d’une récente session acoustique KEXP c’est la fois étonnant et complètement magique.
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lundi 18 avril 2011
Moon Duo - SCARS
Moon Duo - SCARS (Sonic Boom Remix) 7"
Sorti le 16 avril 2011 disponible à l’achat ICI ou lors de la tournée à venir.
Sorti le 16 avril 2011 disponible à l’achat ICI ou lors de la tournée à venir.
Il y a pile poil un an Moon Duo fêtait déjà le Record Day en proposant un split 7" avec Bitchin Bajas. Cette année c’est une piste remixée de leur album Maze qu’on nous propose. Cette nouvelle version de "Scars" est accompagnée d’une vidéo réalisée à partir de vieux films tournés en super 8 dans lesquels on retrouve la maman de Sanae Yamada.
Moon Duo - Scars (Sonic Boom Remix)(Official Video) from Souterrain Transmissions on Vimeo.
dimanche 17 avril 2011
EMA - Past Life Martyred Saints
Sortie prévue le 6 juin 2011 chez Souterrain Transmissions
EMA est le nom de projet sous lequel on retrouve Erika M. Anderson la blonde chanteuse des Gows. Originaire du Dakota du Sud la jeune fille est en train de faire fondre le cœur des rock critiques les plus teigneux. Qu’on lise Paul Lester du Guardian, en passant par les recommandations de Thomas Burgel des Inrocks, jusqu’à cet article savoureux de Rockoh concernant l’après P.J. sur La Blogothèque, on comprend assez vite que les interprétations intenses et rugueuses de la jeune femme ont une capacité immédiate à charmer l’auditeur. Moi-même à force d’écoutes des 9 pistes dePast Life Martyred Saints je suis en train de tomber gravement amoureuse. La rockeuse (folk, gothique... selon les délires de certains) ne manque pas d’atouts séduisants. C’est un son brut et distordu qu’Erika nous balance accompagné d’un chant tendu rappelant les plus belles heures des Cat Power et consœurs : l’efficacité (malgré le côté déjà-entendu) est redoutable. Immanquablement les effets de Past Life Martyred Saints devraient être dévastateurs.
samedi 16 avril 2011
The Feeling Of Love - Mudd Club, Strasbourg (15/04/2011)
Hier soir, je devais bien être l’unique pinpin de la capitale alsacienne au Mudd Club à découvrir enfin The Feeling Of Love. Même ma copine Mlle Eddieétait tombée sous leur charme il y a plus d’un an et évoquait le trio de l’Est sur son recommandable webzine Le Choix. La soirée était aussi l’occasion de fêter la sortie du troisième album de la formation Metz-Strasbourg : le tout autant recommandé Dissolve Me [Critique à lire et morceaux en écoute par David Pais chez The Drone]. C’était aussi un prétexte pour découvrir le nouvel endroit où ça "live" sévère dans la capitale alsacienne : le Mudd Club et... son escalier qui branle,... son gros poteau devant la scène et... ses faux murs en draps (J’exagère le drapage, c’est juste à un endroit stratégique où j’ai voulu m’adosser -> pas d’bol). Cela ne fait pas trop envie présenté de la sorte mais passé le stade de la crise de panique du "On va tous mourrrrrir dans ce truc trop petit où y a trop de monde" l’endroit est bien sympathique. Et si l’on excepte le type qui applaudit en oubliant qu’il tient une bière et explose alors son verre par terre, aucune perte n’est à signaler parmi la foule nombreuse de spectateurs présents la nuit dernière. Quand les trois membres de The Feeling Of Love prennent place (enfin se compactent pour jouer dans un recoin de la salle) on comprend assez vite pourquoi il y a du monde et pourquoi certains sont surexcités au son des premiers accords et rythmiques. Quelques secondes suffisent à se faire une opinion plus que positive. D’abord, les morceaux proposés offrent une puissance immédiate sans être bourrins. Les mélodies et le chant accrochent rapidement. Que l’on connaisse ou non les titres, le plaisir d’écoute et de découverte est là alors on en profite. Il y a également une subtilité charmante qui émane de ce "rock garage" à la fois étonnante et épatante. Enfin, les ambiances de temps à autres psychédéliques se révèlent tout autant enivrantes. Mlle Eddietrouvaient The Feeling Of Love "bigrement addictifs" sur album, les découvrir sur scène produit inévitablement un effet similaire.
The Feeling Of Love sur Myspace
The Feeling Of Love sur facebook
Allez tant qu’à faire du copié-collé sur tout l’article une vidéo toute récente :
The Feeling Of Love sur facebook
Allez tant qu’à faire du copié-collé sur tout l’article une vidéo toute récente :
mercredi 13 avril 2011
Atari Teenage Riot - Blood In My Eyes
Single sorti depuis le 4 avril 2011
Extrait de l’album Is This Hyperreal ? sortie prévue le 20 juin 2011
Extrait de l’album Is This Hyperreal ? sortie prévue le 20 juin 2011
Dix ans après le décès de Carl Crack, le groupe phare d’Alec Empire marque son retour dans l’actualité musicale avec la sortie prochaine de l’album Is This Hyperreal ? Voilà qui devrait faire le plus grand bonheur des fans de digital hardcore. Alec Empire (aussi connu comme l’homme qui ne partage pas ses bouteilles d’eau minérale en backstage) n’est pas vraiment un bonhomme très sympathique. On lui pardonne son côté diva péteux par le talent visionnaire et l’évolution brillante qu’il a su donner aux musiques électroniques et industrielles un peu à la manière d’un Trent Reznor (pour qui Atari teennage Riot assura pas mal de premières parties de tournées de NIN). L’artiste berlinois a su depuis presque 20 ans rassembler autour de ses réalisations un socle de fans solides et passionnés par les sons brutaux, les rythmiques épileptiques et les stroboscopes à outrance. Déjà en solo, les shows d’Alec Empire étaient impressionnants tant sur scène (l’alarme incendie de la Laiterie s’en souvient encore) que dans la salle mais ce n’est rien à côté de ce que Atari teenage Riot est capable de libérer en live. L’album à venir s’annonce démentiel tant dans le contenu que sur la forme (à lire la review de Louder Than War). Alec Empire s’est confié récemment dans un entretien très instructif sur les dix années écoulées, le retour du groupe, notre société (à lire l’entrevue dans Last Hours). Comme toujours les morceaux d’ATR restent très engagés : le premier extrait en écoute, "Blood In My Eyes", évoque par la voix de Nic Endo le trafic des femmes et leur exploitation sexuelle dont nos société, pourtant civilisées, demeurent des témoins honteusement muets.
En écoute :
En vidéo teaser :
dimanche 10 avril 2011
Chapelier Fou - Le Molodoï, Strasbourg (08/04/2011)
Quoiqu’en pensent certains (et c’est leur droit), je persiste en revendiquant haut et fort le fait que l’album 613 de Louis Warynski (alias Chapelier Fou) restera pour moi l’une des oeuvres les plus marquantes et remarquables de l’année 2010. Album magique d’où jaillissent toutes sortes de morceaux mêlant classique et musique expérimentale, chacun empreint d’une poésie musicale fort émouvante. Evidemment l’idéal fantasmé pour rencontrer une première fois ce jeune artiste en concert serait sans doute un lieu calme, feutré, intime... On se doutait bien en se rendant au Molodoï pour une soirée co-produite par les associations LARKIPASSet PELPASS que ce serait tout à fait un autre cadre. Qu’importe ! L’intérêt est de pouvoir enfin croiser Chapelier Fou et si il y a du monde (et il y en eut entre groupies et proches du messin) tant mieux. Alors il faut faire avec... et passer outre les bavardages d’un public bruyant, les délires alcoolisés de types tellement bourrés qu’ils ne différencieraient même pas un set de la Compagnie Créole de celui de Chapelier Fou et s’accommoder des relents de fritures (?!) qui envahissaient par moment le fond du Molodoï. Quand on sait à quel point l’artiste que l’on veut voir est génial, notre capacité à l’indulgence devient alors phénoménale. Le grand Louis monte sur scène arborant un tee-shirt d’Arnaud Michniak du meilleur effet (J’ai le même !!). Premier étonnement : je savais le garçon proche de Matt Elliott(vues leurs multiples collaborations) j’ignorais qu’il puisse être fan deMichniak. A moins qu’Ici d’Ailleurs ne possède encore quelques stocks de tee-shirt invendus qu’il refile à ses artistes. Bref on s’en fout. Chapelier Fou en vrai est un personnage aussi surréaliste que ses morceaux. Sur une scène presque trop grande pour lui, on observe un gaillard tout effilé, presque désarticulé. On croirait faire face à un pantin ou un automate. Dans son mètre carré d’instruments à la fois classiques (le violon) et électroniques, le garçon s’affaire sans relâche et nous offre quelques moments de pur bonheur comme cette version très réussie de "Darling darling darling". Pas l’ombre d’une déception de mon côté tant je saisis, malgré les conditions, la qualité du set proposé. C’est une magie sonore portée par la grâce et la fragilité presque adolescente de Chapelier Fou qui envahit un temps un Molodoï effervescent. Il y aura d’autres occasions, d’autres endroits pour apprécier encore mieux les réalisations de cet artiste talentueux.
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