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mercredi 9 novembre 2011

Girl In a Coma - Exits & All The Rest


album sorti le 01 novembre 2011 chez Blackheart Records
Et revoilà les trois plus grandes fans des Smith qui firent quelques premières parties de tournées de Morrissey. Pourtant, ces brunettes originaires de San Antonio (Texas) n’évoluent pas du côté d’un revival nostalgique new-wave. C’est plutôt aux abords du rock alternatif et des ambiances électriques qu’elles aiment se perdre. Même si Exits & All The Rest est un chouïa plus sage que leurs précédentes réalisations, l’aridité suave liée aux racines mexicaines des sœursDiaz transparaît à chaque morceau (même pour les plus mous du genou...si si). Autant être honnête peu d’entre nous garderont en mémoire cet album. Malgré tout, des filles qui font un rock à la fois nerveux sans rentrer dans la caricature "filles couillues" (terme un peu cru mais parlant) y mêlant quelques soupçons d’un pop-rock plus léger voilà qui n’est pas des plus désagréable à offrir à des tympans parfois fatigués et blasés.
En écoute :


En vidéo officielle :

lundi 7 novembre 2011

PNEU - Stimultania, Strasbourg (06/11/2011)


Photo Polaroid Corporation

Un dimanche soir au Stimultania. Un festival : Musiques volantes. Un groupe surpuissant : Pneu ! Un qualificatif qui colle à la peau de ce duo math rock comme la sueur au front de ses deux protagonistes. Le compte-rendu sera succinct et un peu télégraphique [pour cause de vies multiples et de temps réduit en conséquence]. Comme d’habitude Pneu aime jouer sur l’intime mais de l’intime un peu bourrin : on s’aime, on s’adore, on se fait mal. On se colle, on se mélange jusqu’à devenir une entité monstrueuse mue par les seules rythmiques et autres saccades que le groupe délivre sans temps mort. La musique nous pénètre (au sens propre) jusqu’à faire vibrer nos corps, nos coeurs et nos oreilles. L’expérience est d’autant plus intense que le confinement du Stimultania et la chaleur due au public nombreux s’ajoutent à la violence des morceaux proposés. C’est intense, rude parfois, flirtant même à la limite du supportable (Je crois que je n’ai plus l’âge de tels bouleversements sonores à l’heure d’un thé dansant.). Et pourtant, on prend un plaisir certain à se laisser violemment chambouler par deux types en short qui maltraitent guitare et batterie. On se découvre des tendances masochistes. Fais-moi mal : j’adore ça !Pneu décape, Pneu secoue ardemment et l’on en redemande.

samedi 5 novembre 2011

Civil Civic - CEAAC, Strasbourg (04/11/2011)

Civil Civic autre concert
Ce 04 novembre 2011 fera date dans les annales des soirées de concerts strasbourgeois. Il y a ceux qui pourront dire des trémolos dans la voix : "Hé ben nous, ce soir-là : on y était !" et les autres. Chez le public ado il s’agira d’évoquer un concert de Matt Pokora au Zénith de Strasbourg quand d’autres, adeptes de tranquillité sonore et d’atmosphères sombres, se souviendront d’un Timber Timbre à la Laiterie. Mais les meilleurs d’entre-nous, les plus perspicaces, les plus chanceux aussi, se rappelleront que c’est dans un CEAAC bien rempli qu’ils ont pu profiter (découvrir pour beaucoup) le duo australien qui déménage les tympans de manière époustouflante : Civil Civic. Sèche tes larmes l’ami si tu n’y étais pas, pourtant ce n’est pas faute de t’avoir prévenu : avec une réalisation de la trempe de Rules nous pouvions nous attendre à un concert ultra-puissant.
Dans le cadre de la seizième édition du festival Musiques Volantes, la fédération Hiéro Strasbourg avait programmé Civil Civic dans la galerie d’arts CEAAC. Grand espace pour peu de matériel finalement, le duo usant d’une basse+guitare+boîte à rythmes+mini synthés (liste non exhaustive). Les australiens tournent dans le monde entier depuis un bon moment et cela se ressent immédiatement. Déjà par le plaisir qu’ils ont de délivrer un set survolté mais aussi par l’aisance et le naturel dont ils font preuve dans l’enchainement des titres (anciens et nouveaux) qu’ils nous offrent. Petites angoisses personnelles au démarrage quant au son, Civil Civic joue fort et flirte avec la saturation. Dans les limites du raisonnable c’est appréciable mais quelques expériences pénibles avec d’autres artistes en d’autres lieux pouvaient présager du pire. En fait non, les morceaux et l’énergie délivrée réussirent à s’imposer sans anicroches. Belle montée en puissance durant l’heure de concert où l’on a pu apprécier quelques moments musclés, forcément prévisibles, avec les morceaux "Run Overdrive", "Less Unless" ou encore "Street Trap". Soirée décoiffante, de quoi maintenir la forme pour un mois de novembre à l’actualité scénique dense.
Pour le plaisir de revivre un peu l’instant, en live ça ressemble à ça :

jeudi 3 novembre 2011

Civil Civic - Rules


sortie prévue le 07/11/2011 en auto-produit

On a tous autour de nous un gugusse qui nous fait une petite déprime de novembre. C’est simplement qu’il n’a pas encore eu la chance de croiser la route de l’album Rules des Civil Civic en écoute sur le net depuis quelques semaines.
Le moins que l’on puisse dire avec Civil Civic c’est que nous ne sommes jamais déçus ! Depuis le temps que ces deux énergumènes énervés nous ravissent à coup d’EPs démentiels ou de concerts inoubliables il était temps que leurs efforts se concrétisent par la sortie d’un premier album.
Entièrement produite par les ventes des EPs, cette réalisation que nous offre Civil Civic n’en est que plus remarquable. Loin d’être un album au rabais, on retrouve là les quelques (trop rares) tueries musicales dont on s’abreuvait en boucle depuis de nombreux mois ("Run Overdrive" ou "Less Unless"). Pour le reste la recette est tout aussi efficace : le groupe use d’une nervosité et d’une déferlante rock qui s’abat sur l’auditeur dès les toutes premières notes. Certains titres font également la part belle aux guitares mélodiques rappelant presque The Cure période Wish [Je ne délire pas, d’autres ont noté aussi ces similitudes.]. Sacré album que ce Rules dont l’écoute est un ravissement sans fin. Autant dire que pour ceux qui auront l’opportunité d’en profiter en live c’est à NE SURTOUT PAS rater !
En écoute :

mercredi 2 novembre 2011

Timber Timbre - Creep On Creepin’ On

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album sorti le 04 avril 2011 chez Arts & Crafts
Timber Timbre tient un peu de la révélation sur le tard. Les étranges folkeux canadiens menés par un Taylor Kirk aux fascinations obscures sortaient au printemps dernier leur quatrième album. C’est avec la réalisation éponyme précédente que le groupe s’est forgé une belle réputation notamment avec le tubesque "Demon Host". Amusant comme on peut rester ancrer sur quelques préjugés du style Timber Timbre très peu pour moi. Des écoutes vraiment trop distraites de quelques morceaux peu attrayants pour s’y attarder sérieusement, une unanimité autour du groupe un peu suspecte, il n’en faut parfois pas plus pour se mettre en quête d’autres découvertes. C’est la venue prochaine de Timber Timbre dans la capitale alsacienne qui titille de nouveau l’envie d’en connaître plus sur ceux qui furent un temps présentés comme des à-la-manière-de Bon Iver (sans doute parce qu’eux aussi ont réalisé leurs deux premiers disques tout seuls dans leur coin). Apparemment, de ce que j’en lis ici ou là, Creep On Creepin’ On n’est pas à la hauteur du précédent opus. Pourtant on tient là quelques titres percutants : sombres, mélancoliques avec juste ce qu’il faut de névrose. Tout ne s’écoute pas avec le même plaisir, l’album présente par moments quelques côtés barbants des plus pénibles. Reste à espérer qu’en live la profondeur des interprétations à la Cohen et les atmosphères dark folk blues l’emportent sur une lassitude ou l’endormissement qui nous guette au détour de certains morceaux.
En écoute :

mardi 1 novembre 2011

Dirty Beaches - Stimultania, Strasbourg (31/10/2011)


Pendant que les p’tits zenfants erraient dans les rues de Strasbourg déguisés en sorcières, squelettes et autres zombies, c’est un bien joli monstre qui attendait notre venue à la galerie Stimultania. Dans le cadre du Festival Supersound 2011Hiero Colmar avait prévu une soirée rock & roll étrange avec la présence du ténébreux Dirty Beaches.
Franchement on se demande pourquoi tout le monde se pâme devant Alex Zhang Hungtai (c’est le vrai nom de Dirty Beaches). Bon ok : il a un joli profil, une mèche brune qui lui cache la moitié du visage [air sombre et mystérieux... miam], une petite moustache, des bras musclés et des tatouages assez sympas... mouais mouais... Ok*bis* : il a une présence scénique assez attractive, un déhanché pas désagréable et une voix qui semble hantée par les fantômes d’Elvis Presley ou de Jim Morrison. Franchement j’comprends pas ce que que tout le monde lui trouve : AUCUN effet sur moi ... enfin presque aucun effet ! On se dit que le jeune homme suscite depuis des mois un engouement un peu exagéré, que sa présence dans la plupart des festivals d’été ou tout récents (Ce fut un artiste du Pitchfork festival à Paris) tient plus du buzz qu’autre chose. Vu le monde présent hier soir à la galerie Stimultania [certains le regretteront, d’autres s’en réjouiront] l’enthousiasme à venir l’écouter ou le découvrir ne faiblit pas. Finalement on comprend assez vite que Dirty Beaches dégage un charme non seulement physique mais tout aussi musical devenant bien vite ravageur. Il y aura toujours des réfractaires, des qui resteront hermétiques aux quelques prouesses de l’artiste. Il faut pourtant reconnaître qu’un concert de Dirty Beaches a un petit quelque chose d’atypique. Avec quelques boucles, sa guitare, la présence d’un musicien saxophoniste le Taïwanais Canadien d’adoption crée des ambiances diverses parfois inquiétantes ("Black Nylon"), limites crooner sur "Lord Knows Best" ou complètement sauvages avec dans les rappels une interprétation débridée de "Sweet 17". Concernant l’interprétation parfois habitée, je craignais le "trop", le limite caricatural. Dirty Beaches sait user avec parcimonie des moments où il fait revivre quelques fantômes sixties pour vite reprendre une posture plus discrète et actuelle dissimulé derrière sa longue mèche noire. C’est un set bien souvent énergique et lumineux que nous a offert le charmant garçon. Trop lumineux mais cette fois du côté de la salle pour quelques spectateurs plutôt friands des lieux obscurs tel le Mudd Club [Au passage s’y jouent ce soir dès 20h30 les concerts Crash Normal et Barehands.] Cela ne m’a guère gênée, bien au contraire : il aurait été dommage de ne pouvoir profiter au maximum des atouts sonores et visuels offerts hier soir par un Dirty Beaches en belle forme.

En dernier album Dirty Beaches ça donne cela :

lundi 31 octobre 2011

Juffage + Balmorhea - CEAAC, Strasbourg (29/10/2011)

Balmorhea - Photo Noisy Town

Cela faisait sacrément du bien de déambuler dans les rues du quartier de la Krutenau ce samedi soir pour se rendre à la galerie d’art CEAAC. Déjà parce que le lieu est superbe, la galerie possédant un réel cachet mais aussi parce que quelques connaisseurs nous avaient prévenus quant à la beauté et le côté inoubliable du concert de Balmorhea qui nous attendait.
Programmés dans le cadre du festival Supersound 2011, le retour du groupe texan dans les terres alsaciennes était aussi une manière de découvrir un énième lieu atypique de Strasbourg dans lequel la Fédération Hiéro peut programmer ses concerts. L’espace est vaste, superbe, parquet au sol, escalier en colimaçon, grandes baies vitrées derrière lesquelles on devine des silhouettes qui s’affairent. En plus d’apporter un cadre magique le lieu offre aussi une acoustique fort intéressante.
Juffage - Photo Noisy Town

C’est un personnage assez étonnant qui avait pour mission de débuter la soirée. Jeffrey T Smith qui se cache derrière le projet Juffage est un artiste multi-facettes. A lui tout seul il joue de tous les instruments... en même temps. Et ça c’est fort ! Il use de boucles et programmations diverses qui se succèdent et surimposent si bien qu’on a le sentiment d’avoir un groupe véritable qui joue face à nous. Il faut faire preuve d’une grande dextérité, rapidité et d’une organisation hors pair pour tenir un set de la sorte. Le concert en est d’autant plus remarquable que les morceaux joués sont plutôt efficaces. Quand Balmorhea s’installe c’est tout de suite autre chose. Le groupe d’Austin est venu en nombre et avec beaucoup de matériel. Chanceux nous sommes quand nous apprenons que sur une tournée européenne Strasbourg sera leur unique date française ! C’est une découverte et l’un des plus beaux moments de concert vécus ces dernières semaines. A la beauté des cordes se succèdent des rythmiques aériennes, des pérégrinations à plusieurs mains sur xylophone créant quelques envolées magnifiques.

Dans le cadre du CEAAC le concert prend une dimension visuelle et sonore qu’il sera difficile d’égaler et d’oublier.
En live Balmorhea ça donne cela :
Et aussi cela : Ou encore cela :