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mardi 31 janvier 2012

Et pour Mam’Zelle? Un petit Jack White?

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Autant dire qu’hier soir c’était l’effervescence dans la maisonnée. A peine remis de la diffusion des morceaux live de la dernière tournée ("le retour de") des Raconteurs, voilà qu’un inédit de Jack White, extrait d’un album solo à venir était diffusé sur le net par l’auteur himself. Quand on vit avec la plus fan des adoratrices de moins de 12 ans de White et tous ses projets musicaux, c’était l’occasion idéale de combler sa progéniture et de marquer un nombre considérable de points au concours de la maman-la-plus-géniale-que-les-autres-aimeraient-trop-avoir.
Au concours de l’homme le plus imprévisible, Jack White n’est pas mal classé non plus. C’est qu’il cachait bien son affaire le bougre ! Alors que tout le monde s’attend plus ou moins à l’annonce d’un nouvel album de The Raconteurs, et bien c’est un album solo qu’il dégoupillera le 24 avril prochain : Blunderbuss via son propre label Third Man Records. Le premier extrait "Love Interruption" est un sympathique morceau blues rock où White est accompagné d’une voix féminine pour l’instant inconnue. "Mais, mais, mais... il n’est pas tout seul alors que c’est un album solo qui est prévu ?!". Bien vu Mam’Zelle ! Voilà de quoi aiguiser la curiosité des fans de Jack tout âge confondu.

lundi 30 janvier 2012

Giöbia - Mudd Club, Strasbourg (29/01/2012)


Il fallait être sacrément motivé pour défier l’arrivée brutale du froid ( "Winter is coming" comme dirait l’autre), de plus un dimanche soir et parvenir à crapahuter jusqu’au Mudd Club. C’est en fait un certain matraquage vidéos(dont l’auteur se reconnaîtra) et une révélation de dernière minute qui ont finalement eu raison de ma flemme dominicale. Il était évident qu’une virée dans un centre-ville quasi désert à la découverte des italiens Giöbia et de leur garage rock psychédélique était la vraie bonne idée de fin de week-end. Et puis leMudd Club, ses concerts, ses habitués... offrent immanquablement de belles parenthèses de vie.
Giöbia sont quatre milanais dont on sent d’emblée l’énorme potentiel scénique. Le concert est carré, parfaitement mené du début à la fin avec une setlist bien fichue et dense (avec rappels et tout et tout). Les morceaux ravivent immédiatement l’âme nostalgique de ceux qui ont connu ou aimé le rock psyché des années 60 et 70. On découvre un tee-shirt de Brian Jonestown Massacresur le torse du bassiste : le groupe ne renie pas ses illustres influences. Giöbiaalterne morceaux garage rock bien pêchus ("Old Jim") et divagations psychédéliques (comme avec le titre "Electric Light") où la sitar la mandoline (me souffle-t-on à l’oreille) électrique remplace la guitare. C’est en toute logique que le groupe nous propose la reprise "Magic Potion" de The Open Mind(Drag set) - Bon je n’ai pas trouvé cela toute seule ! ça aide bien d’être en compagnie d’un public d’érudits.
C’est un retour au passé terriblement actuel que les italiens ont su délivrer devant un public conquis (la plupart d’avance).

dimanche 29 janvier 2012

Mark Lanegan Band – Blues Funeral


sortie prévue le 06 février 2012 chez 4AD

Le voilà enfin le tant attendu nouvel album de l’Homme : Mark Lanegan. Le premier (très bon) extrait "The Gravedigger’s Song" avait de quoi rendre impatient.

Pour le coup nous ne sommes pas déçus par l’écoute de Blues Funeral : album tout à la fois décapant et surprenant. Nulle désillusion concernant les ballades obscures blues rock portées par le timbre grave et envoûtant d’un Mark Lanegan décidément en très grande forme.

La singularité de Blues Funeral vient surtout de l’éclectisme qui se dégage au travers d’autres morceaux avec des synthés d’une autre époque ou quelques rengaines aux accents tubesques un peu faciles. Voilà sans doute l’apport des collaborations avec les quelques artistes invités (Alain Johannes, Josh Homme, Jack Irons, Greg Dulli... ). Ces divagations musicales peuvent surprendre et même décevoir les puristes du Lanegan. Finalement Blues Funeral est un intéressant pari, à mon goût, parfaitement réussi où notre Homme ose diversifier ses talents et s’essayer à des pratiques musicales inattendues.

vendredi 27 janvier 2012

FareWell Poetry en 21 minutes son & images au Café de la Danse



Suite logique à l’article d’hier [et histoire de donner une impression de productivité intense sur ce blog], pour ceux qui ne seraient toujours pas convaincus par la beauté des musiques, des mots, des images et la singularité du projet Farewell Poetry, voici une magnifique captation réalisée par Arte LiveWeb [avec à la technique deux vieilles connaissances : l’Alliance étonnante de l’Air et de l’Eau *private joke*]

jeudi 26 janvier 2012

FareWell Poetry : Planet Claire Session


Auteur du magnifique Hoping for the Invisible to IgniteFareWell Poetry a joué mercredi dernier via Planet Claire un morceau inédit en live ’Penelope On The Boredom Bridge"
Le groupe est actuellement en tournée avec un passage prévu au MAMCS de Strasbourg.
- January, 29th - Festival Mo’Fo, Mains d’Oeuvres, St-Ouen (+ Matt Elliott, Tender Forever, Don Nino & Luke Sutherland, etc))
- March, 03th - La Péniche, Lille
- March, 15th - Musée d’Art Moderne et Contemporain (MAMCS), Strasbourg
- May, 26th - Festival Le Grain de la Voix, Pau

lundi 23 janvier 2012

Matt Elliott - The Broken Man


album sorti le 16 janvier 2012 chez Ici d’Ailleurs
"J’ai 37 ans, c’est normal à cet âge d’être cassé par la vie." Voilà en quelques mots la réponse que fait Matt Elliott à ceux qui s’interrogent sur le titre de son dernier album : The Broken Man. Pour suivre le grand bonhomme depuis quelques temps déjà, l’avoir apprécié de nombreuses fois en concert et m’intéresser de près au personnage, Matt Elliott est certainement l’artiste le plus humain et parmi les plus sensibles que je connaisse. Ses précédentes réalisations dans l’univers dark folk ont toujours été sombres, puissantes, tendues et imprégnées d’émotions extrêmes. C’est encore plus le cas à l’écoute de The Broken Man et ses morceaux dépouillés où l’on retrouve une guitare aux mélodies hispaniques, un clavier pesant, un chant grave et quelques autres petites choses comme des tintements de cloches ou des esprits fantomatiques ("How To Kill A Rose"). A la lecture du nom de certains morceaux comme "If anyone tells me ”It’s better to have loved and lost than to never have loved at all”, I will stab them in the face" on pourrait craindre un album où ne règnent qu’aigreur et désespérance. Le morceau "Dust, Flesh and Bones" où Matt nous répète inlassablement "This is how it feels to be alone, just like we’ll die alone"aurait de quoi devenir l’hymne de tous les dépressifs de la planète.
Loin d’attirer la compassion et sombrer dans le misérabilisme d’un homme esseulé, Matt Elliott parvient en musique et en mots à rendre magnifiques ces moments où le vide n’a jamais pris autant de place. C’est un homme à fleur de peau qui a choisi de muer colère et amertume en une énergie créatrice de talent au service d’un album d’une beauté émotionnelle rare. Faut-il aussi souffrir pour apprécier The Broken Man ? Pas forcément. C’est là le talent de Matt Elliott : parvenir à toucher même les moins fragiles d’entre nous.
En écoute et en lecture l’un des plus beaux morceaux de ce début 2012 :

Some things are so dark that woe betide the light that shines on them

I swear to god I thought it was a sign 

This shallow grave recedes with every darkened patch of sky 

The withered, wearied features start resembling mine

And in the disparate clamour of the chaos that surrounds you

It’s hard to know which of the voices that you hear 

Are your own

Some things scar your heart so deeply that a howl is not enough 

To adequately purge the soul of pain

Still you yearn for contact but the burden that you shoulder means

you’ll never trust a living soul again

And in the disparate clamour of the chaos that surrounds you 

It’s hard to know which of the voices that you hear 

Are your own

This is how it feels to be alone, just like we’ll die alone

This is how it feels to be alone 

This is how it feels to be alone 

This is all that we can call our own 

Dust flesh and bone 

This is how it feels to be alone

Just like we’ll die alone

dimanche 22 janvier 2012

Nadja - Excision




sortie prévue le 28 février 2012 chez Important Records

Si il y a bien une chose qui fait toujours son petit effet quand on veut faire la maligne en société c’est d’affubler toutes ses écoutes musicales de terminologies et étiquettes pompeuses dont on ne saisit pas toujours le sens mais qui intriguent fortement notre interlocuteur (surtout quand ce dernier n’a guère l’habitude de graviter aux confins de la blogosphère musicale). Évoquer l’évolution de l’abstract hip-hop de ces trois dernières années ou présenter une formation de folk gothique ça rend tout de suite la conversation nettement plus attrayante. Autant dire que lorsque j’évoque mon goût pour le drone-doom-metal (et en ajoutant le qualificatif "expérimental" on rend la chose encore plus étonnante), à part quelques rares spécimens c’est généralement une paire d’yeux hagards qui me dévisage. Parce qu’il y a là des mots bizarres qui font presque peur ! Une fille qui écoute de la musique folk, on lui trouve un petit quelque chose de romantique, celle qui secoue le popotin sur du pop-rock elle est bien sympathique, celle qui écoute du rock garage c’est une petite nerveuse, du côté du shoegaze c’est une aérienne qui a l’esprit vagabond, la dingo de musiques expérimentales c’est une sacrée curieuse mais alors celle qui peut passer des heures (parce que généralement dans le drone metal chaque morceau dure une plombe) à écouter un truc lourd et ultrapesant avec des riffs puissants sur des tempos d’une lenteur insoutenable, ça ne peut-être qu’une dérangée de première. [Et celle qui écoute tout cela à la fois, on l’interne ?]

Nadja c’est d’abord un projet solo, celui du canadien Aidan Baker. Devenu assez rapidement un duo, Nadja n’en finit pas de produire depuis 2003 une ribambelle des réalisations toutes plus titanesques les unes que les autres.Excision est en fait un double album. Au premier abord on se dit : "Tiens un double album pour 8 titres : quelle drôle d’idée !". En fait la durée totale d’écoute étant proche des deux heures et demi, ça se comprend tout de suite mieux.Excision regroupe différents titres parus sur des splits albums ou vinyles aujourd’hui introuvables. Voilà qui ravira les fanatiques du groupe et permettra à d’autres de se plonger dans un univers sombre et particulier. Quand on écoute des pistes comme "Spahn" ou encore "Jornada Del Muerto" (titre bien mortel pour le coup !) il arrive un moment où notre cerveau se met en pilotage automatique et puis ensuite c’est le black out complet durant la grosse dizaine de minutes que dure encore le morceau. Autant dire qu’il ne vaut mieux pas écouter Nadja quand on corrige des copies d’élèves ou qu’on remplit sa déclaration pour les impôts : le résultat en serait bien surprenant.


Nadja s’écoute religieusement seul ou entouré d’autres dingues qui aiment secouer lourdement le crâne de haut en bas au son de rythmes pesants et lancinants.


En (longue) écoute :